Falsifier folie
Les femmes passent, les animateurs télé seront à jamais beaucoup plus riche que l'écrivain du siècle qui sera reconnu dans deux cents ans quand enfin ces putains de voitures voleront. A quoi ça servirait qu'elles volent au fait ?
Ils nous traitent. Par-dessus le marché les avions transactent transbahutants trois cents vingt cinq passagers d'origines différentes, des tonnes de chairs, de muscles, de graisses, de sangs, de quoi rebâtir en os la Tour de Pise et quelques dizaines de tours du monde d'intestins grêles. Et par dessus tout, on se fait diffuser.
Ils nous parlent. D'adolescence malingre, mal dans sa peau, de satanisme, de scarification, de désoeuvrement, d'idées noires, de blogs, de suicide, d'addiction à internet et aux univers persistants et ils le montrent dans d'autres univers persistants, persistance de docteurs, de sociologues, de psychologues, persistance d'aide télévisuelle.
La donne a changée. Avant quand ce bon vieil être humain avait une écharde nichée dans le pouce, il faisait l'homme un peu, puis il se plaignait un peu, avant de geindre, de sentir la mort, la fièvre peignant son front blême, il appelait ses amis, sa famille, maman, papa et ils venaient tous un par un vêtus de compassion et d'un bouquet de fleurs. L'être humain se sentait CONSIDERE et il pouvait retourner tranquillement travailler, l'écharde était toujours là, purulente, affreusement douloureuse, rouge, jaune, violacée mais qu'importe.
Aujourd'hui, l'être humain est encore plus vieux, il marche avec une canne en or qui traîne sur un sol poussiéreux et qui écrase des câbles. Il a encore mal bien sûr mais il ne se plaint plus comme avant. Maintenant quand il doit gueuler, pleurer, vomir ses torrents de dégoûts et d'amertume, quand il doit relâcher le fiel à son ciel de stupre, il appelle Dieu.
Dieu a changé. Dieu est représentable. Dieu porte un costume, gagne mille fois plus d'argent que vous et moi, est gentil. Dieu est gentil. Dieu a un micro-cravate, il met parfois du gel, il a un attaché-case et encore deux ou trois autres flottes de mots composés le caractérisant(sèche-mains, brosse-électrique, lave-queue, femme-dévouée, bons-sentiments...). Dieu ne sait pas s'il vote à droite ou à gauche du moins il ne le dit pas, et il ne le dira pas car on ne peut pas virer Dieu. Dieu est cependant pour un accroissement des libertés sans pour autant que ça devienne le chaos. Dieu s'intéresse à la bourse, à l'art contemporain et aime à se prélasser souvent en écoutant Vivaldi. Dieu respecte le travail de la police et déteste clairement la sécurité qui pollue de sa brutalité le bonheur total qui règne sur ses plateaux. Dieu possède une résidence dans le sud et une autre à Miami. Dieu a changé sans pour autant changer puisqu'il aide toujours les siens.
LES HOMMES ! Tous tournés vers l'espoir cathodique, vers le fond de teint, vers le petit cul magique de la maquilleuse, vers les petits fours et les poufs aussi confortables que le paradis. Les hommes cherchent à passer à la télévision quoi qu'il en coûte. Car elle nous aide ! Apportant célébrité, fortune et reconnaissance par la boulangère du coin.
" AH JE VOUS AI VU A LA TELE HIER ! "
Le télévisé est heureux, il ne sera jamais autant heureux que maintenant. Il a l'impression d'être Miss Hepburn, Mr Wayne et peut-être même Will Smith qui sait.
Tu rentres sur le plateau, tu essaies d'être détendu, LE MONDE TE REGARDE ! Les yeux écarquillés car ta tête est nouvelle et tu balances ta chiasse. N'importe laquelle, tu peux être de la nouvelle chanson française à la guitare sèche et aux textes poético-engagés, tu peux être du livre de confessions sur tes années de prostitution dans les allées crades de Mexico City, tu peux être une obèse qui témoigne que c'est dur d'être obèse, que le regard des gens n'a pas évolué qu'ils me voient toujours comme une obèse(et derrière on est tous là à peine ému et on la traite de grosse vache parce que c'est vrai quoi c'est une grosse vache, t'es une grosse vache, fais du footing, arrêtes le sucre, vas te faire percer le bide par le Dr Watford, oh joie du futur ! Quand nous porterons tous enfin un anneau gastrique), tu peux être un cinéaste Nouvelle Nouvelle Nouvelle Nouvelle Nouvelle-Vague et dire que si tu tournes seulement en noir et blanc et en muet avec des acteurs chimpanzés c'est pour retourner à l'animalité de l'art et que tu ne fais pas du tout ça pour le fric(tu suintes le fric, tu veux le fric mais tu fais pas ça POUR le fric) tu peux donner à tout va des expressions comme " ce qui s'appelle dans la terminologie nietzschéenne " le misérabilisme absolu " " (as-tu lu Nietzsche, on entend Nietzsche partout à toutes les sauces, Nietzsche a dit ceci, retenez cette phrase de Nietzsche, Nietzsche partout à toutes les sauces, comme Rimbaud comme Artaud comme Dewaere comme les multinationales et la mortalité infantile en Afrique, Nietzsche comme Rimbaud, partout, nulle part, personne n'a lu Nietzsche, les gens lisent Nietzsche pour se sucer la bite mais personne n'a lu Nietzsche, même Nietzsche lui même avait du mal sur la fin), tu peux être une actrice décérébrée brune aux yeux félins, tu peux être du bacon, une adolescente qui n'en peut plus de sa mère, une fan de Mylène Farmer, une gothique mais faut pas confondre gothisme et satanisme moi je suis juste goth parce que j'aime bien le style je bois pas du sang tu vois TU BOIS LE SANG DE TA SOEUR ! SOEUR A PLEIN D'IMAGES PAR SECONDE ! SOEUR SUR TREPIED ! SOEUR AVEC CADREUR ! SOEUR AVEC LUMIERE ROUGE QUI S'ALLUME ! SOEUR ON AIR ! SOEUR CAMERA DV !
Tu peux être tout ceci le résultat est le même : le sourire, la fierté de la boulangère du coin(marque déposée)qui connaît quelqu'un qui est passé à l'intérieur des mailles du filet télégénique et qui en est revenu habillé de l'aura particulière de ce qui ont été vu, revu, rediffusé à l'infini dans le néant des zapettes et des insomnies des travailleurs fatigués.
Après la gloire, ça dépend du nombre de boulangères(et de boulangers) du coin que tu as réussi à frapper, à marteler avec ton image, toi icône, symbole de toute une génération, toi star déjà miniaturisé, copié, vendu, matriculé, échangé dans les marchés à ciel ouvert illégaux de Pékin, toi déjà les mains dans le ciment, l'étoile sur Hollywood Boulevard, toi déjà vieux grisonnant discutant avec une gamine qui t'admire, et hmmm la notoriété, ta notoriété sur le déclin s'enfonçant lentement dans ses hanches qui te vouent un culte, toi jamais vendu, toi jamais vendre toi, toi luttant aux côtés des démunis, toi donnant 1million de dollars à une association caritative, toi beau, toi mauvais film, traversée du désert, toi promotion, toi press junket, TOI TOI TOI .
Ils m'ennuient. Des gens vont mal, vraiment mal, intellectuellement. Les gens parlent dans le train, ils s'embrassent, la fille dit qu'elle n'a lu rien d'autre que les LIVRES OBLIGATOIRES pour l'école et le garçon(ou la fille) sourit et la comprend. A mon avis ils sont ensemble parce qu'ils n'ont pas le choix, ils doivent se partager le même neurone. Non pas qu'il faille lire, la lecture c'est chiant, mais ça ouvre, ça ouvre plus qu'un magazine, moins que la musique mais plus qu'un magazine. Les mots se perdent dans une incroyable gabegie. Et on festoie, les fêtes sont belles plus belles que jamais, avec toutes ces lumières qui brillent intensément et toujours au bord de l'extinction, au bord du balcon qui craque et tombe emportant avec lui les robes, les rouges à lèvre, les érections, les champagnes et quelques romans coups de poing en préparation.
Les femmes passent, pleuvent. Je suis figé et la pluie des louves me loupe. Son arc-en-ciel me déchire la joue, je me sens seul, je me sens aussi seul que le président des États-unis.
J'estime avoir un certain talent, un quelque chose, mais je doute, heureusement, à chacun son magnan. Donc je voguais et je me suis dit pourquoi pas perdre toute sympathie pour la race humaine...
J'ai donc été faire un tour sur les blogs. Y'A VRAIMENT UN TRUC QUI CLOCHE DE NOS JOURS. Je ne dis pas non à la puberté, à ces amitiés, ces amours d'alcools étalés par tranches dans des photos où tout le monde a les yeux rouges et l'AIR COOL, cool comme la tristesse, la pitié, la fin du monde, fermez tout on remballe. Ces jeunes sont ailleurs que par chez moi, ils baisent, écoutent de la mauvaise musique, aiment des mauvais films(parfois des bons), ont une famille, un papa si drôle avec son chapeau de père Noël, une mère si attentive et qu'on aime tant. J'aime ma mère mais ici c'est différent. Ici il y a un poème qui va avec, un poème qui doit sonner comme ça à peu de choses près :
Merde...J'arrive pas à trouver le truc, je l'ai enjolivé je trouverais presque ça bien si j'étais un anarchiste, c'est tellement con leurs trucs. On peut dire que je suis méchant mais ce qui me chagrine vraiment c'est qu'ils ou elle en l'occurrence appelle ça de la poésie...Mince mais oui elle a entièrement raison, Paul disait " La poésie inspire plus qu'elle n'est inspirée " et ça marche ça m'inspire certes de la répugnance, de la haine, du désappointement envers ceux qui partagent mon âge mais ça marche.
Deuxième point sur la poésie DES BLOGS. Il y a aussi les poèmes d'amour...exemple...
Pourquoi pas mais ça reste limité. Elle pourrait dire :
C'est aussi très con mais déjà y'a de l'avancement, je pourrais mieux faire mais la flemme et puis l'idée du " Toi et moi " un autre jour. Il y a des tonnes de photos de ces soirées bon sang ! J'imagine l'intention, l'appareil photo numérique, on va se prendre en photo, je vais la mettre sur le blog et toi qui est sur la photo tu mettras un commentaire teinté d'humour, oui chut faisons ça. PROSTITUONS NOS SOUVENIRS !
Tous ces blogs sont des skyblogs, manne superbe pour cette radio, ombre de radio, lacérant langoureusement les tympans branchés des auditeurs de leurs merdes sucrées, calibrées, dans l'air du temps. Rajoutes une voix de fille tu verras ça le fait mieux. Tu rencontres la fille au studio, évidemment comme c'était écrit en petit caractères sur le contrat tu tombes amoureux tu deviens un couple glamour et ça fait les choux gras de la presse people et ton ordonnance de Prozac augmente exponentiellement.
Il y a aussi les blogs des pétasses révoltées néogoths. Là il y a tout un imaginaire du sang, de la solitude, des lèvres noires, des croix bizarres, des vampires et des peluches à l'oeil pendant. Là aussi puisque la poésie est un merveilleux moyen de montrer que TU AS UNE SENSIBILITE PROPRE QUI N'EST QU'A TOI ET QUE T'AS PAS ACHETE EN MEME TEMPS QUE TES BOTTES ET TON PIERCING AU NOMBRIL. Là aussi donc il y a des poèmes du style :
Tiens c'est bien ça mon coeur s'écroule. Suicidaires bubble-gum qui n'ont même pas l'audace de bouffer du verre pilé, de se tronçonner la figure, de s'arracher les bras pour les jeter sur les rails, suicidaires peureux, suicidaires qui vont vraiment mal, ça fait flipper les cheveux noirs, la peau blanche. Suicidaires griffures de chat sur le bras droit et minces filets de sang et de larmes dégoulinants par la webcam. Délicieux temps où j'étais une caricature de tout ça et où j'aimais le foot et les chanteurs sans talent d'origine portugaise. Sur l'espace, des foules cradingues de ces photos de pieds pendant le voyage à Londres, trop fun.
Dieu nous a flanqué dans des cases. Dieu nous a communautarisé. Et ça trône, les motos bleus font des burns et y'a des photos de ça, vive les motos, vive les fils de pute qui font de la moto et qui sont cons comme des anges, vive les photos de gens qui supportent une équipe de football et portant leur tunique sur les épaules, vive les photos où les gens s'aiment, bisous bisous, dans deux mois, je ferme le blog, j'ai enlevé toutes les photos, je ne suis plus avec lui(elle), vive les photos, les dessins, les " Es-tu pour la guerre?", les " Qu'est-ce que tu penses de moi franchement ? " et les commentaires " On t'adore " et ça lui sauve la vie c'est malheureux alors que perso je la déteste quelle pauvre conne.
On se sauve la vie comme ça en demandant l'amour par la télé ou internet, par l'art ou une main marron tendue, atrophiée dans les halls de gare. L'art aussi est marron, tendu, atrophié dans les halls de gare. On se sauve la vie parce qu'on est pas courageux, la mort est l'ambition des vivants. Vous comprendrez je vous jure.
Vive SURTOUT l'absurdité dégueulasse de cette sphère bleue tarée, ma logeuse, qui me permet de pouvoir avoir accès à tout ça, toute cette morbidité.
Et la folie hein ?
J'ai une grande crainte pour mes espérances, qu'est-ce qui me différencie d'eux ?
Mon utilisation parcimonieuse mais étudiée des mots comme " somatiser, attavisme, cacochyme, patriarcal " ou bien ma connaissance des figures comme l'anadiplose ou plus rare le kakemphaton...Mais qu'est ce qui me dit que mon MAL est plus JUSTE plus VERACE que le leur qui miaule à mes oreilles comme de bien tristes et amères plaisanteries ?
Je ressemble trop à ces stupides. Je joue le pédant, le fat, je m'emballe dans des métaphores superfétatoires et après ? Je suis c'est tout, comme Gandhi, Bernard Julliard ou Himmler ont été. Ma folie vaut-elle le coup...
POINT D'INTERROGATIONS
Après, ce ne sont que des histoires.
( petit détail : j'ai fermé les yeux sur la langue bafouée qui peuple ces trucs juste un petit exemple : " Juste pour te dire que tu ais génial " )
* Je remercie tous les abrutis et abruties de la planète(que je connais, j'ai même plagié parfois et je vous serai gré de ne pas demander de dédommagement pour la bonne suite de nos relations, je vous adore, naïvetés, bêtises, jeunesses, mal-êtres) pour leur aide précieuse.
Ils nous traitent. Par-dessus le marché les avions transactent transbahutants trois cents vingt cinq passagers d'origines différentes, des tonnes de chairs, de muscles, de graisses, de sangs, de quoi rebâtir en os la Tour de Pise et quelques dizaines de tours du monde d'intestins grêles. Et par dessus tout, on se fait diffuser.
Ils nous parlent. D'adolescence malingre, mal dans sa peau, de satanisme, de scarification, de désoeuvrement, d'idées noires, de blogs, de suicide, d'addiction à internet et aux univers persistants et ils le montrent dans d'autres univers persistants, persistance de docteurs, de sociologues, de psychologues, persistance d'aide télévisuelle.
La donne a changée. Avant quand ce bon vieil être humain avait une écharde nichée dans le pouce, il faisait l'homme un peu, puis il se plaignait un peu, avant de geindre, de sentir la mort, la fièvre peignant son front blême, il appelait ses amis, sa famille, maman, papa et ils venaient tous un par un vêtus de compassion et d'un bouquet de fleurs. L'être humain se sentait CONSIDERE et il pouvait retourner tranquillement travailler, l'écharde était toujours là, purulente, affreusement douloureuse, rouge, jaune, violacée mais qu'importe.
Aujourd'hui, l'être humain est encore plus vieux, il marche avec une canne en or qui traîne sur un sol poussiéreux et qui écrase des câbles. Il a encore mal bien sûr mais il ne se plaint plus comme avant. Maintenant quand il doit gueuler, pleurer, vomir ses torrents de dégoûts et d'amertume, quand il doit relâcher le fiel à son ciel de stupre, il appelle Dieu.
Dieu a changé. Dieu est représentable. Dieu porte un costume, gagne mille fois plus d'argent que vous et moi, est gentil. Dieu est gentil. Dieu a un micro-cravate, il met parfois du gel, il a un attaché-case et encore deux ou trois autres flottes de mots composés le caractérisant(sèche-mains, brosse-électrique, lave-queue, femme-dévouée, bons-sentiments...). Dieu ne sait pas s'il vote à droite ou à gauche du moins il ne le dit pas, et il ne le dira pas car on ne peut pas virer Dieu. Dieu est cependant pour un accroissement des libertés sans pour autant que ça devienne le chaos. Dieu s'intéresse à la bourse, à l'art contemporain et aime à se prélasser souvent en écoutant Vivaldi. Dieu respecte le travail de la police et déteste clairement la sécurité qui pollue de sa brutalité le bonheur total qui règne sur ses plateaux. Dieu possède une résidence dans le sud et une autre à Miami. Dieu a changé sans pour autant changer puisqu'il aide toujours les siens.
LES HOMMES ! Tous tournés vers l'espoir cathodique, vers le fond de teint, vers le petit cul magique de la maquilleuse, vers les petits fours et les poufs aussi confortables que le paradis. Les hommes cherchent à passer à la télévision quoi qu'il en coûte. Car elle nous aide ! Apportant célébrité, fortune et reconnaissance par la boulangère du coin.
" AH JE VOUS AI VU A LA TELE HIER ! "
Le télévisé est heureux, il ne sera jamais autant heureux que maintenant. Il a l'impression d'être Miss Hepburn, Mr Wayne et peut-être même Will Smith qui sait.
Tu rentres sur le plateau, tu essaies d'être détendu, LE MONDE TE REGARDE ! Les yeux écarquillés car ta tête est nouvelle et tu balances ta chiasse. N'importe laquelle, tu peux être de la nouvelle chanson française à la guitare sèche et aux textes poético-engagés, tu peux être du livre de confessions sur tes années de prostitution dans les allées crades de Mexico City, tu peux être une obèse qui témoigne que c'est dur d'être obèse, que le regard des gens n'a pas évolué qu'ils me voient toujours comme une obèse(et derrière on est tous là à peine ému et on la traite de grosse vache parce que c'est vrai quoi c'est une grosse vache, t'es une grosse vache, fais du footing, arrêtes le sucre, vas te faire percer le bide par le Dr Watford, oh joie du futur ! Quand nous porterons tous enfin un anneau gastrique), tu peux être un cinéaste Nouvelle Nouvelle Nouvelle Nouvelle Nouvelle-Vague et dire que si tu tournes seulement en noir et blanc et en muet avec des acteurs chimpanzés c'est pour retourner à l'animalité de l'art et que tu ne fais pas du tout ça pour le fric(tu suintes le fric, tu veux le fric mais tu fais pas ça POUR le fric) tu peux donner à tout va des expressions comme " ce qui s'appelle dans la terminologie nietzschéenne " le misérabilisme absolu " " (as-tu lu Nietzsche, on entend Nietzsche partout à toutes les sauces, Nietzsche a dit ceci, retenez cette phrase de Nietzsche, Nietzsche partout à toutes les sauces, comme Rimbaud comme Artaud comme Dewaere comme les multinationales et la mortalité infantile en Afrique, Nietzsche comme Rimbaud, partout, nulle part, personne n'a lu Nietzsche, les gens lisent Nietzsche pour se sucer la bite mais personne n'a lu Nietzsche, même Nietzsche lui même avait du mal sur la fin), tu peux être une actrice décérébrée brune aux yeux félins, tu peux être du bacon, une adolescente qui n'en peut plus de sa mère, une fan de Mylène Farmer, une gothique mais faut pas confondre gothisme et satanisme moi je suis juste goth parce que j'aime bien le style je bois pas du sang tu vois TU BOIS LE SANG DE TA SOEUR ! SOEUR A PLEIN D'IMAGES PAR SECONDE ! SOEUR SUR TREPIED ! SOEUR AVEC CADREUR ! SOEUR AVEC LUMIERE ROUGE QUI S'ALLUME ! SOEUR ON AIR ! SOEUR CAMERA DV !
Tu peux être tout ceci le résultat est le même : le sourire, la fierté de la boulangère du coin(marque déposée)qui connaît quelqu'un qui est passé à l'intérieur des mailles du filet télégénique et qui en est revenu habillé de l'aura particulière de ce qui ont été vu, revu, rediffusé à l'infini dans le néant des zapettes et des insomnies des travailleurs fatigués.
Après la gloire, ça dépend du nombre de boulangères(et de boulangers) du coin que tu as réussi à frapper, à marteler avec ton image, toi icône, symbole de toute une génération, toi star déjà miniaturisé, copié, vendu, matriculé, échangé dans les marchés à ciel ouvert illégaux de Pékin, toi déjà les mains dans le ciment, l'étoile sur Hollywood Boulevard, toi déjà vieux grisonnant discutant avec une gamine qui t'admire, et hmmm la notoriété, ta notoriété sur le déclin s'enfonçant lentement dans ses hanches qui te vouent un culte, toi jamais vendu, toi jamais vendre toi, toi luttant aux côtés des démunis, toi donnant 1million de dollars à une association caritative, toi beau, toi mauvais film, traversée du désert, toi promotion, toi press junket, TOI TOI TOI .
Ils m'ennuient. Des gens vont mal, vraiment mal, intellectuellement. Les gens parlent dans le train, ils s'embrassent, la fille dit qu'elle n'a lu rien d'autre que les LIVRES OBLIGATOIRES pour l'école et le garçon(ou la fille) sourit et la comprend. A mon avis ils sont ensemble parce qu'ils n'ont pas le choix, ils doivent se partager le même neurone. Non pas qu'il faille lire, la lecture c'est chiant, mais ça ouvre, ça ouvre plus qu'un magazine, moins que la musique mais plus qu'un magazine. Les mots se perdent dans une incroyable gabegie. Et on festoie, les fêtes sont belles plus belles que jamais, avec toutes ces lumières qui brillent intensément et toujours au bord de l'extinction, au bord du balcon qui craque et tombe emportant avec lui les robes, les rouges à lèvre, les érections, les champagnes et quelques romans coups de poing en préparation.
Les femmes passent, pleuvent. Je suis figé et la pluie des louves me loupe. Son arc-en-ciel me déchire la joue, je me sens seul, je me sens aussi seul que le président des États-unis.
J'estime avoir un certain talent, un quelque chose, mais je doute, heureusement, à chacun son magnan. Donc je voguais et je me suis dit pourquoi pas perdre toute sympathie pour la race humaine...
J'ai donc été faire un tour sur les blogs. Y'A VRAIMENT UN TRUC QUI CLOCHE DE NOS JOURS. Je ne dis pas non à la puberté, à ces amitiés, ces amours d'alcools étalés par tranches dans des photos où tout le monde a les yeux rouges et l'AIR COOL, cool comme la tristesse, la pitié, la fin du monde, fermez tout on remballe. Ces jeunes sont ailleurs que par chez moi, ils baisent, écoutent de la mauvaise musique, aiment des mauvais films(parfois des bons), ont une famille, un papa si drôle avec son chapeau de père Noël, une mère si attentive et qu'on aime tant. J'aime ma mère mais ici c'est différent. Ici il y a un poème qui va avec, un poème qui doit sonner comme ça à peu de choses près :
Maman
J'aimerais pouvoir toujours t'aider
Mais la vie c'est pas facile
Ça ne tient qu'à un fil
Et il n'est pas loin de céder
J'aimerais pouvoir toujours t'aider
Mais la vie c'est pas facile
Ça ne tient qu'à un fil
Et il n'est pas loin de céder
Merde...J'arrive pas à trouver le truc, je l'ai enjolivé je trouverais presque ça bien si j'étais un anarchiste, c'est tellement con leurs trucs. On peut dire que je suis méchant mais ce qui me chagrine vraiment c'est qu'ils ou elle en l'occurrence appelle ça de la poésie...Mince mais oui elle a entièrement raison, Paul disait " La poésie inspire plus qu'elle n'est inspirée " et ça marche ça m'inspire certes de la répugnance, de la haine, du désappointement envers ceux qui partagent mon âge mais ça marche.
Deuxième point sur la poésie DES BLOGS. Il y a aussi les poèmes d'amour...exemple...
Toi et moi
J'aime être avec toi
Dans tes bras
J'aime tes baisers
J'aime quand tu souries
Toi et moi
C'est pour la vie
J'aime être avec toi
Dans tes bras
J'aime tes baisers
J'aime quand tu souries
Toi et moi
C'est pour la vie
Pourquoi pas mais ça reste limité. Elle pourrait dire :
Toi et moi
J'aime être avec toi
Quand tes lèvres me massacrent
Saoulent mes sens
Et me font rouler par terre
A la renverse
Dans la rivière de tes rires.
J'aime être avec toi
Quand tes lèvres me massacrent
Saoulent mes sens
Et me font rouler par terre
A la renverse
Dans la rivière de tes rires.
C'est aussi très con mais déjà y'a de l'avancement, je pourrais mieux faire mais la flemme et puis l'idée du " Toi et moi " un autre jour. Il y a des tonnes de photos de ces soirées bon sang ! J'imagine l'intention, l'appareil photo numérique, on va se prendre en photo, je vais la mettre sur le blog et toi qui est sur la photo tu mettras un commentaire teinté d'humour, oui chut faisons ça. PROSTITUONS NOS SOUVENIRS !
Tous ces blogs sont des skyblogs, manne superbe pour cette radio, ombre de radio, lacérant langoureusement les tympans branchés des auditeurs de leurs merdes sucrées, calibrées, dans l'air du temps. Rajoutes une voix de fille tu verras ça le fait mieux. Tu rencontres la fille au studio, évidemment comme c'était écrit en petit caractères sur le contrat tu tombes amoureux tu deviens un couple glamour et ça fait les choux gras de la presse people et ton ordonnance de Prozac augmente exponentiellement.
Il y a aussi les blogs des pétasses révoltées néogoths. Là il y a tout un imaginaire du sang, de la solitude, des lèvres noires, des croix bizarres, des vampires et des peluches à l'oeil pendant. Là aussi puisque la poésie est un merveilleux moyen de montrer que TU AS UNE SENSIBILITE PROPRE QUI N'EST QU'A TOI ET QUE T'AS PAS ACHETE EN MEME TEMPS QUE TES BOTTES ET TON PIERCING AU NOMBRIL. Là aussi donc il y a des poèmes du style :
Je me sens mal
Le sang coule de mes veines
Tu es parti
Et je saigne
Mon coeur aussi
Mon coeur s'écroule
Le sang coule de mes veines
Tu es parti
Et je saigne
Mon coeur aussi
Mon coeur s'écroule
Tiens c'est bien ça mon coeur s'écroule. Suicidaires bubble-gum qui n'ont même pas l'audace de bouffer du verre pilé, de se tronçonner la figure, de s'arracher les bras pour les jeter sur les rails, suicidaires peureux, suicidaires qui vont vraiment mal, ça fait flipper les cheveux noirs, la peau blanche. Suicidaires griffures de chat sur le bras droit et minces filets de sang et de larmes dégoulinants par la webcam. Délicieux temps où j'étais une caricature de tout ça et où j'aimais le foot et les chanteurs sans talent d'origine portugaise. Sur l'espace, des foules cradingues de ces photos de pieds pendant le voyage à Londres, trop fun.
Dieu nous a flanqué dans des cases. Dieu nous a communautarisé. Et ça trône, les motos bleus font des burns et y'a des photos de ça, vive les motos, vive les fils de pute qui font de la moto et qui sont cons comme des anges, vive les photos de gens qui supportent une équipe de football et portant leur tunique sur les épaules, vive les photos où les gens s'aiment, bisous bisous, dans deux mois, je ferme le blog, j'ai enlevé toutes les photos, je ne suis plus avec lui(elle), vive les photos, les dessins, les " Es-tu pour la guerre?", les " Qu'est-ce que tu penses de moi franchement ? " et les commentaires " On t'adore " et ça lui sauve la vie c'est malheureux alors que perso je la déteste quelle pauvre conne.
On se sauve la vie comme ça en demandant l'amour par la télé ou internet, par l'art ou une main marron tendue, atrophiée dans les halls de gare. L'art aussi est marron, tendu, atrophié dans les halls de gare. On se sauve la vie parce qu'on est pas courageux, la mort est l'ambition des vivants. Vous comprendrez je vous jure.
Vive SURTOUT l'absurdité dégueulasse de cette sphère bleue tarée, ma logeuse, qui me permet de pouvoir avoir accès à tout ça, toute cette morbidité.
Et la folie hein ?
J'ai une grande crainte pour mes espérances, qu'est-ce qui me différencie d'eux ?
Mon utilisation parcimonieuse mais étudiée des mots comme " somatiser, attavisme, cacochyme, patriarcal " ou bien ma connaissance des figures comme l'anadiplose ou plus rare le kakemphaton...Mais qu'est ce qui me dit que mon MAL est plus JUSTE plus VERACE que le leur qui miaule à mes oreilles comme de bien tristes et amères plaisanteries ?
Je ressemble trop à ces stupides. Je joue le pédant, le fat, je m'emballe dans des métaphores superfétatoires et après ? Je suis c'est tout, comme Gandhi, Bernard Julliard ou Himmler ont été. Ma folie vaut-elle le coup...
POINT D'INTERROGATIONS
Après, ce ne sont que des histoires.
( petit détail : j'ai fermé les yeux sur la langue bafouée qui peuple ces trucs juste un petit exemple : " Juste pour te dire que tu ais génial " )
* Je remercie tous les abrutis et abruties de la planète(que je connais, j'ai même plagié parfois et je vous serai gré de ne pas demander de dédommagement pour la bonne suite de nos relations, je vous adore, naïvetés, bêtises, jeunesses, mal-êtres) pour leur aide précieuse.

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