mercredi, juin 14, 2006

Viens on parle de la Chine

Je prierai au vieillard qui crache au fond de sa paroisse vide des rires d'enfants,
je demanderai donc à Yves Bonnefoy de mourir vite.

Non pas que j'exècre ses soliloques émétiques mais tout de même.

Puis finalement, en frottant mes godasses trébuchées sur ce pavé qui pleure, je redécouvre l'instinct de ma mélancolie.

Dans une de ces capitales mettant le sang d'un côté et l'étoile de l'autre je vogue, à la cime des arithmétiques où s'est joué le rythme de ton sourire, je recouvre ton corps de vignes trempées par la sueur de la nuit d'hier, à s'éculubrer les tympans en signalant la vie par les phares et les phrases s'immisçants dans nos pulsations possédantes, et la mine cinglée par les bruits de la révolte qui signe l'Hymne des Prématurés, ce mouvement des sans-mouvements, et me voilà jeté au loin comme les cendres d'un ami, me voilà, couvert de pales , à tourner dans le plat du vent, me voilà suspendu aux silos à grains épuisés par la mélodie humaine, cette clameur du marteau, et excédée, doucement, comme dans l'attente des bras accueillants du monde, la tour transfigurée fond en mariée sur l'autel de la perte.

Je ne veux pas finir Philosophie.

On m'a volé mon Tout, Tout a pris une durée, un genre, un type.

Poznan, la persistance d'une après-midi fourrée dans la rétine par l'éveil, pour vous situer, on est en 1956, et ils seront tués, on appelle ça la répression, la purge, la rééducation, l'épuration, c'est beau pourtant épuration, de quoi en faire une station, mais les ondes ont désertés ces zones.

Mordillant ma clavicule à la recherche d'un acarien quelconque, la tête penchée sur l'encrier bruyant qui fouette les bases de la plate-forme chimique, ici les forêts n'aiment pas le frais, on ressuscite des fossiles qu'on fait sucer aux enfants postés à l'autre-bout pour qu'ils s'énergisent.

Rhum de ce soir : Inventer une machine à rattraper le temps perdu.

Et l'autre que j'imagine, la belle si belle presque comme elle, elle, naissance verte humectant le trottoir de sa rosée anatomique, dire que je ne la reverrai jamais...

Je ne la reverrai jamais.

C'est pratiquement la même douleur qu'un battement de coeur avant lèvres soufflées, après pupilles échangées dans la cour de la création.

Je voulais m'insurger, mais même la mort ne me révolte plus.

(et sa révolte me révolte...je rêvotte)
Port d'attache :

Ton cadavre encore chaud,
Reposant reposée,
A ces afternoons...
Où on s'envoyait la vague à la gueule
Dans un bain de soleil,
A en être balafrée par la lumière,
Cette cicatrice chérie qui brûle,
Mon aiguille translucide envoyé par ma fureur,
Cette aiguille s'ouvre en deux,
Sous les coups de 6heures et demi,
Et s'annonce ta bouche hors du temps,
Et se présente mon audace suivi par ma sensualité
Qui ouvre la voie et amenuise la voix,

Le pont suspendu des langues entrelacées.

Dring !
Dring !

Le réveil sonne, n'empêche que toi t'es pas un rêve.

1 Comments:

Blogger braillements said...

ton souffle

2:41 PM  

Enregistrer un commentaire

<< Home