Je me souviens avoir entendu les chiens
Le récit d'un jour où j'ai mouru pour mieux faire parler ma pensée
Dans l'amnésie
Le couloir était blanchâtre saupoudré de bleu.
C'était vraiment la fièvre, le front brûlant, la barre blanche dans le crâne, décidément, les claquements de mâchoire, les tremblements de froid, disparu, je n'étais pas malheureux, il y a de l'avancement.
Dernière petite précision : Quand vint l'écriture, je n'étais pas encore sorti de ma tourbe à l'accent russe.
Ce qui explique digressions, comparaisons douteuses et autres oublis de mots de liaisons, pas besoin de lier je laisse nager le coeur.
Je pense à toi dans un moment bizarre. Explications dans la minute. Je me revois dans ce bel appartement au second étage complètement cramé, cherchant dans les plis du matelas gonflable quelques esprits, à la place je fais trois petites mares de gerbe. Pas de la gerbe de fleurs, non de la gerbe qui schlingue chérie, de la gerbe qui colle aux cheveux, de la bonne gerbe grumeuse, je crois dans ma gerbe il y avait une petit arrière goût de paprika. Il est important de noter ici que la paprika est une épice utilisée le plus souvent dans la cuisine hongroise, et c'est étonnant parce que le nom est exotique alors que la destination est toute autre, non pas que la Hongrie ne soit pas un pays exotique, ils ont fait de très bons pornos dans les années 90, oui pour moi la vraie beauté d'une nation réside dans la qualité de son cinéma cochon. Elle est célibataire, elle est célibataire parce qu'elle n'aime pas l'idée des queux raides dansants dans son abdomen et je pense qu'elle pense à chaque nouveau mec qu'elle croise "Il va me jouir dedans il va me jouir dedans". Je ne sais pas vraiment de qui je parle mais je parle. L'après-midi avant le délire je l'ai passé dans le passé avec un type un polonais comme prévu j'ai posé roots je me suis marré et j'ai appris la respiration ventrale. Le copain de Pauline a des pieds horribles et il se sert d'une lime pour en enlever la corne. Le barbu barré leur manque tous, à moi aussi. Choc de sudation, cet halo humide que je laissa sur la chauffeuse. Si vous aviez vu belle enfant, mes yeux doux dingues devant le miroir, ces yeux d'une glace transcendante, mes cils dépareillés incurvés comme une mairie morte, si vous aviez vu ça vous auriez craqué. Moi-même si j'avais été là j'aurais eu l'envie direct de me faire, là dans la salle de bains à quatre pattes baisant dur, mais j'étais trop occupé dans ma gerberie. Je t'aime d'un amour foutraque gros con. Caroline m'a dit alors que j'étais assis sur une chaise avec un seau jaune dans les mains que c'était marrant parce que parfois je reprenais des couleurs et parfois non. Je reprendrais bien des couleurs. Caroline n'a pas les cheveux noirs non, elle a des cheveux obscurs mais pas noirs, ils sont beaux et coiffés d'une manière étonnante, sidérante d'esthétisme, la description qui va suivre ne dit pas tout sur ça mais je pense qu'on s'en approche. Des cheveux comme les nuages dans le dessin animé Hercule. J'ai beaucoup aimé la regarder, car en plus de ses merveilles capillaires, elle avait des yeux bleus je crois, des soucoupes d'un bleu indétectable, et son visage que dire si ce n'est qu'il était hors de l'ordinaire, un petit visage fou. Les empruntes étaient en fait des figures.
Je préviens, c'est à dire que je viens avant, le reste du texte est du même acabit, j'écris dans la fièvre, c'est décousu comme la chemise du ciel les jours d'orage. De quoi j'ai l'air ? Comme tous les grands criminels de quelqu'un d'ordinaire. De quoi j'ai l'eau ?
J'ai dormi dans les toilettes( 20minutes...1heure) et on m'a fait une soufflette.
Un sac plastique me fait de l'oeil dans un arbre à branches d'ampoules.
C'est en marchant, écharpe aux cordes vocales et fermeture éclair de veste remontée jusqu'en haut que j'ai pensé, j'ai pensé un peu à ce que j'avais déjà pensé avant, que ce gouffre funéraire où m'avait plongé la surconsommation d'alcool( vodka pure + gobelet plastique ), que ce paradis, muet trou noir devrait être retrouvable dans des chemins moins distillés, dans un travail sur l'âme on se désinhiberait. On recevrait des smacks crades qu'on ressent à peine tout le temps.
Putain d'agonie !
J'ai fait ça, j'ai failli l'envoyer, sms imaginaire destiné à l'Os mais je ne l'ai pas envoyé car cette expression méritait à mon goût une exposition plus ample. Dans les ambages cristallins tu trembles, trempant ta main dans un baril de poudre. Les gens vont dire : "Mais tu nous fais quoi là ? C'est quoi tu racontes ta vie, on comprend rien, et tu commences à écrire un peu trop cru." Je dirais oui mais ainsi va le langage et rien ne me dit que c'est ma vie, c'est peut-être simplement la vie que je tente. Ça serait un bon titre d'émission ça : "Tenter la vie". En vérité je suis peut-être un névropathe castré, je suis peut-être un spectre de fantassin. Ce qui me plaît dans les mots c'est qu'ils n'ont pas d'apparence mon ange, ils glissent et voilà ils disent pas la peau dévorée par l'acné, le charme globuleux et désincarné de mes paumes, ils disent pas si je m'habille bien ou mal, si j'ai un style ou si je n'en ai pas. Oui j'ai un style d'apache. Ils ne disent pas à quoi je ressemble ou si je suis dans l'air du temps. Vous pouvez venir mais attention je pue le vomi la sueur et les brûlures de cigarette. Il avait toujours de ces façons de parler, de faire le magnifique. Mais voyez c'est le langage qui fait tout, qui fait qu'on s'intéresse, qu'on se narcissise car c'est bien beau mais le fait d'aimer l'art est simplement le fait de s'aimer dans d'autres lois. Je suis trop parti pour creuser ce point de vue et puis je préfère lâcher ces cascades de perles comme ça sur les dents. Je ne suis pas venu pour réanimer la querelle sur faut il écrire "classique" ou quelque chose de "moderne" qui ressemblerait à comme on parle. On écrit comme on parle depuis le début, s'il y avait des épopées, c'est qu'on parlait Dieu et périples marins, aujourd'hui on a des palais de chattes, des scléroses, du beurre mou, des disques compacts et une paire de shoes. C'est l'évolution et elle ne garde pas des :
"Sous les violentes contractions de ma vésicule biliaire, remontaient les flots acres de ma fureur."
Tu me garderas un litre d'essence pour que je brûle toutes ces délations. C'est en marchant aussi que j'ai croisé un chinois j'ai souri et lui aussi, j'ai souri parce que pendant que je comatais comme un chaton sur le dos, il est apparemment venu un chinois un vrai de Chine, qui capte presque que dalle à la langue du misanthrope, il répond au doux nom de Chu, à la crème non parce qu'il faut le prononcer Chu comme chuchoter la chute, sans doute est-ce un ami des hôpitaux, et dans mon sourire je me suis dit qu'au final on ne faisait que se croiser dans une espèce de grande fête, tous un peu la pupille prête à briller. Ils ont fait tourner leurs voix grâce à l'air sec, l'air sec c'est un truc qui sert à la base à nettoyer le matériel informatique mais qui trouve sa terminaison la plus triviale dans les gorges jeunes, ce qui donne un ton de ténor et qui fait froid aux pieds et tourner la tête alouette. C'était prévisible qu'Ana soit avec un mec, encore plus prévisible qu'il ressemble à Clark Kent, qu'il fasse du basket et qu'il soit connard, il est pas connard pour déconner il est connard pour de con, en réalité il est pas si connard mais c'est tellement simple de créer les ordures, toujours est il qu'entre deux gargouillements extra-terrestres je m'aperçus qu'elle était belle vraiment, comme une reine égyptienne, plus belle même que Kate Winslet.
On m'a dit récemment que Kate Winslet était superbe au téléphone, on me l'a dit au téléphone je ne veux pas dire que Kate Winslet a plus de charisme quand elle est au bout du fil, quoi que, moi je trouve qu'elle s'est un peu empâtée, un peu comme le vieux Jérusalem ou un morceau de cheddar. Positivement parlant, je garde néanmoins un souvenir très ému de cette même actrice, souvenir sublime, souvenir de son corps nu rose bien en chair, dans ce canapé elle se faisait peindre par Léonardo, elle avait autour d'elle le putain de gros diamant qu'elle fout à la flotte à la fin par pur métaphorisme atroce. Et bien là elle était belle, troublante de beauté je te jure, même si c'est mal filmé c'était quand même une sacrée oeuvre d'art que sa nudité spotlightée.
Comment peux tu chanter aujourd'hui ? Avec ta voix de pré pubères irradiés, avec ta voix de fillette au napalm sur la plage, avec ta voix millions de nègres séropositifs, avec ta voix d'enfants d'immigrés qu'on fout dans les transformateurs, avec ta voix d'athlètes israéliens exécutés en Bavière, avec ta voix de série télé américaine de seconde partie de soirée qui glisse en première partie de soirée.
Comment peux tu chanter aujourd'hui ? Avec ta voix de condamnés amers.
J'y ai été en le savant que je ne poserais pas mon lombric entre ses jolies cuisses.
Anachronisme, c'est sa période. Au cours d'un de mes courts moments d'éveil c'était magique, car j'ai été réveillé en vérité par la voix de mon maître, elle a chantonné " La Terre est bleue comme une orange " peut-être qu'elle savait pas que c'était d'André, que derrière elle y'avait le beau foutoir du surréalisme, que derrière elle la phrase y'avait tout ce qui me flanque du baume aux artères depuis trois ans. J'aime la vision artérielle de...la suite a été perdu sous une avalanche éthylique. Peut-être qu'elle ne savait pas comme elle ne savait pas ce qu'était la Nouvelle Vague, la situant vers 1920, t'es craquante mais un peu gourde, on est la jeunesse et j'observe, la plupart d'entre eux sont là sans savoir pourquoi, juste par un vague désir, ils ne savent pas ce qu'ils feront plus tard et passent leurs nuits à boire, à s'abrutir doucement et je pense que c'est bien mieux ainsi, que si l'alcool est là c'est pour être bu. J'ai du mal à éclore, le thema sur Kafka nous propose un documentaire qui changerait en suicidaire n'importe quel type qui se pose trop près devant l'écran. Boire beaucoup. Une heure que je suis là à écrire, j'ai passé vingt-quatre heures à cogiter ça comme toujours, à trouver les tournures, à évacuer le bon sentiment pour retranscrire le spleen original de ma défonce, parce que je suis défoncé d'obsessions, obsessions des formes, va passer un week-end avec moi tu verras mes rides apparaître, mes rides qui réfléchissent, le pire c'est quand je dois me souvenir je n'ai pas de papier sous la main ni rien ou alors je suis trop mort pour pisser l'encre et je dois me souvenir de chaque petite chose, chaque petit terme se bousculant dans ma cafetière bouillante, je te jure que dans ces moments là
La vie c'est du boulot
C'est que ça prend du temps de faire chialer les mots ! Faut faire pleurer à la fois les consonnes et les voyelles sans pour autant que ça sonne sitcom, c'est massacrant comme une femme que t'as trahi. Il était malade Franz, il a passé de longs séjours dans des bains(sanatoriums). Le polonais aime les gros seins de la polygone, ses gros seins rouges. Titubant dans les quartiers, je suis arrivé jusqu'à la gare en moins de temps qu'il n'en faut pour dire " Je ne suis pas encore un boeuf carotte ", ai-je raconté que dans la somme on change les habits des statues, ai-je parlé du Chopin romantique qui ne boit pas mais doit se délecter sûrement par vice de voir les gens sombrer, une grande gare que celle là !
On y croise de ces gueules cassées que Verdun n'aurait pas maudites, et vu qu'on est tous un peu cinglé, on croise ce prof de maths déconnecté, qui aurait selon la rumeur perdu sa femme et son fils et aussi sa santé mentale et qui malgré tout continue d'exercer tranquillement l'art des nombres, ce prof avait sa tête décalquée, ses marques lourdes plongées dans sa capuche beige, il parlait tout seul et je le regardais et je me suis dit que c'était magistralement absurde, un peu comme ce truc, que je ne savais pas si c'était lui qui me suivait ou si c'était moi qui le suivait en essayant de fuir la trajectoire qu'il incarne, trajectoire, diagonale des fous qui n'ont pas la démence de se mettre à créer. Invisibles ses paupières, ses lèvres lippues, sa bave, il était snobinard, pas vraiment qu'il soit de fait snobinard juste que c'est un mot qu'on utilise que très rarement et que j'adore enrichir mon vocabulaire de ce genre de syntagme. Il était snobinard et j'étais à la gare. Après avoir réussi à composter mon billet avec douleur, je mettrais ça sur le fait que le billet était un peu plié et non que je l'étais, je suis descendu sur le quai par un escalier bordé de deux mains courantes rouges un peu comme dans les stades de football que j'imagine en Angleterre. Il a été dit le lendemain qu'alors que ma conscience avait filé, j'avais rappé j'ai rappé moi scarabée misérable aux pattes recroquevillées j'ai rappé, j'ai rimé, j'ai freestylé, j'ai fait slamdunké comme un malade les rimes contre ma bouche terrassée. Diable s'il pouvait y avoir un enregistrement quelconque je pourrais voir mon âme en dolby surrond et savoir de quoi elle parle. Elle fait juste un peu plus vieille oui parce que ça virevolte, j'ai vu la tour s'illuminer et les fenêtres se peindre en blanc, un feu devait crépiter au coin sur la corniche car on voyait distinctement ses flammes rebondir contre la paroi, elle est jolie, elle fait un peu autoritaire mais jolie, belle, tentante, elle est nada d'autre qu'une nouvelle passante comme on en oublie tous les jours, le documentaire se termine sur une vue du cimetière aux tombes de biscuits, elle a l'air intelligente et un peu coincée, c'est une poétesse, une vraie poétesse, une naturaliste, une naturaliste ambigu qui conte des histoires de biches qui se caressent dans les herbes fauves, car il faut savoir que la biche est le seul animal avec l'homme à avoir la capacité de se procurer du plaisir elle-même, la biche peut se masturber, peut se trifouiller la feuille, la biche peut se branler jusqu'à l'extase et ça c'est à savoir même si véridiquement son geste diffère.
Elle sera ça ou plutôt, une naturaliste stricte, qui écrit " Les rais de lumière traversaient les sous-bois ", une poétesse chiante, chiante comme la danse moderne, chiante comme les natures mortes, chiante comme les écrivains allemands, chiante comme les films de Warhol, chiante comme le vrai sens des choses, chiante comme la solitude, elle serait comme ça ma poétesse, elle écrirait magnifiquement.
Dans cette région il y a une gare, qui est en fait une usine où vivent des nuées de transpalettes. On cherche ce qui nous interloque dans les asiles interlopes. Retenir que mon subconscient libéré m'a fait rappeur, cracheur de syllabes, momie éructant en paroles sonnantes et trébuchantes. Ce qui veut dire que mon esprit a toujours son mot à dire.
C'est lui, j'ai reconnu sa chaussure noire qu'il conduit toujours. Les feux rouges disproportionnés attendaient la suie. Et c'est au volant d'une Ford Taurus gris métallisé que mon père m'a ramené, faisant rugir un moteur d'ULM. Et j'ai écrit comme prévu, le désenchanté des traces de roues dans la neige, ces parallèles et à vrai dire les tulipes bêlent et c'est comme elles disent : Je suis drôle.
Court la musique d'Albinoni. Aspirine, je suis amoureux des "line" et des "a"...Poussière
J'avais oublié que j'étais tout nu en-dessous, ça sent le charter
Une autopsie chez les animaux est une nécropsie
Il fallait l'inventer ça, une nana fan de Stallone.
Dans l'amnésie
Le couloir était blanchâtre saupoudré de bleu.
C'était vraiment la fièvre, le front brûlant, la barre blanche dans le crâne, décidément, les claquements de mâchoire, les tremblements de froid, disparu, je n'étais pas malheureux, il y a de l'avancement.
Dernière petite précision : Quand vint l'écriture, je n'étais pas encore sorti de ma tourbe à l'accent russe.
Ce qui explique digressions, comparaisons douteuses et autres oublis de mots de liaisons, pas besoin de lier je laisse nager le coeur.
Je pense à toi dans un moment bizarre. Explications dans la minute. Je me revois dans ce bel appartement au second étage complètement cramé, cherchant dans les plis du matelas gonflable quelques esprits, à la place je fais trois petites mares de gerbe. Pas de la gerbe de fleurs, non de la gerbe qui schlingue chérie, de la gerbe qui colle aux cheveux, de la bonne gerbe grumeuse, je crois dans ma gerbe il y avait une petit arrière goût de paprika. Il est important de noter ici que la paprika est une épice utilisée le plus souvent dans la cuisine hongroise, et c'est étonnant parce que le nom est exotique alors que la destination est toute autre, non pas que la Hongrie ne soit pas un pays exotique, ils ont fait de très bons pornos dans les années 90, oui pour moi la vraie beauté d'une nation réside dans la qualité de son cinéma cochon. Elle est célibataire, elle est célibataire parce qu'elle n'aime pas l'idée des queux raides dansants dans son abdomen et je pense qu'elle pense à chaque nouveau mec qu'elle croise "Il va me jouir dedans il va me jouir dedans". Je ne sais pas vraiment de qui je parle mais je parle. L'après-midi avant le délire je l'ai passé dans le passé avec un type un polonais comme prévu j'ai posé roots je me suis marré et j'ai appris la respiration ventrale. Le copain de Pauline a des pieds horribles et il se sert d'une lime pour en enlever la corne. Le barbu barré leur manque tous, à moi aussi. Choc de sudation, cet halo humide que je laissa sur la chauffeuse. Si vous aviez vu belle enfant, mes yeux doux dingues devant le miroir, ces yeux d'une glace transcendante, mes cils dépareillés incurvés comme une mairie morte, si vous aviez vu ça vous auriez craqué. Moi-même si j'avais été là j'aurais eu l'envie direct de me faire, là dans la salle de bains à quatre pattes baisant dur, mais j'étais trop occupé dans ma gerberie. Je t'aime d'un amour foutraque gros con. Caroline m'a dit alors que j'étais assis sur une chaise avec un seau jaune dans les mains que c'était marrant parce que parfois je reprenais des couleurs et parfois non. Je reprendrais bien des couleurs. Caroline n'a pas les cheveux noirs non, elle a des cheveux obscurs mais pas noirs, ils sont beaux et coiffés d'une manière étonnante, sidérante d'esthétisme, la description qui va suivre ne dit pas tout sur ça mais je pense qu'on s'en approche. Des cheveux comme les nuages dans le dessin animé Hercule. J'ai beaucoup aimé la regarder, car en plus de ses merveilles capillaires, elle avait des yeux bleus je crois, des soucoupes d'un bleu indétectable, et son visage que dire si ce n'est qu'il était hors de l'ordinaire, un petit visage fou. Les empruntes étaient en fait des figures.
Je préviens, c'est à dire que je viens avant, le reste du texte est du même acabit, j'écris dans la fièvre, c'est décousu comme la chemise du ciel les jours d'orage. De quoi j'ai l'air ? Comme tous les grands criminels de quelqu'un d'ordinaire. De quoi j'ai l'eau ?
J'ai dormi dans les toilettes( 20minutes...1heure) et on m'a fait une soufflette.
Un sac plastique me fait de l'oeil dans un arbre à branches d'ampoules.
C'est en marchant, écharpe aux cordes vocales et fermeture éclair de veste remontée jusqu'en haut que j'ai pensé, j'ai pensé un peu à ce que j'avais déjà pensé avant, que ce gouffre funéraire où m'avait plongé la surconsommation d'alcool( vodka pure + gobelet plastique ), que ce paradis, muet trou noir devrait être retrouvable dans des chemins moins distillés, dans un travail sur l'âme on se désinhiberait. On recevrait des smacks crades qu'on ressent à peine tout le temps.
Putain d'agonie !
J'ai fait ça, j'ai failli l'envoyer, sms imaginaire destiné à l'Os mais je ne l'ai pas envoyé car cette expression méritait à mon goût une exposition plus ample. Dans les ambages cristallins tu trembles, trempant ta main dans un baril de poudre. Les gens vont dire : "Mais tu nous fais quoi là ? C'est quoi tu racontes ta vie, on comprend rien, et tu commences à écrire un peu trop cru." Je dirais oui mais ainsi va le langage et rien ne me dit que c'est ma vie, c'est peut-être simplement la vie que je tente. Ça serait un bon titre d'émission ça : "Tenter la vie". En vérité je suis peut-être un névropathe castré, je suis peut-être un spectre de fantassin. Ce qui me plaît dans les mots c'est qu'ils n'ont pas d'apparence mon ange, ils glissent et voilà ils disent pas la peau dévorée par l'acné, le charme globuleux et désincarné de mes paumes, ils disent pas si je m'habille bien ou mal, si j'ai un style ou si je n'en ai pas. Oui j'ai un style d'apache. Ils ne disent pas à quoi je ressemble ou si je suis dans l'air du temps. Vous pouvez venir mais attention je pue le vomi la sueur et les brûlures de cigarette. Il avait toujours de ces façons de parler, de faire le magnifique. Mais voyez c'est le langage qui fait tout, qui fait qu'on s'intéresse, qu'on se narcissise car c'est bien beau mais le fait d'aimer l'art est simplement le fait de s'aimer dans d'autres lois. Je suis trop parti pour creuser ce point de vue et puis je préfère lâcher ces cascades de perles comme ça sur les dents. Je ne suis pas venu pour réanimer la querelle sur faut il écrire "classique" ou quelque chose de "moderne" qui ressemblerait à comme on parle. On écrit comme on parle depuis le début, s'il y avait des épopées, c'est qu'on parlait Dieu et périples marins, aujourd'hui on a des palais de chattes, des scléroses, du beurre mou, des disques compacts et une paire de shoes. C'est l'évolution et elle ne garde pas des :
"Sous les violentes contractions de ma vésicule biliaire, remontaient les flots acres de ma fureur."
Tu me garderas un litre d'essence pour que je brûle toutes ces délations. C'est en marchant aussi que j'ai croisé un chinois j'ai souri et lui aussi, j'ai souri parce que pendant que je comatais comme un chaton sur le dos, il est apparemment venu un chinois un vrai de Chine, qui capte presque que dalle à la langue du misanthrope, il répond au doux nom de Chu, à la crème non parce qu'il faut le prononcer Chu comme chuchoter la chute, sans doute est-ce un ami des hôpitaux, et dans mon sourire je me suis dit qu'au final on ne faisait que se croiser dans une espèce de grande fête, tous un peu la pupille prête à briller. Ils ont fait tourner leurs voix grâce à l'air sec, l'air sec c'est un truc qui sert à la base à nettoyer le matériel informatique mais qui trouve sa terminaison la plus triviale dans les gorges jeunes, ce qui donne un ton de ténor et qui fait froid aux pieds et tourner la tête alouette. C'était prévisible qu'Ana soit avec un mec, encore plus prévisible qu'il ressemble à Clark Kent, qu'il fasse du basket et qu'il soit connard, il est pas connard pour déconner il est connard pour de con, en réalité il est pas si connard mais c'est tellement simple de créer les ordures, toujours est il qu'entre deux gargouillements extra-terrestres je m'aperçus qu'elle était belle vraiment, comme une reine égyptienne, plus belle même que Kate Winslet.
On m'a dit récemment que Kate Winslet était superbe au téléphone, on me l'a dit au téléphone je ne veux pas dire que Kate Winslet a plus de charisme quand elle est au bout du fil, quoi que, moi je trouve qu'elle s'est un peu empâtée, un peu comme le vieux Jérusalem ou un morceau de cheddar. Positivement parlant, je garde néanmoins un souvenir très ému de cette même actrice, souvenir sublime, souvenir de son corps nu rose bien en chair, dans ce canapé elle se faisait peindre par Léonardo, elle avait autour d'elle le putain de gros diamant qu'elle fout à la flotte à la fin par pur métaphorisme atroce. Et bien là elle était belle, troublante de beauté je te jure, même si c'est mal filmé c'était quand même une sacrée oeuvre d'art que sa nudité spotlightée.
Comment peux tu chanter aujourd'hui ? Avec ta voix de pré pubères irradiés, avec ta voix de fillette au napalm sur la plage, avec ta voix millions de nègres séropositifs, avec ta voix d'enfants d'immigrés qu'on fout dans les transformateurs, avec ta voix d'athlètes israéliens exécutés en Bavière, avec ta voix de série télé américaine de seconde partie de soirée qui glisse en première partie de soirée.
Comment peux tu chanter aujourd'hui ? Avec ta voix de condamnés amers.
J'y ai été en le savant que je ne poserais pas mon lombric entre ses jolies cuisses.
Anachronisme, c'est sa période. Au cours d'un de mes courts moments d'éveil c'était magique, car j'ai été réveillé en vérité par la voix de mon maître, elle a chantonné " La Terre est bleue comme une orange " peut-être qu'elle savait pas que c'était d'André, que derrière elle y'avait le beau foutoir du surréalisme, que derrière elle la phrase y'avait tout ce qui me flanque du baume aux artères depuis trois ans. J'aime la vision artérielle de...la suite a été perdu sous une avalanche éthylique. Peut-être qu'elle ne savait pas comme elle ne savait pas ce qu'était la Nouvelle Vague, la situant vers 1920, t'es craquante mais un peu gourde, on est la jeunesse et j'observe, la plupart d'entre eux sont là sans savoir pourquoi, juste par un vague désir, ils ne savent pas ce qu'ils feront plus tard et passent leurs nuits à boire, à s'abrutir doucement et je pense que c'est bien mieux ainsi, que si l'alcool est là c'est pour être bu. J'ai du mal à éclore, le thema sur Kafka nous propose un documentaire qui changerait en suicidaire n'importe quel type qui se pose trop près devant l'écran. Boire beaucoup. Une heure que je suis là à écrire, j'ai passé vingt-quatre heures à cogiter ça comme toujours, à trouver les tournures, à évacuer le bon sentiment pour retranscrire le spleen original de ma défonce, parce que je suis défoncé d'obsessions, obsessions des formes, va passer un week-end avec moi tu verras mes rides apparaître, mes rides qui réfléchissent, le pire c'est quand je dois me souvenir je n'ai pas de papier sous la main ni rien ou alors je suis trop mort pour pisser l'encre et je dois me souvenir de chaque petite chose, chaque petit terme se bousculant dans ma cafetière bouillante, je te jure que dans ces moments là
La vie c'est du boulot
C'est que ça prend du temps de faire chialer les mots ! Faut faire pleurer à la fois les consonnes et les voyelles sans pour autant que ça sonne sitcom, c'est massacrant comme une femme que t'as trahi. Il était malade Franz, il a passé de longs séjours dans des bains(sanatoriums). Le polonais aime les gros seins de la polygone, ses gros seins rouges. Titubant dans les quartiers, je suis arrivé jusqu'à la gare en moins de temps qu'il n'en faut pour dire " Je ne suis pas encore un boeuf carotte ", ai-je raconté que dans la somme on change les habits des statues, ai-je parlé du Chopin romantique qui ne boit pas mais doit se délecter sûrement par vice de voir les gens sombrer, une grande gare que celle là !
On y croise de ces gueules cassées que Verdun n'aurait pas maudites, et vu qu'on est tous un peu cinglé, on croise ce prof de maths déconnecté, qui aurait selon la rumeur perdu sa femme et son fils et aussi sa santé mentale et qui malgré tout continue d'exercer tranquillement l'art des nombres, ce prof avait sa tête décalquée, ses marques lourdes plongées dans sa capuche beige, il parlait tout seul et je le regardais et je me suis dit que c'était magistralement absurde, un peu comme ce truc, que je ne savais pas si c'était lui qui me suivait ou si c'était moi qui le suivait en essayant de fuir la trajectoire qu'il incarne, trajectoire, diagonale des fous qui n'ont pas la démence de se mettre à créer. Invisibles ses paupières, ses lèvres lippues, sa bave, il était snobinard, pas vraiment qu'il soit de fait snobinard juste que c'est un mot qu'on utilise que très rarement et que j'adore enrichir mon vocabulaire de ce genre de syntagme. Il était snobinard et j'étais à la gare. Après avoir réussi à composter mon billet avec douleur, je mettrais ça sur le fait que le billet était un peu plié et non que je l'étais, je suis descendu sur le quai par un escalier bordé de deux mains courantes rouges un peu comme dans les stades de football que j'imagine en Angleterre. Il a été dit le lendemain qu'alors que ma conscience avait filé, j'avais rappé j'ai rappé moi scarabée misérable aux pattes recroquevillées j'ai rappé, j'ai rimé, j'ai freestylé, j'ai fait slamdunké comme un malade les rimes contre ma bouche terrassée. Diable s'il pouvait y avoir un enregistrement quelconque je pourrais voir mon âme en dolby surrond et savoir de quoi elle parle. Elle fait juste un peu plus vieille oui parce que ça virevolte, j'ai vu la tour s'illuminer et les fenêtres se peindre en blanc, un feu devait crépiter au coin sur la corniche car on voyait distinctement ses flammes rebondir contre la paroi, elle est jolie, elle fait un peu autoritaire mais jolie, belle, tentante, elle est nada d'autre qu'une nouvelle passante comme on en oublie tous les jours, le documentaire se termine sur une vue du cimetière aux tombes de biscuits, elle a l'air intelligente et un peu coincée, c'est une poétesse, une vraie poétesse, une naturaliste, une naturaliste ambigu qui conte des histoires de biches qui se caressent dans les herbes fauves, car il faut savoir que la biche est le seul animal avec l'homme à avoir la capacité de se procurer du plaisir elle-même, la biche peut se masturber, peut se trifouiller la feuille, la biche peut se branler jusqu'à l'extase et ça c'est à savoir même si véridiquement son geste diffère.
Elle sera ça ou plutôt, une naturaliste stricte, qui écrit " Les rais de lumière traversaient les sous-bois ", une poétesse chiante, chiante comme la danse moderne, chiante comme les natures mortes, chiante comme les écrivains allemands, chiante comme les films de Warhol, chiante comme le vrai sens des choses, chiante comme la solitude, elle serait comme ça ma poétesse, elle écrirait magnifiquement.
Dans cette région il y a une gare, qui est en fait une usine où vivent des nuées de transpalettes. On cherche ce qui nous interloque dans les asiles interlopes. Retenir que mon subconscient libéré m'a fait rappeur, cracheur de syllabes, momie éructant en paroles sonnantes et trébuchantes. Ce qui veut dire que mon esprit a toujours son mot à dire.
C'est lui, j'ai reconnu sa chaussure noire qu'il conduit toujours. Les feux rouges disproportionnés attendaient la suie. Et c'est au volant d'une Ford Taurus gris métallisé que mon père m'a ramené, faisant rugir un moteur d'ULM. Et j'ai écrit comme prévu, le désenchanté des traces de roues dans la neige, ces parallèles et à vrai dire les tulipes bêlent et c'est comme elles disent : Je suis drôle.
Court la musique d'Albinoni. Aspirine, je suis amoureux des "line" et des "a"...Poussière
J'avais oublié que j'étais tout nu en-dessous, ça sent le charter
Une autopsie chez les animaux est une nécropsie
Il fallait l'inventer ça, une nana fan de Stallone.

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