dimanche, décembre 10, 2006

Le garçon est une espèce menacée

Texte pour le moins saugrenu traitant des aléas du sable dans différentes gazettes fictives.

Chevauchée par la poussière, la joue effacée du gamin bleu fixe le vêtement flou de l'astre au loin, dans cette capture de sens, un fil fin de menthe glisse de son iris glacial, secouées, les gouttes épousent la frise féline du soir, on entend la légère discussion du verre se frottant aux balises, les murmures du télégramme contre les rondeurs transparentes, la petite bouteille d'encre qui a servi, et la mer désespérée la portant, l'encre, sèche sur un siècle qui se referme, cette encyclopédie profonde aux bras blancs et puissants, vois tu l'océan te bercer sous son manteau de sel.

La quiétude de la lagune l'emporta sur l'asphalte, les villes côtières furent vite noyées dans ces cyclones marins, dedans un coureur de jupons marche, la terrifiante bouche d'eaux entrelacées le suit de près, il n'a pas idée de ce qui l'attend, ces chaussures brûlent, l'enfant démobilisé par les guerres alentours pénètre nu dans la demeure cristalline au mur de pluie, ses pieds dessinent des fantasmes sur la banquise, il est dans le palais, armé, il déclame :

" Que l'on soit artisan des galaxies de fontaines ou petit machiniste des carrières de lave, nous ne sommes que des chutes, des déserts qui s'exhibent pour que les fleurs nous remarquent. "

Le colosse déplaça sa masse cube pliant la taule des songes et créant dans l'horizon grisâtre des vagues superbes éclatant l'argent des cieux, des couloirs de mousse s'activèrent et piégèrent le libre-penseur, ses poumons blanchirent.

De surcroît, les entrailles océanes crachèrent des bouquets d'aquarius, d'aquacage, d'aquamorse, d'aquadanse et d'aqualys.

On fait la course ? T'as gagné jolie surfeuse, tu files déjà dans ma tête.

Ma soeur, le bilboquet est sur la touche dièse, l'étoffe se détache de ta paupière et je me vois fondre.