dimanche, décembre 31, 2006

Solitude engagée

Mise en garde : L'écrit honteusement chronophage qui va suivre est fortement décousu.

Maîtres, ministères et paroisses de tous bords offrez-vous.

C'est beau et significatif ma vie.

La sensation terrible de ne pas être lu, de ne pas appartenir et la liberté.

Les commentaires qui se perdent.

L'accueil glacial des arts neufs, les ponts neufs, les clochards neufs en dessous.

J'aurais même l'envie de m'étendre, de disparaître dans l'oscillation du désir, dans cette fréquence à mille lieux qui batifole en moi, que de cette absence naisse un cygne, que je peigne ce cygne, qu'il soit magique et qu'il se couche à tes pieds, petit bout de neige en plein désert.

Comme on a dit anonyme, pas critiqué, pas applaudi, pas sur ni sous ni mésestimé, invisible, tu sais ces vagues que tu vois pas quand tu préfères te fixer sur les fesses en matière étanche de Jessica et ben c'est moi ces vagues, peut-être que c'est à cause de la plate-forme, pas de mes mots, mais de ce qui m'héberge, peut-être suis-je trop lourd sinon ou trop prétentieux ou trop rien et ça forcément ça s'abîme et on trouve traces de ça, livres d'histoires débraillés, espagnoles en cloque ou la télé qui hurle " Il a fait ceci avant cela c'était l'avant-garde." Vanguardista de la joliesse....

Verrière brunie sur le terril, les centimètres au centre de la masse noire, dans cette butte lugubre, en plein blues rugit la femme-enfant, celle que tu serres dans tes bras parce qu'elle est folle camisole et que tu aimes ça, les femmes-enfants folles t'en redemandent, t'en revoudrais tous les matins de souffrir pour qu'elle ne souffre plus, mares toujours en station absence bercée par des lumières diffuses comme ce canal d'une ville d'Europe centrale que oui par superstition je ne nomme pas, ce vieux rêve que t'as fait en sa compagnie, entre deux gares qui passent sous les fenêtres et les rideaux rouges mi-clos sur le bastion fantasque de nos alibis, de ce qu'on s'invente pour sauter la frontière hand in the hand mais on ne se la touche pas vu que c'est qu'un pacte et que les pactes ça se touche pas, ça se sent comme l'illusion qui monte quand mes doigts touchent ta bouche et que bien sûr j'explose, la soirée infinie et mon regard vers le bas contre le mur fumant l'air, orchestrant la brume selon mes phalanges, et toi qui ne viens pas du perron en descendant la demi-douzaine de marches grises qui séparent ton quartier du mien, fatalités géographiques, ta cheville se dérobe et deux trois tours plus tard tu tombes, je te ramasse comme dans un film italien, tu as une robe magnifique, blanche et trop grande pour toi, tes yeux vacillent et mes lèvres te couvrent, sans rien dire nous nous éloignons veillés par une lune immense réalisée en studio grâce à de nombreux filtres, et les étoiles sont des bulles de savon.

Vu que tout s'opère ici-bas sous l'interrègne de la fiction, je dirais oui monsieur le commissaire, oui j'avoue empoisonner volontairement ma littérature par des poncifs allumés, des verbiages automnaux et archi attendus du type " Mélangeons l'amour, le sexe le fluide et la mort sa perte " ou encore " Faisons entrer en résonance le crime et la pénétration " je le concède devant toi insigne bleu oeil de vin, je réalise dans l'opération précise de mon décatactilisme ce que je ne peux faire sous la vigilance de la loi, mille fois j'ai envie de tuer mille fois j'ai envie de toi, culotte retroussée et lèvres mordues, les émoussements du nickel défonçant la gorge claire d'un membre des forces de l'ordre vêtu d'une matraque d'un six coups et d'une conception de l'honneur patriotique à toute épreuve, le clair-obscur inconscient de nos corps quand tu me pousses que je reviens quand tu me pousses que je reviens et que les cris s'emballent et que les vues se troublent, mon sourire véritable quand la gerbe de sang gicle et surgicle de la jugulaire paramilitaire, mes yeux fermés quand vient l'instant et tes cuisses toutes roses, le crachat sur sa dépouille, (le crachat dans ta dépouille*)

J'ai une détestation sans borne pour tout ce qui porte un uniforme et un semi-automatique de fabrication française.


J'effectue mes rêves dans l'écriture, j'y dilue aussi mes pulsions, mes barbarismes, pour éviter la cellule et susciter maintes jalousie dans l'étriquement spirituel de certains et certaines qui perçoivent l'Otomatti comme un océan de chibres.

L'Otomatti est selon un concept purement fictionnel émanant d'un méandre plus ou moins officiel de mon âme qui n'est pas vraiment à moi, l'Otomatti signifie dans cet état là la nature, celle qui pisse debout et qui regarde l'algèbre des fourrés comme on devrait la regarder, comme des feuilles en tas.

Bien sûr j'évacue le désir, je me compulse et me recompulse le caberlot sur des tranches de virtualités que quiconque ne touchera jamais à moins d'avoir un écran plasma suffisamment puissant pour restituer exactement la sensation divine du "Bouquin de la bibliothèque du coin" tout rameuté de poussières, de pouces pressant les pages pour les tenir, d'émotions qui ne laisse échapper aucune forme de résidus(ne comptons pas les larmes faisons en quelque sorte un travail de télévision).

Cette façon de faire empêche certainement beaucoup d'apparences agréables de l'existence mais que voulez vous j'ai du mal avec ça, quand mon coeur veut parler en notre langage, en français qui n'est que la dernière évolution en date de toute une frise de détails linguistiques, dans le sous-groupe indo-européen, petit à petit, et bien je ne parle que la mélancolie, que la jalousie, que l'utopie pas ragoûtante, que l'utopie impossible( Nota Bene ici que je considère, en utilisant cette expression, l'utopie comme étant une chose possiblement atteignable), que ce qui me ronge, je ne parle que l'alphabet du ciment.

Marée haute sur mes joues, mains basses sur les tiennes.

Fan de Satan et du karaoké.

Vivre c'est cette chanson qui ne finit pas, à la voix grande qui grandit sans cesse, vivre ce sont ces paroles, ces espoirs, ces têtes qui tranquillement dansent, se tortillent autour de la voisine que l'on convoite d'une manière ou d'une autre parce qu'elle est à nos côtés, que son teint est incroyablement comparable à celui de ces plages d'enfance où tu te plongeais pendant que maman tenait le Polaroïd contre son ventre, cette réalité mentie qu'on apprécie d'autant plus qu'on est au courant et qu'on aime jouer avec ça, cette course constante à travers les Paris by pluie et les dimanches maussades où on ne sait plus trop bien quoi faire mais demain c'est lundi et on se lèvera en pensant à ...

La chasse pas la prise.

Nous ne possédons rien que notre imaginaire
Et j'aime m'imaginer te possédant
Ta peau cédant sous mes caresses de funambule.

* Ta dépouille est belle