lundi, octobre 01, 2007

Deux coeurs brisés sur l'Atlantique

Mais qu'est-ce que c'est que ce titre merdique ? Encore un de vos trucs guimauves à la con ?
Vous voulez quoi hein ? Faire pleurer dans les chaumière et que mon journal ne se vende plus c'est ça ? Vous voulez tous nous foutre sur la paille simplement parce que votre bonne femme a foutu à la porte une mauviette comme vous ? Allez me réécrire ça, je veux du suspense, des tripes, quelque chose, là dès le titre on sait que ça va être mou, mou comme la merde !

- ...j'ai trouvé intéressant d'évoquer ces nostalgies qui touchent les couples qui se séparent et se retrouvent tout en le transposant dans un paquebot, faire mon Titanic sans iceberg...

Rien à secouer de ces âneries à l'eau de rose, je veux que ça parle aux hommes, que ça parle à nos lecteurs bon Dieu !

-...si c'est ce que vous voulez...

Bien, fichez moi le camp.

" Il existe deux types de personnes dans ce monde. Ceux qui se la ferment et ceux qui finiront par se la fermer. Timothée Asparagus ne fait pas parti de ceux-là, s'il s'est montré très taiseux dans l'exemple précédent, c'est parce qu'il était sous acides. "

C'est encore plus nul que le texte de base bordel. Quand j'étais gosse, ah quand j'étais gosse et que mon seul souci était d'avoir les pompes dernier cri. Ma femme ne m'a pas mis à la porte, on s'est disputé certes mais on couche toujours ensemble régulièrement, je couche aussi avec une étudiante en art tous les trois semaines mais ce n'est pas ça qui m'embête. Au tout début, j'ambitionnais à autre chose qu'à mon boulot de journaliste nouvelliste dans ce canard de droite. Je visais l'universel...

En me levant ce matin, je me demande comment ils ont fait,
Ces poètes, ces planqués, comment ils ont fait pour qu'un jour
Leurs phrases puissent traverser si directement.

Par quelles torsions d'énergies ils sont passés pour m'abasourdir ainsi,
Moi et tout le reste du monde laissé sur le cul.

Vous savez, ils font des vers que l'on récite sans peine
Et qui nous filent des frissons, comme si l'éternité venait taper aux tympans.

Ils ne font rien d'autre que de décrire le vaste désarroi humain,
Ils n'utilisent pas forcément des termes difficiles d'accès,
Ils pénètrent simplement cette coquille de chair isolant l'âme.

Mon nombrilisme me pousse parfois à croire que si cela passe si bien
C'est que c'est craché sur la pellicule,
Que c'est en américain qu'ils prophétisent tandis que des lettres jaunes sous-titrent le tout,
Alors, ce serait ces sous-titres les vrais morceaux de damnation.

Mais même parfois sans le cinéma, je suis soufflé et les survivants avec,
Soufflé par l'exactitude nerveuse de leurs interrogations,
Je suis mis face à ma propre condition, comme si le canon s'approchait de ma tempe.

J'ai vu un film une fois qui nous donnait à voir tous les sourires du monde entier,
Le documentaliste en commentaire, soulignait le fait que qu'importe nos croyances et
Inclinations nous possédions tous le même rictus,
Sentier vague où se déroule nos fluides.

C'est cette universalité que j'ai toujours poursuivi en écrivant,
Dans ces caves, ces trains, ces champs,
Mais j'avais toujours l'impression de me mentir car je n'arrivais pas
A rejoindre ces autorités déconcertantes qui venaient m'aspirer
Sans me souffler à l'oreille le secret.

Comment faites-vous pour me bouleverser,
Vous vous servez bien de phalanges et d'encre et après ?
Comment vous faites pour toucher les frontières,
Les toucher si près qu'elles se réorganisent.

Je sais qu'il n'y a pas de secret, que je pourrais sans doute l'atteindre sans le sentir,
Atteindre cet état de communion, cette grâce diffusant jusqu'aux arrière-salles
Des Andes les profondeurs de ma philosophie.

En me levant ce matin, léchant ma bouche racornie,
J'ai réfléchi à toutes ces pièces sur l'atomique et le sentimental,
Sur l'incommensurable précipice de la passion humaine,
Sur ce qui racontait les montagnes, les baisers, les génocides et les anges,
Et j'ai fait une croix sur le Nirvana.

Peut-être que cette croix signe le butin de ma postérité,
Peut-être n'y a t'il qu'une large pluie de tes pas à mes chutes,
En attendant, mon ombre se sédentarise,
Parce qu'elle ne fait que te deviner.

L'infini d'une femme
Et celle de l'attentat qui devient prière
Sous les effets de succession des heures.

En me levant ce matin, j'ai oublié que je touchais la foule
A chaque reflet de mon visage dessiné sur le miroir usé,
Je touche la foule, l'agglutination humaine dans mes scandaleuses rêveries,
Je la touche en ne prêtant pas d'attention aux marées,
Marées d'ossements noirs vomis sur la plage de mes pieds nus,
Je la touche en me plongeant sous l'eau au plus fort pour déformer ces sons
Qui viennent du dehors.

Je la touche en ne tournant pas des yeux devant l'horrible et le miraculeux.

...mais ça s'est dispersé, tout le temps, je n'ai eu le droit qu'à des clameurs régionales. Qu'à une gloire rationnelle. Nous ne sommes que des vers de terre, des lombrics en voyage constant sur de la roche branlante et de la flotte limitée, et il a fallu qu'on s'entiche des étoiles. Qu'on les affiche et leur donne à manger. Viens ici et dis-moi que tu m'aimes, dis-moi que la mer sans moi n'est pas la même que la mer avec moi, dis-moi aussi que les frites avec ou sans moi sont différentes. Sur le perron, je n'ai pas osé l'embrasser, à ce moment-là au bal, je n'ai pas osé l'embrasser, au cinéma, je n'ai pas osé l'embrasser, dans cette rue d'Hambourg magnifiée par l'automne je n'ai pas osé l'embrasser, au guichet, je n'ai pas osé l'embrasser, sur la route de nuit, je n'ai pas osé l'embrasser, pendant qu'elle mangeait son hamburger, je n'ai pas osé l'embrasser, au cimetière des alouettes, je n'ai pas osé l'embrasser. Le cimetière des alouettes ? Oui, j'ai déjà utilisé le mot miroir avant donc là je palie.