mercredi, novembre 15, 2006

J'ai perdu Lautréamont(mais j'ai gardé ses restes)

Il me semble que l'ampoule de ma chambre clignote beaucoup trop, un problème d'ondes et ma télévision diffuse de la neige en boucle, j'aurais presque envie de partager différentes drogues avec différentes personnalités du monde estudiantin qui bouge mais je n'en ai pas, les trains c'est pas mal, j'apprécie la ligne, je n'ai plus d'impressions mauvaises sur les gens qui dorment dans les trains, je le fais aussi, en penchant la tête vers l'avant tout en pensant que je peux lutter contre la force d'attraction de mes minuscules paupières dilatées par la fatigue, mon truc c'est de réfléchir, sans m'arrêter quasiment,JE VAIS DEVENIR UN COMMENTAIRE UNE AUTO-CRITIQUE sans agir si ce n'est dans la prison de mes nerfs qui s'embrument dans des considérations qui tournent souvent autour de l'envie ou la haine de l'humanité, ce sont les pensées d'un jeune garçon, des désirs, des délires, tuer des flics, comprendre ou me mènera cet acte barbare et illisible, m'arracher du bitume en tombant dessus, et en restant là, avec les bras d'un ange à sourire comme le font les fous dans les films sur les fous où ils ont des sourires couverts de baves et des yeux blancs, j'aimerais me dédouaner du mot "où", j'ai constaté vainement que nous n'étions que de la faim, et comme il serait difficile de tenir bien la masse grêle d'un enfant mort soufflé par la bombe de ce matin déposé la veille (sur le quai), de ne plus sentir son souffle mais simplement un poids, ce poids si profond qui habite une dépouille, d'entendre son cuir chevelu se déchirer au contact des rochers, trop rapide, pas assez de courant, mais il me serait aisé de saisir le cou noir d'une fillette décontractée et de la voir glisser inanimée le long de mes mains de criminel, SOLLIPCISME A TENDANCE DIFFICILE je pense qu'une fois dans une cellule, une fois que je serai rentré dans Ma case je pourrais écrire, tout ce qui se trame délicatement, en prenant mon temps, je mangerais peu, j'irai à la promenade, j'aurais mal, je me sentirais seul pour une bonne raison et une raison voulue par moi, je songerais aux barreaux comme on songe aux biscuits, dans un appétit dépassable, je n'aurais plus d'esprit à mettre dans les manoeuvres de rhétorique aristotélicienne, je pourrais défier du haut de mes chaînes tous ces grammairiens, toutes ces âmes aux réflexions si particulières et aux cheveux si particuliers, toutes ces vieillesses caressées du poing, C'EST BEAU LA VIE A TROIS DANS UN TROIS METRE CARRE j'observerais l'infinitésimale combinaison des lumières de l'aurore, du crépuscule et de toutes les saison qui passent entre deux, je m'amuserais à connaître, à reconnaître le bruit de chaque chose, et je le déformerai, et la table qui cogne contre le sol plein de cratères quand le coït anal de mon partenaire de bagne est déclenché à son insu par un autre mâle au caractère plus trempé et au langage dominant, NE VOUS DERANGEZ PAS POUR MOI FAITES COMME PREVU cette table ressemblera dans mes tympans à tous ces airs de Verdi que je commence déjà à ne plus savoir nommer, un jour pour me faire bien voir des autres, j'aurais fait se retourner mes ongles contre le mur en les plaquant dans une force brute et au-delà de toute imagination provoquant ainsi l'explosion du lunule au bout de mes doigts amaigris, parce que les ongles je trouve ça sale et inutile, ce sont eux qui se fichent dans les cavités nasales immondes des conducteurs inhumains pour en retirer un trésor gélatineux et verdâtre, manne inestimable qu'ils camouflent ensuite sous un pupitre quelconque en pariant sur le biodégradable dans une dégueulasserie sans nom, je te jure que si j'avais un cran d'arrêt et qu'il n'était pas mal vu de tuer un autre homme dans la rue en tant de paix, je te jure mon amour qu'il tiendrait ses narines dans les paumes pendant que son visage s'éclaboussera d'un sang génial, ils seront mes momies respirantes que j'achèverai dans des jeux de dissections étranges, je régnerai sur les stupides lois anatomiques qui ont cours sur l'homo sapiens sapiens, VOUS NE POURREZ ECHAPPER A RIEN PAS MEME A MON IDEAL oui chérie ça serait bien, que l'on fasse monter les catacombes, qu'on ne cache plus rien, qu'on les écorche, que leurs muscles saillants et graisseux paraissent à vifs, dévoilant les systèmes des articulations et les gonflements de bile des différents organes, il faudrait qu'il m'attrape, qu'on juge que ce n'est qu'une provocation, mais moi je sais, que l'ouvrage vert et épais qui est resté sur le bleu animal d'un fauteuil SNCF, je sais que cette oeuvre n'est pas partie seule, et qu'elle a emporté ma partie pathétique, celle qui aime et qui le montre, celle qui scande l'utopie, celle qui clame la révolte, ma partie politique, je suis un terroriste, so glam rock et dans mes détonations artisanales, dans mes ouragans flagrants arrachant les membres d'hommes femmes enfants minorités visibles handicapés fonctionnaires, dans ce déchirement brûlant d'un périmètre précis transparaîtra ma délicieuse appréciation du chaos applaudis(vu, su, lu, entendu) par la "communauté internationale"(Darfour, Rwanda, bande de Gaza, Chine, Russie, Korée du Nord, Iran, Etats-Unis, France) ce sera ma façon radicale de créer des clairières.

"Ainsi ainsi j'éblouirais j'éblouirais je finirais par éblouir, vous tous, je vous mettrais des visages jaunes."

Allusion à un certain populaire :

Cellardoor = Plaine spleenétique

De : La plus belle expression du monde.

Encore encore vos pieds sur mes épaules.