lundi, septembre 17, 2007

Die schwarze Künstlerin

Ce qui suit incarnera dans le désordre(dans le mesordre, dans l'inordre) les quelques impressions qui me firent de l'oeil ces temps derniers :

Allégorie des Twins Towers dans la projection du vitrail au cul rouge sur le dos de la chaise.

Square Ozanam.

L'importance capitale du choix de la passagère visible de mon siège dans le train.

Les vacances infinies,

Enfers cadavériques.

Ma beauté.

"Je le sens vraiment bien cet hiver"

Jamais loin :

Dans les étoiles, morts corps blancs soupirants sur la vaste nappe d'encre,
Dans les ronflements de mon père, les pieds sur sa chaise devant la télé,
Dans les rencontres en demi-teinte,
Dans ta façon d'être, toi, le gentlemen brisé, l'amante au rouge à lèvre saisi par le vent,
Dans les génuflexions du jour sur ma face abîmée,
Dans le faux vacarme des travaux aux fenêtres,
Dans le manque de place du rêve dans ces métros aériens,
Dans la moindre des toiles d'araignée éclairée par le moindre des réverbères,
Dans ces quais déserts aux lumières épuisées, enfiévrées, époustouflantes,
Dans ces chemins de pierre ravivés par la nuit,
Dans le vide le plus complet, quand tu marches seul, à l'abri du monde,
Dans ces phosphorescences au sol, bouteille de bière brisée sur la route,
Dans la misère des hommes,
Dans le sourire de ces statues d'Asie,
Dans la une du journal qui dévoile ses ombres déchiquetés, soulevés à la pelle,
Dans ces lignes qu'on ne lit pas vraiment car nos yeux sont d'ivresse,
Dans ces films qu'on ne verra jamais car la fatigue nous a,
Dans ces filles, qui nous regardent ou non, à la silhouette grasse ou svelte,
Dans ces écailles nouvelles et rouges qui nous prennent au matin dans la glace,
Dans mon sandwich thon-mayonnaise-tomate que je prend en revenant,
Dans ces discussions qui switchent d'une langue à l'autre pour traduire le même désir,
Dans la poigne glacée et méthodique du temps qui nous assomme au soir,
Dans ton regard qui ne me lâche plus, qu'il ne me lâche plus,
Dans une colique qui s'accomplit,
Dans mes marches en musique sur des flancs démentiels,
Dans ces cafés et diabolos aux prix exorbitants,
Dans le dégueulasse qui traîne dans chaque chose qui se refuse à être,
Dans les énoncés que l'on peine à comprendre,
Dans une rupture amoureuse, dans nos coups de nerfs sur l'os,
Dans le géant ahurissant qui nous prend dans ses bras, et tout notre squelette s'enflamme,
Dans ces colisés fictifs où tu joues du piano,
Dans nos larmes retenues appelées par la douleur de marcher sur nos jouets,
Dans notre foie bientôt malade, dans nos jambes un peu faibles,
Dans le refus des femmes, dans tous nos becs de lièvre,
Dans la mer tapageuse qu'éclabousse mes cuisses,
Dans l'alcool triste, violent, horrifique qui nous fait voir en noir,
Dans ces leçons non sues que l'on se promet d'apprendre,
Dans ces fous assassins qui altèrent le silence,
Dans ces fous assassins qui font brûler le sang,
Dans ces fous assassins qui n'altèrent pas la jouissance des ébats répétés des amoureux débiles,
Dans l'ubiquité certaine de la grande peur humaine,
Dans tout ce vin renversé qui imprègne peu à peu les fibres de nos chemises blanches,
Dans tout ce vin vomi sur les pavés gluants,
Dans tout ce vin qui bleuit mes lèvres tout en les tuméfiant,
Dans tous ces mauvais vins qui tiennent à la place du vinaigre,
Dans ton plaisir égoïste,
Dans ton Rêve absolu que l'on a castré et que tu gardes encore,
Dans les pervers qui trempent leurs doigts dans ces fillettes amorphes,
Dans l'aube qui descend calmement faire une bise à la ville,
Dans les guirlandes que l'on sort de leurs boîtes en novembre et qui ne vieillissent pas,
Dans ces matins où l'on sent davantage la douce chair de sa hanche que la nôtre,
Dans ces cierges qui brûlent éternellement et qui ne ramèneront rien ni personne,
Dans la mémoire, mémoire où tu me souriais,
Dans la bouffe,
Dans ces chiens à la peau comme un coussin ouvert,
Dans la naïveté dont je fais preuve,
Dans les gâchettes appuyées et les crânes déversées,

Dans la patience, murmure du signe.

Je sais qu'il paraît comme récurrent d'associer la beauté autant au merveilleux qu'à l'atroce mais l'on oublie surtout de dire qu'elle se passe à l'intérieur, le reste importe peu.

J'ai écrit il y a peu que cette beauté(ou bonheur de faible intensité) résidait souvent dans les erreurs d'impression et là encore j'avais raison car je me trompais.

"J'ai cessé de croire que la pluie était belle"

Vous êtes dans le vrai.

Cette plaisante affirmation orne mon paquet de chips, je peux lui faire confiance.


Texte à compléter