dimanche, mars 26, 2006

L' équinoxe

Je m'étais réveillé un petit peu à contre-courant ce matin là.
Ma tête n'était plus qu'une vieille bicoque aux faux airs d'alambic, j'étais une cale à alcool. Ceci est un récit de mon égocentrisme.

Ce n'était pas tellement la misère crépusculaire qui m'avait saisi les bras jusqu'à me jeter sur la pelouse rase et lumineuse du parc Tchaïkovski qui m'inquiétait.
Non, ce n'était pas cet oubli habituel qui interloquait mes synapses broussailleux, non c'était l'augure fantomatique des projecteurs d'un stade inconnu(et que d'ailleurs je ne connaîtrais jamais car il n'existera jamais), cette fourchette gigantesque aux bijoux sphériques et électriques, vifs et clairs qui me tourmentait.

Halo inédit, je compris plus tard que tu étais le phare
posé sur le précipice de mon Évasion.

Mein Führer
Ist ein Auslander.

La suprastructure m'observait donc en crachant mon ombre, j'étais la proie d'une machine inanimée, je me suis levé pour vérifier sa taille et c'est à ce moment que j'aperçus ma nudité complète. Par réflexe, frénétiquement, je me mis à chercher des vêtement sans vouloir une marque ou un style précis, de toute façon tout me va. Après une manoeuvre logique plus construite, j'établis trois faits vitaux :

* les buissons alentours sont très peu saillants
* je suis seul dans ce parc et il est fort peu probable que ces ensembles d'ampoules soient reliés à un complexe optique suffisamment humain pour juger honteux le fait de trouver un homme nu sous son effet et quand bien même cela était, j'avais pour moi un corps pas désagréable pour un sou
* j'hallucine sûrement

Loin de songer à adopter des poses de culturiste à l'urine fluorescente, conséquence colorée de l'abus d'hormones de croissance, je fis simplement volte-face pour contempler mon reflet noir, envahisseur timide du sol souple, ces chaussures occasionnels avec lesquels on ose trop peu marcher par crainte de l'infini, l'incertain.

A l'intérieur de cette forme pulvérisée je trouvais vite une prochaine idée, celle-ci plus absurde constituait à fermer et à ouvrir les yeux dans une répétition insensée, tristes volets creusés de ma réalité.
Je me fis vite au fait que c'était inutile, je m'engageais donc sur une voie nouvelle, d'avantage abstraite, cette fois c'était infaillible, je fis le terrible, par son efficacité, test du pincement !