Réfléchissons et commandons nous une chaise électrique
Tenté par le lacunaire, je m'aperçu que ma verve politique avait quelque peu quittée les ondes tandis que mon naturalisme hydrophile avait pris une place prépondérante dans ma tranchée, je décide donc en ce soir solennel et divinement gelé de réparer ce moindre manque.
Homme.6milliards * conduisible à la mort pour pas un rond * regarde télé * décide se fait décider acheter produits de beauté * engendre tensions multiples * regarde cul des femmes et fleurs séchant en italique * lis revue pornographique avec lampe-torche * dénonce son prochain avec rigueur * appuie sur la pédale du camion transportant filles vers l'inconnu * trouble son opinion dans le verre d'une secrétaire de direction branchée lingerie * fonctionne au GPL * supporte le goût de l'eau de mer * sait décliner le verbe être sous toutes ses formes * sait incliner l'être sous toutes ses formes * ne nie pas sa haine des africains * dépose une gerbe sur la tombe de papi-mamie * dépose une gerbe au pied de l'escalier * rencontre un mannequin * mime une mort frôlée * acte le baiser * fait joujou avec le nucléaire * mange un plat de lasagnes en pensant à autre chose * descend les poubelles * vote à gauche et se sent propre * dégouline de sueurs après son jogging dominical * dérouille son môme parce que c'est vrai qu'il a une mine trop angélique pour être honnête et puis ça défoule * écrase un mégot contre sa paume pour jouer les durs * tangue de désir dans un coin paumé * aide un clochard à se relever et lui offre le logis pour plusieurs jours * urine * compte le nombre de fins différentes dans son vidéogame * couche la petite qui a attrapé froid * écarte la dentelle de la culotte de l'étudiante pour y passer sa langue * prépare un bon repas aux chandelles * court pour avoir le prochain métro * traverse l'univers pour la retrouver * transvase des produits chimiques aux compositions classées secrètes * n'a jamais cru au génocide arménien * est daltonien * préfère le lever au coucher * recharge en vitesse son arme avant l'assaillant * change d'identité et passe la douane * trempe son éclair au chocolat dans son café * écrit à la direction d'une grande chaîne généraliste que c'est honteux ce reportage * exécute froidement un condamné à mort d'une balle dans la tête * emmène ses enfants au super-marché * quitte le domicile conjugal plus tôt que prévu * sent ses poumons se remplir de cendres * fait sécher le linge de toute la famille dans le jardin avant qu'ils ne reviennent * s'éponge le visage * trépane un poète * écoute du Wagner * écoute du Wagner en torturant tranquillement * sodomise un enfant de choeur en lui promettant le paradis * s'offre le nouveau disque à la mode * déclare tout faire contre la famine * se met à l'abri financièrement grâce à un risque payant * a beaucoup de charme avec ses lunettes de soleil * serre les dents * crache du sang * promène son chien d'âme * réfléchit à un poème lumineux * philosophie sur la valeur des hommes de couleur * défonce la porte de l'appartement de l'amant par jalousie et sous l'honneur * fait la promo de son film à travers le monde et se plaint de répéter toujours la même chose mais que bon c'est le métier et qui si l'art l'art * tombe dans les pommes à la vue de son premier cadavre mais bon ça lui passera * roule dans l'herbe * chante une berceuse * corrige les fautes du deuxième contrôle de l'année * participe au phénomène du happy slapping * trouve très tendance cette matière * squatte les bancs sans intention particulière * veut nuire * trouve un billet et est pauvre * pleure au chevet de sa mère malade * revient au pays après un long voyage et constate que rien a changé * échappe à la peine capitale en se servant de ses relations * trébuche et tue accidentellement un nourrisson * révolutionne le genre * mécanise la mort * titube et s'avance et sait qu'il va lui demander sa main * baise sans protection et déteste les endives en salade * accompagne son italienne à son cours de théâtre * réalise que ce camaïeu ci est moins en accord que ce camaïeu là * fume une clope pendant sa pause * assassine un témoin gênant * éteint sa télé se touche * ronfle et s'étrangle dans la nuit pendant que dans la maison d'à côté une poignée de personnes un peu imbibées s'activent au rythme d'un jazz phénoménal * t'effleure à peine et tu ne me remarques pas * aime l'opéra * anime des colloques devant des paupières médusées * copie-colle la vie *
Au delà de ça Johnny se casse pour Gstaad et que je n'arrive pas à l'écrire et que ça soit merveilleux, au delà de ça Chirac le coeur noué exprime sa petite tristesse à ce sujet, au delà de ça tous les immigrés de France même ceux de nationalité française parlant bien le français et connaissant la France mieux que n'importe quel autre crooner belge sera toujours vu comme un immigré, sera toujours mal vu, mal perçu, va parler d'arabes, de noirs, de communautés et d'antisémitisme, va te joindre à ce grand bazar qui rime à rien, qui fait la fête au vide, va t'en écumer plateaux télé et autres débats radiophoniques ou tu parleras tu parles, c'est toujours bien les idées, action ! dis le action ! le mot est là dans nos bouches tout murmuré, action !
Gargarismant le shaman appelle à la nocturne finale.
Où sont les villas extraordinaires cognées par le soleil et les parfums chauds de la rive voisine ?
Où sont ses promesses classiques, d'amour et d'eau, de miracles et seins ?
Où sont les bonnes vieilles mémères aux hanches en plastique, regardant par-dessus le voile si la jeunesse n'y est pas ?
Où sont ses places mirifiques dorlotées par les sunlights, la stride des cigales et les tics des étoiles dans cette fourrure de nuit ?
Où sont les paradisiaques songes que tu me soufflais à l'oreille il y a de cela longtemps ?
Où sont les hameaux rouges où tu te couchais et où je te regardais avidement pour te peindre ?
Tandis qu'à pas si loin, à plusieurs déserts, on nous raconte, miroir faillible, cinquante-quatre morts aujourd'hui dans la capitale irakienne dans un attentat à la voiture piégée, attentat le plus meurtrier depuis la chute de Sadam Hussein( image de la place dévastés, de quelques brancards en cris, d'une grosse goutte écarlate séchant sur la terre jaune, image de la statue du dictateur déchu, des soldats américains lourdement armés). Et c'est tous les jours comme ça.
Nous sommes dans l'ère de l'esthétisme, il est beau de crier ça comme du tout fait du tout cuit du tout bon dans la bouche, du vilain Platon au séduisant Onfray, de la fraîcheur de la pierre à la désincarnation des circuits, que de chemins parcourus dans l'envie des optiques et des cerveaux.
Que me crève, que me crève les côtes saillantes des chiens fouinant dans ces carcasses qui scintillent, que me crève tes iris casse-gueules et la beauté du jour, que me crève les tarentules dans mes réminiscences absurdes qui ont toujours ces faux airs de toi, ces faux airs de toi de moi, que me crève la poésie que l'on mène au gibet, que me crève le romantisme tout terrain qui lui colle aux flancs, que me crève l'épuisement le désoeuvrement de mon oeuvre, que me crève le séjour des lettres sur des territoires qu'on ne devine plus, que me crève les livres et leurs prix, leurs prix éclatants, que me crève les livres faciles qui n'apprennent rien de nouveau à part flatter le lecteur qui se dit qu'il sait lire et qui pourra dire fièrement je l'ai lu, que me crève qu'on me dise ça, que me crève on doit voir à son air si un homme vous a lu ou pas, que me crève lentement l'anthologie des signes qui s'opère en milieu fermé, que me crève l'hermétique, que me crève la faïence de tes joues, que me crève cette imbécile mèche de cheveux que je me délecte à replacer sans cesse derrière tes oreilles, que me crève l'avenue des crucifiés et l'anesthésie générale, que me crève la rue et sa pacification qui veut dire abandon, que me crève la poésie.
La Poésie est dans la rue !
Elle est partout, dans l'after-shave de la rosée hebdomadaire, dans le cancan des gens dans les transports en commun, dans l'obélisque livide qui tire un trait sur Washington, dans ce petit bout mortifié qui tient entre mes mains quand je t'imagine en train, dans l'automne décadent qui mordore les révoltes, dans le plané du vautour au-dessus de l'autoroute, dans les veines effacées des amants suicidaires, dans les déraillements du silence, dans l'accalmie des soutanes de l'azur, dans le contre-plaqué des chimères, dans la congélation des mômes, dans l'empourprement sibyllin de l'écume sous ces couloirs de roses, dans le déracinement des fauves qui s'empare du néant, dans les paradoxes brûlants qui sensibilisent corniches de la marée chaussée, dans la merde dans l'absurde.
Masques à gaz ! Chaînes aux cous et matricules aux talons ! On zyklon B !
Homme.6milliards * conduisible à la mort pour pas un rond * regarde télé * décide se fait décider acheter produits de beauté * engendre tensions multiples * regarde cul des femmes et fleurs séchant en italique * lis revue pornographique avec lampe-torche * dénonce son prochain avec rigueur * appuie sur la pédale du camion transportant filles vers l'inconnu * trouble son opinion dans le verre d'une secrétaire de direction branchée lingerie * fonctionne au GPL * supporte le goût de l'eau de mer * sait décliner le verbe être sous toutes ses formes * sait incliner l'être sous toutes ses formes * ne nie pas sa haine des africains * dépose une gerbe sur la tombe de papi-mamie * dépose une gerbe au pied de l'escalier * rencontre un mannequin * mime une mort frôlée * acte le baiser * fait joujou avec le nucléaire * mange un plat de lasagnes en pensant à autre chose * descend les poubelles * vote à gauche et se sent propre * dégouline de sueurs après son jogging dominical * dérouille son môme parce que c'est vrai qu'il a une mine trop angélique pour être honnête et puis ça défoule * écrase un mégot contre sa paume pour jouer les durs * tangue de désir dans un coin paumé * aide un clochard à se relever et lui offre le logis pour plusieurs jours * urine * compte le nombre de fins différentes dans son vidéogame * couche la petite qui a attrapé froid * écarte la dentelle de la culotte de l'étudiante pour y passer sa langue * prépare un bon repas aux chandelles * court pour avoir le prochain métro * traverse l'univers pour la retrouver * transvase des produits chimiques aux compositions classées secrètes * n'a jamais cru au génocide arménien * est daltonien * préfère le lever au coucher * recharge en vitesse son arme avant l'assaillant * change d'identité et passe la douane * trempe son éclair au chocolat dans son café * écrit à la direction d'une grande chaîne généraliste que c'est honteux ce reportage * exécute froidement un condamné à mort d'une balle dans la tête * emmène ses enfants au super-marché * quitte le domicile conjugal plus tôt que prévu * sent ses poumons se remplir de cendres * fait sécher le linge de toute la famille dans le jardin avant qu'ils ne reviennent * s'éponge le visage * trépane un poète * écoute du Wagner * écoute du Wagner en torturant tranquillement * sodomise un enfant de choeur en lui promettant le paradis * s'offre le nouveau disque à la mode * déclare tout faire contre la famine * se met à l'abri financièrement grâce à un risque payant * a beaucoup de charme avec ses lunettes de soleil * serre les dents * crache du sang * promène son chien d'âme * réfléchit à un poème lumineux * philosophie sur la valeur des hommes de couleur * défonce la porte de l'appartement de l'amant par jalousie et sous l'honneur * fait la promo de son film à travers le monde et se plaint de répéter toujours la même chose mais que bon c'est le métier et qui si l'art l'art * tombe dans les pommes à la vue de son premier cadavre mais bon ça lui passera * roule dans l'herbe * chante une berceuse * corrige les fautes du deuxième contrôle de l'année * participe au phénomène du happy slapping * trouve très tendance cette matière * squatte les bancs sans intention particulière * veut nuire * trouve un billet et est pauvre * pleure au chevet de sa mère malade * revient au pays après un long voyage et constate que rien a changé * échappe à la peine capitale en se servant de ses relations * trébuche et tue accidentellement un nourrisson * révolutionne le genre * mécanise la mort * titube et s'avance et sait qu'il va lui demander sa main * baise sans protection et déteste les endives en salade * accompagne son italienne à son cours de théâtre * réalise que ce camaïeu ci est moins en accord que ce camaïeu là * fume une clope pendant sa pause * assassine un témoin gênant * éteint sa télé se touche * ronfle et s'étrangle dans la nuit pendant que dans la maison d'à côté une poignée de personnes un peu imbibées s'activent au rythme d'un jazz phénoménal * t'effleure à peine et tu ne me remarques pas * aime l'opéra * anime des colloques devant des paupières médusées * copie-colle la vie *
Au delà de ça Johnny se casse pour Gstaad et que je n'arrive pas à l'écrire et que ça soit merveilleux, au delà de ça Chirac le coeur noué exprime sa petite tristesse à ce sujet, au delà de ça tous les immigrés de France même ceux de nationalité française parlant bien le français et connaissant la France mieux que n'importe quel autre crooner belge sera toujours vu comme un immigré, sera toujours mal vu, mal perçu, va parler d'arabes, de noirs, de communautés et d'antisémitisme, va te joindre à ce grand bazar qui rime à rien, qui fait la fête au vide, va t'en écumer plateaux télé et autres débats radiophoniques ou tu parleras tu parles, c'est toujours bien les idées, action ! dis le action ! le mot est là dans nos bouches tout murmuré, action !
Gargarismant le shaman appelle à la nocturne finale.
Où sont les villas extraordinaires cognées par le soleil et les parfums chauds de la rive voisine ?
Où sont ses promesses classiques, d'amour et d'eau, de miracles et seins ?
Où sont les bonnes vieilles mémères aux hanches en plastique, regardant par-dessus le voile si la jeunesse n'y est pas ?
Où sont ses places mirifiques dorlotées par les sunlights, la stride des cigales et les tics des étoiles dans cette fourrure de nuit ?
Où sont les paradisiaques songes que tu me soufflais à l'oreille il y a de cela longtemps ?
Où sont les hameaux rouges où tu te couchais et où je te regardais avidement pour te peindre ?
Tandis qu'à pas si loin, à plusieurs déserts, on nous raconte, miroir faillible, cinquante-quatre morts aujourd'hui dans la capitale irakienne dans un attentat à la voiture piégée, attentat le plus meurtrier depuis la chute de Sadam Hussein( image de la place dévastés, de quelques brancards en cris, d'une grosse goutte écarlate séchant sur la terre jaune, image de la statue du dictateur déchu, des soldats américains lourdement armés). Et c'est tous les jours comme ça.
Nous sommes dans l'ère de l'esthétisme, il est beau de crier ça comme du tout fait du tout cuit du tout bon dans la bouche, du vilain Platon au séduisant Onfray, de la fraîcheur de la pierre à la désincarnation des circuits, que de chemins parcourus dans l'envie des optiques et des cerveaux.
Que me crève, que me crève les côtes saillantes des chiens fouinant dans ces carcasses qui scintillent, que me crève tes iris casse-gueules et la beauté du jour, que me crève les tarentules dans mes réminiscences absurdes qui ont toujours ces faux airs de toi, ces faux airs de toi de moi, que me crève la poésie que l'on mène au gibet, que me crève le romantisme tout terrain qui lui colle aux flancs, que me crève l'épuisement le désoeuvrement de mon oeuvre, que me crève le séjour des lettres sur des territoires qu'on ne devine plus, que me crève les livres et leurs prix, leurs prix éclatants, que me crève les livres faciles qui n'apprennent rien de nouveau à part flatter le lecteur qui se dit qu'il sait lire et qui pourra dire fièrement je l'ai lu, que me crève qu'on me dise ça, que me crève on doit voir à son air si un homme vous a lu ou pas, que me crève lentement l'anthologie des signes qui s'opère en milieu fermé, que me crève l'hermétique, que me crève la faïence de tes joues, que me crève cette imbécile mèche de cheveux que je me délecte à replacer sans cesse derrière tes oreilles, que me crève l'avenue des crucifiés et l'anesthésie générale, que me crève la rue et sa pacification qui veut dire abandon, que me crève la poésie.
La Poésie est dans la rue !
Elle est partout, dans l'after-shave de la rosée hebdomadaire, dans le cancan des gens dans les transports en commun, dans l'obélisque livide qui tire un trait sur Washington, dans ce petit bout mortifié qui tient entre mes mains quand je t'imagine en train, dans l'automne décadent qui mordore les révoltes, dans le plané du vautour au-dessus de l'autoroute, dans les veines effacées des amants suicidaires, dans les déraillements du silence, dans l'accalmie des soutanes de l'azur, dans le contre-plaqué des chimères, dans la congélation des mômes, dans l'empourprement sibyllin de l'écume sous ces couloirs de roses, dans le déracinement des fauves qui s'empare du néant, dans les paradoxes brûlants qui sensibilisent corniches de la marée chaussée, dans la merde dans l'absurde.
Masques à gaz ! Chaînes aux cous et matricules aux talons ! On zyklon B !

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