Mon chat
Mon chat a des problèmes graves. C'est un inadapté. Tous les soirs il revient dans de lancinants miaulements, il est sur le pas de la porte et on le laisse entrer. Ensuite on découvre les plaies, il en a des belles, des cicatrices en tout genre. Une fois une branche lui est rentré dans l'oeil, et par miracle le lendemain elle n'était plus là mais son oeil si. Mon chat doit pas être un très bon bagarreur ou bien alors il tombe toujours sur un autre chat qui est troisième dan. Quand il est là, mon chat miaule pour avoir à manger, il miaule jusqu'à temps qu'on le serve un peu comme nous, après avoir manger, quand je suis assis il monte sur mon ventre et là sevrage et mal de mère oblige il me tète. Il tète mon tee-shirt en plantant ses griffes dans mes organes, voyez-vous mon tee-shirt ensuite est couvert de salive mais je m'en fous, une mère de substitution se doit d'être patiente. Je sais pas pour quelle vie est fait mon chat, la vie de rue le mutile et la vie domestique l'infantilise. C'était un bel animal gris quand il est arrivé à la maison, il était jeune comme un galet de rivière je l'ai tout de suite aimé parce que j'aime les chats vu que ça demande pas trop de travail non plus. Il s'appelle Sidney, nom mnémotechnique car on l'a eu en même temps que les Jeux Olympiques de 2000 se déroulant dans cette ville homonyme. Parfois Sidney j'aime penser que c'est Sidney Poitier bien que je n'ai jamais vu aucun film avec Sidney Poitier, un espèce de lascard un peu perdu mais adorable. Cette nuit là il l'avait passé sur mon lit en vrac à roupiller comme une chaussette de Noël clouée à la cheminée. J'aime bien regarder mon chat et le monde en général dormir, je ne dirais pas que c'est à cause de cet espèce de paix qui s'échappe des yeux clos des gens de sommeil non je ne sais pas, peut-être parce que je me dis qu'ils rêvent et qu'ils pourront me raconter comment c'était de l'autre côté du feu.
Il fallait bien que je dorme aussi alors je l'ai poussé et l'ai gentiment mis dehors par une ruse classique, je l'emmène jusqu'à sa gamelle et je tape dessus pour lui faire croire qu'il y a à manger, attiré par le bruit il se presse contre son bol vide et le temps qu'il se rende compte que je suis un méchant garçon futé je remonte me barricader dans ma chambre. Mais cette nuit je me suis pas si bien barricadé et en furetant doucement avec sa tête dépouillée il a réussi à rentrer, je l'ai vu se traîner sur la moquette et crier mollement, ensuite j'ai entendu un son humide et visqueux. Tout d'abord je pensais à une boule de poils mais non il venait en effet de déféquer sur un coin de ma moquette, parallèlement au mur. Ce qui est intéressant ici ce n'est pas seulement l'allure luisante et nauséabonde de ce crucifix post gastrique, bien que ce fut un étron étonnant, non c'est de voir la réaction de mon chat labourant la moquette frénétiquement dans l'espoir de je pense, retourner de la terre fictive pour ensabler sa salamandre. Ses ongles ont déchiré le sol, il en a cherché de la terre, et ce qui est malheureusement beau c'est sa fuite des perceptions, il a simplement réagi à un des nombreux conditionnements pavloviens antédiluviens inhérents à la race féline soit excréments nécessitent tombe de sable. Hors il n'y avait jamais eu de litière chez nous, sa présence se faisant trop rare pour incliner une installation de ce genre, et pourtant ses pattes se plantent toujours dans la moquette, griffant un câble traînant à terre, il la retourne encore sa miraculeuse plage invisible, tu vas disparaître maudite cravate jaunâtre !
Mon chat a des problèmes graves, il est encore dans ses tous premiers réflexes.
Il enterre dans le vide, un peu comme moi je fais avec la nuit.
Il fallait bien que je dorme aussi alors je l'ai poussé et l'ai gentiment mis dehors par une ruse classique, je l'emmène jusqu'à sa gamelle et je tape dessus pour lui faire croire qu'il y a à manger, attiré par le bruit il se presse contre son bol vide et le temps qu'il se rende compte que je suis un méchant garçon futé je remonte me barricader dans ma chambre. Mais cette nuit je me suis pas si bien barricadé et en furetant doucement avec sa tête dépouillée il a réussi à rentrer, je l'ai vu se traîner sur la moquette et crier mollement, ensuite j'ai entendu un son humide et visqueux. Tout d'abord je pensais à une boule de poils mais non il venait en effet de déféquer sur un coin de ma moquette, parallèlement au mur. Ce qui est intéressant ici ce n'est pas seulement l'allure luisante et nauséabonde de ce crucifix post gastrique, bien que ce fut un étron étonnant, non c'est de voir la réaction de mon chat labourant la moquette frénétiquement dans l'espoir de je pense, retourner de la terre fictive pour ensabler sa salamandre. Ses ongles ont déchiré le sol, il en a cherché de la terre, et ce qui est malheureusement beau c'est sa fuite des perceptions, il a simplement réagi à un des nombreux conditionnements pavloviens antédiluviens inhérents à la race féline soit excréments nécessitent tombe de sable. Hors il n'y avait jamais eu de litière chez nous, sa présence se faisant trop rare pour incliner une installation de ce genre, et pourtant ses pattes se plantent toujours dans la moquette, griffant un câble traînant à terre, il la retourne encore sa miraculeuse plage invisible, tu vas disparaître maudite cravate jaunâtre !
Mon chat a des problèmes graves, il est encore dans ses tous premiers réflexes.
Il enterre dans le vide, un peu comme moi je fais avec la nuit.

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