Sur les trottoirs de Kinshasa ancienne Léopoldville
Il me fallait une chronique pour me sortir de l'ordinaire et de son terrorisme.
Pour m'échapper de la ruine...
Alors je me suis couvert et j'ai créé un personnage arpentant Kinshasa,
elle s'appelle Aminata...
Pour m'échapper de la crise, de l'amertume qui étouffe ma mère...
Passons...
Je t'ai écrit Aminata
à partir de maintenant tu es une estampille, une facétie pathétique
dorée, t'es un black-out
Je t'ai fait amoureuse d'un bandit aux dents blanches,
tous les matins,
tu parcoures la ville à bicyclette
et l'adolescence congolaise se soulève
en voyant tes formes
épousant la selle
avec une élégance
bouleversante,
J'avais envie que tu sois désirable.
Tu portes une robe rouge délavée par les années
et à peine échancrée,
mais couchée sur ta chair obscure
toujours un peu humide
elle devient
magnétique,
Je dis chair obscure dans le sens du mystère.
Ce mystère qu'il y a en toi
sous tes cordes vocales
quand tes os s'éclaircissent
et deviennent moites,
quand tu ouvres légèrement
ton chemisier
pour y laisser passer
la fraîcheur,
délicieuse brise que tu voles
à nos corps en ébullition,
tu n'oses plus sourire à cause de ça,
Je t'ai fait prudente.
La dernière fois que tu as souris
l'excitation l'a emporté sur la raison
et tu as finis avec un fémur cassé
et un rêve endommagé,
comme cette enfant de six ans
catapultée du toboggan par l'ouragan,
mais t'es amoureuse quand même,
Vu que je suis prévisible et que j'avais envie de défier les pronostics.
T'es amoureuse
parce qu'il t'aime enfin tu crois
parce qu'il sourit quand il te voit
et qu'il t'oblige pas à le faire
parce qu'il aime faire ricocher
son roc de solitude sur ta lagune
vous êtes un score fleuve,
Pour lui ta lagune
c'est la plage ébène de ton front illuminant
et les criques de tes cernes
celles que tu cueilles en travaillant
plus que le soleil,
parce qu'il t'a dit :
"Je suis content de t'avoir"
et qu'il voulait dire :
"J'aime avoir ta vie sur la conscience"
Mais j'ai préféré le faire taire pour souligner le fait qu'on sous-estime le cinéma africain et son émotivité aux épitamines épidermiques.
Tu es amoureuse
et il ne t'a jamais touchée,
six mois plus tard,
c'est aujourd'hui que tu perds ton plâtre,
que ton squelette se resserre
et que tu desserres les dents
pour poser ta langue
sur les siennes en souriant,
Le décor : un cul-de-sac quelconque même pas glauque tenant sur un mur jouant leur ombre chinoise,
d'une Chine libre,
une ombre infinie,
un enlacement d'ombres noires et intenses,
de la couleur du monde.
Aminata je t'ai créé pour que l'on constate que six mois peuvent durer deux mots le temps de se dire :
"Aimons nous"
***********************************************************************************
Ligne de démarcation entre l'émotion et l'angoisse
***********************************************************************************
En vrai :
Mon Aminata n'existe pas, la vraie, a été retrouvée morte le chemisier déchiré par quatre officiers ayant abusé de son sourire et l'ayant roué de coups,
En vrai, l'ombre s'arrête devant les fils barbelés.
Il me fallait une maladie pour me sortir de l'ordinaire et de son terrorisme.
Il reste que nous avons tous la même couleur d'ombre...
Pour m'échapper de la ruine...
Alors je me suis couvert et j'ai créé un personnage arpentant Kinshasa,
elle s'appelle Aminata...
Pour m'échapper de la crise, de l'amertume qui étouffe ma mère...
Passons...
Je t'ai écrit Aminata
à partir de maintenant tu es une estampille, une facétie pathétique
dorée, t'es un black-out
Je t'ai fait amoureuse d'un bandit aux dents blanches,
tous les matins,
tu parcoures la ville à bicyclette
et l'adolescence congolaise se soulève
en voyant tes formes
épousant la selle
avec une élégance
bouleversante,
J'avais envie que tu sois désirable.
Tu portes une robe rouge délavée par les années
et à peine échancrée,
mais couchée sur ta chair obscure
toujours un peu humide
elle devient
magnétique,
Je dis chair obscure dans le sens du mystère.
Ce mystère qu'il y a en toi
sous tes cordes vocales
quand tes os s'éclaircissent
et deviennent moites,
quand tu ouvres légèrement
ton chemisier
pour y laisser passer
la fraîcheur,
délicieuse brise que tu voles
à nos corps en ébullition,
tu n'oses plus sourire à cause de ça,
Je t'ai fait prudente.
La dernière fois que tu as souris
l'excitation l'a emporté sur la raison
et tu as finis avec un fémur cassé
et un rêve endommagé,
comme cette enfant de six ans
catapultée du toboggan par l'ouragan,
mais t'es amoureuse quand même,
Vu que je suis prévisible et que j'avais envie de défier les pronostics.
T'es amoureuse
parce qu'il t'aime enfin tu crois
parce qu'il sourit quand il te voit
et qu'il t'oblige pas à le faire
parce qu'il aime faire ricocher
son roc de solitude sur ta lagune
vous êtes un score fleuve,
Pour lui ta lagune
c'est la plage ébène de ton front illuminant
et les criques de tes cernes
celles que tu cueilles en travaillant
plus que le soleil,
parce qu'il t'a dit :
"Je suis content de t'avoir"
et qu'il voulait dire :
"J'aime avoir ta vie sur la conscience"
Mais j'ai préféré le faire taire pour souligner le fait qu'on sous-estime le cinéma africain et son émotivité aux épitamines épidermiques.
Tu es amoureuse
et il ne t'a jamais touchée,
six mois plus tard,
c'est aujourd'hui que tu perds ton plâtre,
que ton squelette se resserre
et que tu desserres les dents
pour poser ta langue
sur les siennes en souriant,
Le décor : un cul-de-sac quelconque même pas glauque tenant sur un mur jouant leur ombre chinoise,
d'une Chine libre,
une ombre infinie,
un enlacement d'ombres noires et intenses,
de la couleur du monde.
Aminata je t'ai créé pour que l'on constate que six mois peuvent durer deux mots le temps de se dire :
"Aimons nous"
***********************************************************************************
Ligne de démarcation entre l'émotion et l'angoisse
***********************************************************************************
En vrai :
Mon Aminata n'existe pas, la vraie, a été retrouvée morte le chemisier déchiré par quatre officiers ayant abusé de son sourire et l'ayant roué de coups,
En vrai, l'ombre s'arrête devant les fils barbelés.
Il me fallait une maladie pour me sortir de l'ordinaire et de son terrorisme.
Il reste que nous avons tous la même couleur d'ombre...

1 Comments:
soufflée
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