mardi, mai 02, 2006

Un requiem pour Manta

La frise arithmétique se détache dans un cri
Assourdissant les falaises,

Les mains goûtent avec cruauté à l'absence de prises,
A la beauté clandestine de la cascade cassant le visage de l'espérant,

Ils circulent et vous mordent le bassin,
De ce triangle des mers du sud je ne retiens rien,
Juste une légère commotion,

Un traumatisme déchiré là où la fovéa se grise,

- fractures multiples à la hanche -
- morsure couleur morisque -

La simple marque que laisse derrière elle
La difficile sensation
De n'appartenir qu'à un monde X
Gravé, à deux pas de mes lèvres
L'océanarium perché croise le planétarium encre de Chine :

La sphère concentrée tourne en impatiente
En traînant les poussières,
Devinant les maelströms grelottant dans l'oesophage des anges,

Les lotus de moire se débattent dans la salle de danse
Déposant au passage un grain de neige
Sur l'écume vivant dans ma photographie
Celle du mouvement qui disparaît
Au profit de l' étouffement
D'un noeud marin,

L'angle mort des tempêtes
Contient mon poison
Et le miracle,

A l'abri de ces aiguilles cyans
Échafaudées par l'oraison
Soit l'hérésie de l'horizon

L'accalmie enflammée des récifs blessées
L'infection de la chair qui tombe
Encerclée par les perles ;

de la Rivière du Sacrifice ;

Qui diffusent la paralysie,
La fièvre aux ombres vénitiennes
Qui fissurent la cage de verre

Qu'est ma destinée.