Puisqu'il faut se débarrasser de la pudeur
C'est un samedi comme un autre dans ces amitiés qui dérivent.
Le lieu est une grande salle, presque de bal, les gens tous des gens primés plein de cervelle.
Au fond, moi, le primé déprimé parce que tout le monde ignore que tout le monde s'ignore.
Il y a trop de vendus, de sourires béas face à un bout de papier, de mensonge, de fierté.
Je suis très fatigué en ce moment.
Et toujours on en rajoute dans ma dégradation.
Si bien que j'ai l'impression d'être "vraiment fou", que bientôt je devrais consulter pour éviter de partir dans des crépuscules irrécupérables.
Le visage sinistré, on a émit mon matricule, j'ai obéis à mon nom, je suis monté sur la scène, j'ai serré fort ma rage, j'ai regardé autre part, vu un flash, des crépitements, une caméra, des diapositives floues et incohérentes, un public enthousiaste, ma classe, leurs parents, elle et ses parents, mes larmes dans le crâne, mon institutrice d'allemand (soit 1quart de mon auditoire), les rideaux fermés, les cris, la remise du mérite, descendre l'escalier, ne pas écouter toutes ces choses sur l'avenir scolarisé, descendre l'escalier, prudemment, descendre de l'escalier et filer, à droite de chaises remplies, à l'aveugle, déchirer le bout de papier, pas par style ou révolte, par déclaration de différence, j'ai cru tellement, trop, je n'ai pas su voir que je ne pouvais être compris, retour en arrière, mes amis sont là dans des couches particulières, un reportage sur Arte retrace la vie brillante de gris d'Hannah Arendt, on apprend les saveurs de ses correspondances, on voit un New-York en noir et blanc, puis en couleur, et cette pierre tombale où réside quelques vers de Rilke qu'il serait idiot de reprendre, avant, c'était un autre film, vraiment magnifique, plus que les deux autres peut-être, l'histoire d'un métallurgiste sourd aux cheveux verts qui aime sa soeur malade, si un jour on se parle, je vous en parlerai sûrement, revenons à mon banc, celui que j'ai colonisé après ma fuite, après qu'un type que je jugeais un peu mal m'ai poursuivi voyant ma peine, on a parlé un peu dans le chantier, j'ai menti en disant que seul ce simulacre estudiantin me faisait de la peine, je ne pouvais pas pleurer devant cet inconnu, j'ai fait semblant de m'en aller, je suis revenu, j'ai tourné, et j'ai réussi à chanter dans la tour interdite au public ma chanson favorite (référence : Hallelujah, Jeff Buckley, album : Grace, Jeff est mort noyé trop jeune près d'Orange County, il avait des yeux noirs et une voix couvrant 6octaves je crois), l'écho est très poussé là-bas, des portes et des moqueries s'y ouvrent très peu, j'ai pu bien poser mes vocalises, j'aime tenter les aigus, et me sentant rassasié je suis reparti vers le banc où j'ai attendu une heure l'oeil dans le vide, il fallait pas que je pleure devant ces inconnus, j'ai vu une "bande d'arabes", elle disait qu'en prison au bled, pour vous tuer il vous bourre pendant trente jours de médicaments pour les fous(remarque : "il" dans la phrase précédente n'est pas au pluriel car pour moi l'injustice est unique et absolu), qu'un homme, intrigué par ma posture révoltée(dans le sens de Camus, j'ai d'ailleurs beaucoup aimé ma discussion avec mes amis à ce sujet) est venu et on a dit :
- Ça va?
Hmmm oui plus un visage de coeur battu
- Non parce que je t'ai vu partir tout à l'heure de la salle et t'avais l'air dépité.
C'est juste ce bal des vendus d'à côté qui m'agace
- Hmmm je vois, c'est la première année qu'ils font ça et ça sera pas la dernière.
......
- Faut croire que le mérite est à la mode.
Au revoir et merci
Il doit y avoir une puissance philosophique étonnante dans ses derniers mots " Faut croire que le mérite est à la mode " mais je n'arrive pas encore à bien la saisir, promis je vous ferai signe(...je malaxe les notions)
Le froid a commencé à me gagner, moi et mon petit polo blanc moulant qui commence à être un peu trop court, mais c'est le seul habit un peu populaire que j'aime bien, j'ai remis ma veste assez chaude et je me suis un peu moins recroquevillé, soulagé de voir que ma souffrance était visible, pas que j'aime apitoyer ou si peu, mais j'avais envie qu'on vienne en me mettant les mains sur les yeux et en me disant " Fais pas la tête je suis là " dans un grain de voix joueur, le problème c'est que pour le moment j'ai personne, et à trop sentir la vie différemment j'ai peur de rester seul, suffisamment longtemps pour que j'oublie les autres et l'amour que j'ai pour eux.
Je n'ai pas entendu la sonnerie, toujours est il que tout le monde est sorti(après une coupure break sous fond de "Hey my nigger" devant une foule noire), j'ai pas vu tout mais la fille aux cornées immenses m'a salué d'un petit sourire, il est passé beaucoup d'humains avant lui, trois filles qui aiment ma teinture, et puis une tonne d'abasourdis, entre temps, j'ai creusé mon esprit à la recherche de mes tronçons heureux, j'ai pas vraiment trouvé, on ne me lit pas, on ne sait pas que j'écris dans un geste de survie, on ne me tient pas dans ses bras, on ne me touche pas, il y a les interrogations et le profil d'une solution que je détaillerai sur la fin.
Il est arrivé, lui c'est Thomas, Thomas est présent dans un texte de ce truc et plus précisément dans l'expression " Thomas je l'aime bien " de Polarité matin nuit je crois enfin je ne suis plus sûr et je donne ce nom parce qu'il me plaît bien et parce qu'il me fait dire que j'avais du verbe déjà avant, et que tout ce que je crée tient presque de l'auto-prophétie(dans ma vie je parle)
A y repenser, ils ont aussi évoqué le fait de sévices carcéraux commis à l'aide d'un kilo de créatine.
Il s'assied, il s'attend à ce que j'aille bien, il prend le diplôme du mérite enfoncé en lambeaux au fond de ma poche et commence à lire
" Merci de votre contribution à la rayonnance de l'établissement" ou quelque chose comme ça
Je pleure, abondamment, tout ça résumait trop bien mon dégoût, je bégaie quelques mots, que c'est horrible leur contentement, le principal satisfait de son travail alors qu'il n'est là que depuis peu, et tous les engrenages de ce système basé sur l'auto-fellation en boucle(c'est rude je sais madame) puis me vient dans la bouche "la peur d'être seul", je pense à Brel beaucoup, à "Voir un ami pleurer", à Thomas qui n'avait pas demandé ça et qui reste muet et droit bien qu'ayant un air infini de compassion et de compréhension(deux actions qui me sont chères), c'est l'anglaise à l'étoffe bleue de l'orée du parc bercé de brumes fortes et avec qui j'ai été voir des lapins sur le bord de l'Oise une fois, c'est cette anglaise qui m'a fait venir Thomas, elle a de ce genre à toujours tendre l'oreille à la tristesse d'autrui, j'avais envie de la remercier, mes pleurs sont vifs et chauds, comme dans les starting-blocks depuis des siècles, ne demandant qu'à noyer mes joues fines, je sens que ça le gêne, il ne dit rien, ne sait quoi dire, je l'ai enfin déstabilisé, puis je me reprend parce qu'il faut vivre au milieu des morts et des mots, en franchissant la ligne jaune je récupère ma gouaille et cette douceur cendrée dans les maxillaires qui fait tout moi, on traverse par la place de l'église ouverte, et là la solution m'apparaît, juste après j'ai dit que je l'aimais en jeune à Thomas parce que je l'aime et que j'aime beaucoup de monde, je l'aime d'une amitié imperturbable(je regrette Romain parfois)(et j'espère que les trois autres quartiers de mon audience ne resteront pas insensibles à me sauver)
Soluce dévisagée : Je suis peut-être trop à côté de la vie pour pouvoir être heureux à l'intérieur.
(cette pensée bizarre et déprimante me réchauffe étrangement, elle implique que je souffre toujours mais aussi que je me batte toujours, dans la marge, donc que je vive toujours.)
C'est la dernière fois que je me livre d'une façon aussi réaliste ici, je n'ai pas pour souhait que les lamentations prennent le pas sur les lamantins.
Prière de ne pas s'en faire, ce n'est qu'un état d'âme errante, et la mort ne m'attire aucunement.
Des épis de blés en coteaux, plantés près de la réserve naturelle d'électricité.
Une parole humide et humaniste :
L'auteur pleure(ce sont des didascalies)
Y'a trop de gens qui vivent mais sont pas vivants et ça ça me tue.
Le lieu est une grande salle, presque de bal, les gens tous des gens primés plein de cervelle.
Au fond, moi, le primé déprimé parce que tout le monde ignore que tout le monde s'ignore.
Il y a trop de vendus, de sourires béas face à un bout de papier, de mensonge, de fierté.
Je suis très fatigué en ce moment.
Et toujours on en rajoute dans ma dégradation.
Si bien que j'ai l'impression d'être "vraiment fou", que bientôt je devrais consulter pour éviter de partir dans des crépuscules irrécupérables.
Le visage sinistré, on a émit mon matricule, j'ai obéis à mon nom, je suis monté sur la scène, j'ai serré fort ma rage, j'ai regardé autre part, vu un flash, des crépitements, une caméra, des diapositives floues et incohérentes, un public enthousiaste, ma classe, leurs parents, elle et ses parents, mes larmes dans le crâne, mon institutrice d'allemand (soit 1quart de mon auditoire), les rideaux fermés, les cris, la remise du mérite, descendre l'escalier, ne pas écouter toutes ces choses sur l'avenir scolarisé, descendre l'escalier, prudemment, descendre de l'escalier et filer, à droite de chaises remplies, à l'aveugle, déchirer le bout de papier, pas par style ou révolte, par déclaration de différence, j'ai cru tellement, trop, je n'ai pas su voir que je ne pouvais être compris, retour en arrière, mes amis sont là dans des couches particulières, un reportage sur Arte retrace la vie brillante de gris d'Hannah Arendt, on apprend les saveurs de ses correspondances, on voit un New-York en noir et blanc, puis en couleur, et cette pierre tombale où réside quelques vers de Rilke qu'il serait idiot de reprendre, avant, c'était un autre film, vraiment magnifique, plus que les deux autres peut-être, l'histoire d'un métallurgiste sourd aux cheveux verts qui aime sa soeur malade, si un jour on se parle, je vous en parlerai sûrement, revenons à mon banc, celui que j'ai colonisé après ma fuite, après qu'un type que je jugeais un peu mal m'ai poursuivi voyant ma peine, on a parlé un peu dans le chantier, j'ai menti en disant que seul ce simulacre estudiantin me faisait de la peine, je ne pouvais pas pleurer devant cet inconnu, j'ai fait semblant de m'en aller, je suis revenu, j'ai tourné, et j'ai réussi à chanter dans la tour interdite au public ma chanson favorite (référence : Hallelujah, Jeff Buckley, album : Grace, Jeff est mort noyé trop jeune près d'Orange County, il avait des yeux noirs et une voix couvrant 6octaves je crois), l'écho est très poussé là-bas, des portes et des moqueries s'y ouvrent très peu, j'ai pu bien poser mes vocalises, j'aime tenter les aigus, et me sentant rassasié je suis reparti vers le banc où j'ai attendu une heure l'oeil dans le vide, il fallait pas que je pleure devant ces inconnus, j'ai vu une "bande d'arabes", elle disait qu'en prison au bled, pour vous tuer il vous bourre pendant trente jours de médicaments pour les fous(remarque : "il" dans la phrase précédente n'est pas au pluriel car pour moi l'injustice est unique et absolu), qu'un homme, intrigué par ma posture révoltée(dans le sens de Camus, j'ai d'ailleurs beaucoup aimé ma discussion avec mes amis à ce sujet) est venu et on a dit :
- Ça va?
Hmmm oui plus un visage de coeur battu
- Non parce que je t'ai vu partir tout à l'heure de la salle et t'avais l'air dépité.
C'est juste ce bal des vendus d'à côté qui m'agace
- Hmmm je vois, c'est la première année qu'ils font ça et ça sera pas la dernière.
......
- Faut croire que le mérite est à la mode.
Au revoir et merci
Il doit y avoir une puissance philosophique étonnante dans ses derniers mots " Faut croire que le mérite est à la mode " mais je n'arrive pas encore à bien la saisir, promis je vous ferai signe(...je malaxe les notions)
Le froid a commencé à me gagner, moi et mon petit polo blanc moulant qui commence à être un peu trop court, mais c'est le seul habit un peu populaire que j'aime bien, j'ai remis ma veste assez chaude et je me suis un peu moins recroquevillé, soulagé de voir que ma souffrance était visible, pas que j'aime apitoyer ou si peu, mais j'avais envie qu'on vienne en me mettant les mains sur les yeux et en me disant " Fais pas la tête je suis là " dans un grain de voix joueur, le problème c'est que pour le moment j'ai personne, et à trop sentir la vie différemment j'ai peur de rester seul, suffisamment longtemps pour que j'oublie les autres et l'amour que j'ai pour eux.
Je n'ai pas entendu la sonnerie, toujours est il que tout le monde est sorti(après une coupure break sous fond de "Hey my nigger" devant une foule noire), j'ai pas vu tout mais la fille aux cornées immenses m'a salué d'un petit sourire, il est passé beaucoup d'humains avant lui, trois filles qui aiment ma teinture, et puis une tonne d'abasourdis, entre temps, j'ai creusé mon esprit à la recherche de mes tronçons heureux, j'ai pas vraiment trouvé, on ne me lit pas, on ne sait pas que j'écris dans un geste de survie, on ne me tient pas dans ses bras, on ne me touche pas, il y a les interrogations et le profil d'une solution que je détaillerai sur la fin.
Il est arrivé, lui c'est Thomas, Thomas est présent dans un texte de ce truc et plus précisément dans l'expression " Thomas je l'aime bien " de Polarité matin nuit je crois enfin je ne suis plus sûr et je donne ce nom parce qu'il me plaît bien et parce qu'il me fait dire que j'avais du verbe déjà avant, et que tout ce que je crée tient presque de l'auto-prophétie(dans ma vie je parle)
A y repenser, ils ont aussi évoqué le fait de sévices carcéraux commis à l'aide d'un kilo de créatine.
Il s'assied, il s'attend à ce que j'aille bien, il prend le diplôme du mérite enfoncé en lambeaux au fond de ma poche et commence à lire
" Merci de votre contribution à la rayonnance de l'établissement" ou quelque chose comme ça
Je pleure, abondamment, tout ça résumait trop bien mon dégoût, je bégaie quelques mots, que c'est horrible leur contentement, le principal satisfait de son travail alors qu'il n'est là que depuis peu, et tous les engrenages de ce système basé sur l'auto-fellation en boucle(c'est rude je sais madame) puis me vient dans la bouche "la peur d'être seul", je pense à Brel beaucoup, à "Voir un ami pleurer", à Thomas qui n'avait pas demandé ça et qui reste muet et droit bien qu'ayant un air infini de compassion et de compréhension(deux actions qui me sont chères), c'est l'anglaise à l'étoffe bleue de l'orée du parc bercé de brumes fortes et avec qui j'ai été voir des lapins sur le bord de l'Oise une fois, c'est cette anglaise qui m'a fait venir Thomas, elle a de ce genre à toujours tendre l'oreille à la tristesse d'autrui, j'avais envie de la remercier, mes pleurs sont vifs et chauds, comme dans les starting-blocks depuis des siècles, ne demandant qu'à noyer mes joues fines, je sens que ça le gêne, il ne dit rien, ne sait quoi dire, je l'ai enfin déstabilisé, puis je me reprend parce qu'il faut vivre au milieu des morts et des mots, en franchissant la ligne jaune je récupère ma gouaille et cette douceur cendrée dans les maxillaires qui fait tout moi, on traverse par la place de l'église ouverte, et là la solution m'apparaît, juste après j'ai dit que je l'aimais en jeune à Thomas parce que je l'aime et que j'aime beaucoup de monde, je l'aime d'une amitié imperturbable(je regrette Romain parfois)(et j'espère que les trois autres quartiers de mon audience ne resteront pas insensibles à me sauver)
Soluce dévisagée : Je suis peut-être trop à côté de la vie pour pouvoir être heureux à l'intérieur.
(cette pensée bizarre et déprimante me réchauffe étrangement, elle implique que je souffre toujours mais aussi que je me batte toujours, dans la marge, donc que je vive toujours.)
C'est la dernière fois que je me livre d'une façon aussi réaliste ici, je n'ai pas pour souhait que les lamentations prennent le pas sur les lamantins.
Prière de ne pas s'en faire, ce n'est qu'un état d'âme errante, et la mort ne m'attire aucunement.
Des épis de blés en coteaux, plantés près de la réserve naturelle d'électricité.
Une parole humide et humaniste :
L'auteur pleure(ce sont des didascalies)
Y'a trop de gens qui vivent mais sont pas vivants et ça ça me tue.

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