mardi, août 07, 2007

Maybe I could be a link

Rafraîchir

Balise spoil activée

Je suis en High Id, ce qui fait de moi quelqu'un d'assurément bon.

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Comme une routine qu'on cabosse, mon écrit du jour ressemble peu à ce que j'avais souhaité cette nuit. Je m'étais dit : "Oui, on fait comme ça, je me lève assez tôt et j'écris enfin une nouvelle classe et innovante"

J'avais même lancé le début. L'histoire d'une fille. Lascive. Cousue sur un bras de mer qui me regarde comme si j'étais Jude Law tout en roulant dans le sable avec sa jolie culotte rose. Des yeux en amande, salés comme le monde. Elle me dit : "Ses mots, ses mots, quand il écrit c'est comme s'il me glissait des perles sous la langue, des clochettes dans l'estomac, tout en moi résonne et semble briller, je me sens différente." Puis j'aurais mis fin au rêve avec un bon coup de pied latéral qui m'aurait envoyé valser dans du gazon triste. Il aurait mis son silencieux sur sa tempe et là comme prévu, comme voulu par mes ambitions auteuristiques, mon personnage aurait réfléchi, beaucoup, beaucoup, sur tout, en bribes. Banana split trop cher pour mes parents / Cette fois où je m'étais réveillé sur un rond-point / La tortue que je lui ai acheté. Un peu comme dans cette pub là. C'est possible que toute mon inspiration, ma colère vienne de cette pub enchaînant les flashs, sourires et bas censés représenter l'existence. Possible que ça soit ça, l'existence, une pub, un pot-pourri de moments filmés baignant dans le maquillage. Le plus beau maquillage de l'univers. Maintenant, même mes rêves ont l'air de spots publicitaires, la lumière y est nette et les corps sculptés comme légèreté même.

Il devait être assez tôt, je ne préfère pas le dire, d'aucun me traiterait de branleur, d'autre de flambeur, du reste, il était assez tôt, l'ascension marronnasse qui drapait l'autour commençait à fléchir sous un nouveau jour de ciel bleu. A la télé, un film indépendant ou qui se la veut comme, un film anglais qui traite de l'adolescence de manière brute bien qu'un peu convenue. L'ado taiseux est frustré(mère célib', seule distraction : se casser le crâne avec les potes au bord d'une mer frigide brodée dans les cailloux, excellent violoniste) et sur la fin il se dévoile vraiment(il se met nu) en psychopathe à la violence extrême(il viole une femme puis lui enfonce une espèce de sabre dans le vagin) le sang se répand. Peu après, son ami(gosse perdu) poignarde le mari de cette femme à une dizaine de reprises, celui-ci meurt, choqué, sa tête claquant comme un réveil-matin contre son bureau. Ce n'est pas tant ça que j'ai aimé, il y a de bonnes idées dans ce film mais les non-dits sont mal foutus. Enfin. L'essentiel s'est passé avant, on voyait le gosse perdu(gueule typique de l'anglais prépubère et foutu, rasé, maigre et blanc) en train de pêcher, avec canne et hameçons et je sais pas. Disons que j'ai été pris d'une émotion. Je me suis dit que si un film retraçait tout ce que j'avais(ou tout ce que vous aviez) vécu jusqu'à lors, on comprendrait sûrement mieux tout ce qui paraît nous échapper à l'instant. De l'introspection sur grand écran en somme. Joies et regrets enlacés giclant sur nos paupières frelatées. On comprendrait mieux.

J'aurais pu choisir de rester les bras croisés comme beaucoup, à rien faire. Couché au coin, attendant la rentrée. Le chèque de fin de mois. Les préparatifs pour le mariage et l'apparente perfection de cette lune de miel exorbitante. Mais je n'aurais pas pu supporter les lampes de chevet grises et malades des hôtels de l'aéroport de Rotterdam. Je n'aurais pas pu vivre en sachant que des gens marchent sur la plage en attendant la marée qui mouillera les serviettes et réchauffera leur âme d'enfant. Je n'aurais pas réussi à survivre tant que des femmes admirables prenaient le bus tous les matins à l'aube pour un travail de bête. Les avions planent, le ferry transporte des amitiés scolaires naissantes, les tunnels sentent l'essence et le dernier qui dort à l'arrière son doudou à la bouche, les trains sont pleins de petits mecs remplis à rabord d'espoir qui regardent le plafond pour le reflet pour la fille 15ans à peine qu'il y a dedans. Je peux pas me faire à l'idée des caissières de supermarché et du client qui sait-on jamais elle sera peut-être là aujourd'hui et j'aurais mon sourire en plus de ma boîte de cirage, des sessions photomatons on met sur noir et blanc et je te garde dans mon porte-feuille sur mes genoux elle est bien à côté de la carte de crédit, de mon abonnement à la bibliothèque où je t'ai rencontré d'ailleurs, de la réduction spéciale dans cette pizzeria, d'une facture, tu appelles ça comme ça idiote, ça te rend si naïve, ça te pousse dans des abîmes de beauté que tu n'imagines même pas, UN DIABOLO, UN CAFE, DEUX CROISSANTS = 7euros70, merci. J'arrive pas à réaliser que des couples mariés depuis quatorze ans ne partent pas encore en vacances parce qu'il ne retrouve pas ses lunettes de soleil, alors ils les cherchent mécaniquement pendant que le plus grand est là-haut à chercher un sens à sa toute récente rupture dans des livres sur le déconstructivisme. Putain je peine à me dire que des types vont éteindre les feux de forêt et que le soir il racontera une diablerie d'histoire sur un prince blondinet à sa fille en pyjama bleu cyan, que cette fille se mariera avec un gars de la caserne, que les photos seront belles, que les yeux d'acier du père flamboieront devant le bonheur cuisant de sa préférée(mais chut ON VOUS AIME TOUS AUTANT), et le gars de la caserne, la fois où il avait réussi à avoir sa permission QUELLE FUREUR DANS SON SOURIRE. Et il y a encore des vieux singes qui conduisent des traîneaux tirés par des loups, d'autres qui soignent des dauphins quand certains(les plus chanceux d'après moi) se lève à Istanbul tous les matins sans vraiment se dire que c'est Istanbul, simplement leur ville, le pavé de monde qui est là à leurs pieds à chaque fois qu'il pousse la porte pour trimer ou respirer le soleil qui passe dans les ombrages du marché, il descend sensuellement comme un essaim de poussière, presque invisible. Comment voulez-vous que je me plonge dans mes révisions(LES COURS?) quand je sais que ça fait son huitième hamburger aujourd'hui mais pourtant il reste svelte, quand on me dit que l'Alaska est magnifique, quand je sais que ça meurt ou se paie des villas en Afrique, Europe centrale, Amérique du Sud, Indochine, Guatemala, que certains se réveillent en pensant aux yachs qu'ils vont devoir monter ou à leur excision prochaine. Bordel, tant d'halls d'immeuble, de mules à la frontière, de prodiges. Je ne peux pas décemment être, je dois écrire.

Ce sont les contradictions qui me plaisent dans la notion de vie(en communauté).
Dans celles-ci résident les ombres et les charmes.
Cette autre routine qui te dit que l'incertain devient certain et qu'il est partout, uniforme, comme un supplément d'âme, une manivelle à fixer sur le coeur.
Conspiration des fillettes en robe de vichy
L'aveuglante lumière de l'obus qui éclate et vous sèche les os.

Ces juifs qui aiment les musulmans peut-être simplement parce qu'elle avait une trop belle paire de seins. Vaut mieux aimer pour la chair qu'haïr pour la terre. Eurk. Rien à foutre.

LES CHORALES SE TIENNENT BIEN LA MAIN,
JE VAIS VENIR,
FAIRE MON SOLO,
JE PRENDRAIS UN MINIBUS SOUS LA PLUIE
DANS L'HIVER EN SEPTEMBRE.

et le destin ? No comment.