Chagrins palliatifs
Marion, voix rauque et sourire fendu, s'avança, dans l'augure bleue de la chambre 327 où les remous de la machine reliée au cou de sa belle-mère se faisaient déjà entendre, elle ne se souvint pas bien de cette nuit, de cette drôle d'atmosphère, de ces pas blancs disposés, du fait qu'elle ai due enfiler des gants, des souvenirs du choc, quand le pare-brise cassa, de la trajectoire malfaite du corps, du numéro qu'elle composa sans s'en rendre compte, celui du chauffagiste car elle l'avait appelé dans la matinée pour un problème tout con de chaleur, de sa réponse et de sa venue surréaliste, avec les secours, de ces braises d'humanité transportées en même temps que le brancard, mais c'est confus, elle ne roulait pas trop vite, il ne pleuvait pas, elle perdit quelques dents, et une phalange que trois secouristes furent chargé de retrouver à travers ce puzzle de brindilles et de morceaux de verres, cette amorce de champ ne sera plus jamais la même, les pompes s'activent, Marion a quitté la blouse pour un retour au costume civil, mais elle se sent encore plus faible que le jour de l'accident.

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