jeudi, septembre 13, 2007

25 bombes entre guillemets

scooters, vacances, automne

Je suce pour rien au 06 42 36
Vive l'Algérie
La tête de ce qui doit être un chien
Un coeur coulant
Enculé
Enculé
J M G
Brazil !!!

C'est quasiment en rêvant que je suis sorti des toilettes. Ennui; spleen; amertume; dégoût; haine; enthousiasme; contemplation; tant de mots pour exprimer ce qui nous échappe. Le ciel, large vitrine cauchemardesque foudroie ses plumes, plumes offertes à mon petit fils, vole mon garçon vole fais un signe pour moi à la grande brûlure, les horizons pâlissants qui se confondent avec le dialecte gris de ces écrans neigeux, elle ne viendra pas, j'ai fait ma valise pour rien, j'ai embrassé ma mère pour rien, elle ne viendra pas, l'argent despotique rend les enfants à la boue, l'argent rend les pères à la démence, moi, je n'en ai pas, pas même une louche, pas même un grain, je me contente de vivre de mes tripes, quand les fêtes tombent, quand elles tombent sur les monuments qui s'éclairent, sur ces rues que l'on parfume, je n'en suis pas plus mauvais de ne pas en être, je sais trop bien ce que ce genre de manifestations fout sous le tapis, j'ai quitté la maison en prenant mes gants, ces gants je les regrette, ces gants représentent le fait que je voulais survivre dehors mais je ne voulais pas, je ne pouvais pas, je ne devais pas, un fils trisomique reste un fils mais que voulez-vous, ces soirs où ses poings courts cognaient contre les formes de sa mère, ces soirs où je rentrais plus tôt du travail pour pouvoir mettre ma tête contre le ventre de mon épouse, ces nuits où, plongé dans des rêveries claires je me voyais déjà le portant sur mes épaules, lui apprendre à faire du vélo, je me voyais entrer dans sa chambre, sans bruits, pourquoi tu pleures cow-boy ? les filles c'est nul, je me voyais lui faire faire des anges dans le sable, je me voyais pousser la porte de sa chambre, un peu gauchement, pourquoi tu pleures mon fils ? les filles c'est superbe, je me voyais tout plein de tendresse et d'appréhension vis à vis de la fille qu'il choisirait, je me voyais aimer sa mère et l'aimer lui, je nous voyais, nos sorties, nos week-ends, c'était ta dernière dent de lait, j'aurais fait de lui quelqu'un de bon et de philosophe, quelqu'un qui contrairement à moi aurait su se contrôler, mon petit bonhomme, il me rendrait visite alors que la fin ne serait plus très loin et de par son charme carnassier me rechargerait pour plusieurs mois, vous déménagez, oui nous partons vers le Sud, que sa mère était belle ce jour-là à pleurer, à pleurer, l'après-midi qui suivie, merveilleuse scène d'amour entre deux corps rompus, ma fierté ce gamin, partout dans la ville je l'érigerai, je l'aurais érigé, mais ces foutus chromosomes et surtout ma peur ont tout foutu en l'air.
Sa mère, la plus formidable des épouses, rencontré sur les bancs de la fac, comme dans un conte de fées standard. Aujourd'hui, je sais aussi ce que je n'aurais pas vu chez mon enfant, je n'aurais pas vu ses marques sur ses bras, stigmates d'une de ses tentatives de suicide, je n'aurais pas vu qu'il voulait à tout prix cette hélicoptère téléguidée, je n'aurais pas vu qu'au fond il me détestait, qu'il avait honte de moi quand je parlais devant ses amis, je n'aurais pas vu qu'il n'aimait pas les framboises mais plutôt les mûres, je n'aurais pas vu ses poèmes brûlants ni ses revues pornographiques, je n'aurais pas vu qu'il se sentait mal dans sa peau, je n'aurais pas vu qu'il avait toujours rêvé d'être pianiste mais qu'il n'en a jamais rien dit car il connaissait nos moyens, je n'aurais pas vu ses larmes sur mon corps sans vie et toutes ses excuses sur chacune des méchancetés qu'il a pu proférer sur moi.
La vie de sa mère ne doit pas être facile, élever un trisomique doit exiger une patience titanesque et une bonté sans borne, je devais manquer de bonté à toujours viser le meilleur, voir que son fils ne parlera jamais, ne sera jamais autonome, voir qu'on ne pourra jamais se confier à lui, souffrir du fait qu'il n'ai pas l'air de souffrir, vouloir parfois la mort de son enfant pour respirer un peu, ça ne doit pas être facile, ça doit être l'enfer, mais sa mère a une meilleure vie que la mienne, au moins, elle a un fils à aimer et qui l'aime en retour.

On ne peut serrer dans ses bras la solitude, on risquerait de s'étriper, on ne peut lire une histoire à notre lâcheté, on ne peut border ses regrets, je me suis abusé, en partant ce matin là, une semaine après l'avoir su je me suis privé de toutes ces légèretés qui réduisent en miette la plupart de nos tourments, même la mer me donne la nausée, mourir ne serait que refuser le supplice une fois de plus.

Et voilà qu'on me tend la main. Une trentenaire qui travaille au noir dans une compagnie d'assurance. Une trentenaire qui porte des jupes bleu ténor imprimées de fleurs. Une trentenaire qui m'appelle par mon prénom, qui m'a invité chez elle. "Mais pourquoi pleurez-vous tout le temps ? Parce que je suis un monstre et votre gentillesse ne fait que mettre en évidence ma laideur profonde."
"Vous êtes un salaud mais pas un monstre, vous connaissez de belles choses, vous n'avez pas de mauvais yeux." Elle posa sa main diaphane sur les angles de ma joue brisée.

Quelques jours plus tard, on frappa. Quelques jours plus tard, on l'emmena, les Bleus avaient découvert les escroqueries de ma trentenaire. Six mois de prison ferme. Comme certains violeurs. J'ai fui. J'ai été la voir une fois au parloir et je suis reparti une nouvelle fois, amoché comme jamais. J'ai fui par les quais, en crachant dans les confus visages azurs que les flots mettaient en forme, mais je ne crachais plus grand chose, à peine quelques gouttes salées. J'aurais pu prendre un bateau mais j'ai pris un train vers l'Ilianor.

Ilianor et son phare.

Sa taverne avec son mur de toilettes gribouillé, comme un mémorial au temps passant, aux histoires naissantes et déclinantes entre ses murs et tout autour. "Une orangeade bien fraîche". J'ai été voir leur maison, mon fils n'a pas l'air si attardé que ça.

(l'enquête sur la trentenaire nous donna à voir et à photographier une conclusion détonante/se référer à l'article : Virginia, la mangeuse de clochards)

"1 : Que chacun lève le bras droit bien tendu devant son miroir
2 : Un coup de fil passé depuis l'avion avant qu'il ne se crashe
3 : N'importe quelle histoire traite du terrible
4 : Découvrir un sourire nouveau sur la mine de l'aimée
5 : Les nuits blanches passées sur les consoles de jeu ne sont pas graves
6 : Si vous espérez tirer profit de la création, vous êtes homme à faire souffrir
7 : Oubliez les calendriers, un jour d'octobre peut être aussi beau que juillet tout entier
8 : Il n'est pas sûr que votre grandeur d'âme vous rende heureux
9 : Mais elle permettra toujours de vous trouver une excuse
10 : Un professeur de littératures n'a pas forcément de meilleurs goûts
11 : Ce que devait penser pour de vrai notre président au moment de son élection
12 : Ils se tirent tous dans les pattes mais au fond tout va bien
13 : La Thaïlande ne jouit pas d'une presse libre
14 : On retrouvera encore des nymphettes mortes et toutes dégoulinantes
15 : Les chats sont mieux que les chiens
16 : La plus petite dans les vestiaires
17 : Paradis veut dire en fait : moment qui nous fait le plus planer
18 : Certains planent à distribuer les cadavres
19 : Le fond de ses cuisses est chaud, il n'y a plus de gêne
20 : Il ne faut surtout pas refuser la peur
21 : Ceux qui sont sûrs d'eux et qui brillent, n'ont pas grand chose à offrir
22 : Mais attention, lorsque nous brillerons, nous ne serons pas meilleurs
23 : 1 rein en assez bon état coûte une centaine d'euros de nos jours
24 : Moins cher qu'une kalachnikov
25 : Un petit peu plus qu'une femme."