mardi, janvier 23, 2007

Alena

Des gouttes claires sur la grille
De la cendre et des épaules grises
L'imbécile poussière déroule de longs tapis durs

Tournées les boussoles défient
Les cinglants éclairs de l'astre solaire
Et l'espérance sanglote
Sur le berceau violé
Dans sa robe de vent déchirée

Par le mirador la lunette scintille
L'oeil bout
La main tremble
Se ressaisit par diplomatie

Que dire de ces marées de serpents
Couchées dans la rivière sèche
Comme autant de rotules qui éclatent
Grâce aux billes démocrates

Les enfants paissent les veaux mangent
Une évasion de cafards
Pour tous ces croyants bronzés
Ces croyants qui agonisent

Et qu'on balaie devant l'autel
D'un joli plomb dans la tête

Le soleil plus grand que la vie même
Continue de grossir
Et la rivière d'étayer les belles plaies
Des amants
Lavés dans ces soleils couchants

Soleil qui devient lune
En dépassant la dune
Alors que lentement les crotales passent
Laissant leurs mues sur le barbelé neuf
Qui espèrent un jour
Griller même les étoiles

Heureusement
Des sifflements de rêve persistent
Sous le globe fumeux
Sous les routes et les périphéries
Les accents s'halent

Le marché s'hispanise
Les cadavres parlent l'espagnol

Vous n'êtes que de la marchandise
Tu la cèdes à combien ton auréole ?

Les anges n'ont pas d'identité
Ils vivent dans nos villes
Embrassent nos femmes
Écoutent nos disques
Les anges n'ont pas d'identité

La lune retourne à son vêtement
De cercle brûlant
Les gouttes épaisses durcissent sur l'acier torsadé
On gratte
On gratte

Voilà comment l'homme disparaît

En dépôts ocres sous des ongles
Richissimes
Bagués, libres
D'imposer leur liberté

Lacéré, le corps épuisé du fou
S'étend sur toute la frontière
On lui tend quelque chose

Un papier pour que le fou reste
Pour que le fou reste
Pour qu'il soit celui qui voit
Certains de ses frères mourir
Tandis que d'autres les font mourir

C'est la loi

Le fou gémit, hurle au désert
Demande l'arrêt immédiat
De toute procédure de la misère
Il se lève, arrachant tous les grillages
Déracinant une à une les barrières

Des balles et des cobras sifflent
La rivière rougit croît rougit
La rouge
Le fou est arrête juste
A l'ambassade des cinquante et un lustres

Un sourire salé balafre ses joues
Petit sourire de révolte
Qui ne fera aucun alinéa
Il n'y aura pas d'alinéa
Sur l'histoire de la démarcation
De ce fou

à Alena,

Les serres de l'aigle
Saignent l'érable
Au nombril de la lune.

Dieu qu'ils sont contents de se boire le sang !
De par le monde la Soif monte