mardi, août 08, 2006

Elle est crevée ta poésie

Elle souffle,
La peau hésite, elle frôle les drôles de fleurs
Au col d'émerveillement,
Sentiers ébahis,
Les syllabes se débattent dans l'arrière-salle
Du soir,
Où les étoiles référent,
Confèrent,
Enterrent, l'ombre télégénique postée
A la fenêtre, cette parabole du pauvre,
Faite de mille et une ferrailles,
Se vitrifie,
En serpentant sur mon visage
Des histoires de petites filles
Mortes sous l'orage,
Ma sépulture a été franchie un été,
Pour y poser un scénario,
Noir sur blanc sur gris,
En levant la tête,
J'ai lu le titre en gros caractères
Très gros même
Les souterrains ont des problèmes
De lecture,
Revenons au titre:

Elle est crevée ta poésie

Fatiguée des ratures,
De ce passé congelé qui s'exprime en massacres,
Usée de l'homme ancien,
Perdu,
Quadrilatères zénithaux;
Vos baraques paradisiaques
Chantent un couvre-feu
Qui étouffera nos coeurs
Encore heureux
Plus un soupir,
Et la mélodie s'allonge,
Le rythme se casse,
C'est le bémol,
Le monotone,
De l'éthanol Molotov
Sur l'État Nord maladif,
Le torchon brûle,
Des péninsules de souffre
S'imaginent à la surface du gouffre
Des ozones sans transmissions,
On a laissé la nature se gâtée,
L'été devenir escale verglacée,
L'hiver se transformer en un sourire rayonnant,
Même les couples,
Ne se tiennent plus la main mais l'écharpe,
Pour aller à la messe,
Où les prêtres s'escarpent,
Trop désireux des bons fils,
Sur l'autel de l'imaginaire,

Les printemps se tuméfient,
La ville fume et file,
Les clairières archaïques
N'ont plus le goût des vallées
Élégantes, chassées de beauté
Par la douceur froide
D'un bleu pictural,

La foule charrie
Des varies incompréhensibles,
Balbutiantes,
Les filantes du silence,
Peinent à éclairer
Ces quartiers lointains,
Tous ces arrondissements
A la figure de cube,
Privées de l'univers inventé
Par la courbe,

Les miroirs mémorisent
Mais ne renvoie plus
La laideur humaniste
De notre côté rue.

Alors on siège,
Vendant dans l'enfer des enchères
Le blanc-vert de la grande chair,
Notre épiderme cosmopolite,
Notre mélanine internationale,
Variations des bleus de l'océan,
Dégradés des rouges du sang,
Hypothéqués dans un complexe,
Dans l'enthousiasme,
La folie,
L'ivresse,
Présente derrière la verrière,
Dans la navette où nos orbites,
Constatent,
La terre vue du Ciel.

Depuis ce jour,
La vie nous oxyde
Et on fonctionne à plein régime,
Comme des machines,
L'encre s'évapore en un millième de seconde,
Mais les cris restent,

Ce monde est désolé
Ma poésie, essoufflée,
L'en excuse.

(au nom des groupuscules anti-crépusculaires qui pensent amoureusement et n'obéissent pas à la fiction des chiffres)

* Moteur de bruine

1 Comments:

Blogger braillements said...

soufflée

2:15 PM  

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