mardi, septembre 05, 2006

L'insuffisance

Les pieds dans la brouille, je traîne en bon bipède en lambeaux, les miroirs me jettent des rimes froides, la sagesse livide que j'invente par ma posture semble pitoyable, la coiffeuse, nouvelle mère, est affamée de vie, je ne suis pas très bavard, je coupe court à tout, il est rare que je termine, afemmée hein...

et mes écrits en nombres conséquents me donnent aucun éloge, pas que je le cherche ou que je le mérite, juste ça serait bien, ça serait bien que par mes doigts démantibulés naissent des trucs, pas du fanatisme, disons qu'on me dise "ça m'a fait réfléchir un peu" , je demande pas à être la figure de proue d'un parti dont l'appellation politique paraît douteuse tellement les furies de l'opinion paraissent loin des podiums et des confettis électoraux, j'aimerais qu'on me lise vraiment, sans que je sois l'ami avant, qu'on me lise avec les yeux ouverts, pas par contrainte mais dans l'étreinte, qu'ensuite grâce à cette reconnaissance des autres je puisse reconnaître enfin la valeur de cette misère qui habille mes matins...

j'ai déjà tout écrit des fleurs, tout imaginé ou tout orchestré de leur zénith à leurs déclins et pourtant quand sont elles venues m'ensevelir sous leurs fragrances multiples?...

je suis un peu dans cet état là, d'impuissance, j'ai l'impression d'être un Tantale moderne, sans cesse avançant en se déchirant les muscles pour finalement s'arrêter devant la brisure mystique de la jouissance, bien sûr je profite également des choses, mais qui ne le fait pas, qui n'aime pas la déliquescence qu'est le confort, le délabrement de contrôle qu'offre le mensonge et j'en passe...

je ne suis pas en train d'écrire que j'ai déjà fait trembler un tel ou une telle dans un délire de conquête, non c'est différent, disons que je m'arrache à la tâche de lune qu'il y a au fond de chacunes et qu'au final cette fovéa argentée s'efface sous mes efforts vains et invisibles...

comme quand je me dépêche de traverser la cour pour ne pas qu'elle m'en veuille, quand je sacrifie des heures avec les miens pour une seule seconde avec elle, quand je me force à ne pas être triste ou méchant...

elle a brûlé dans l'incendie plastique de la féminité...

cette merveille d'épisode que mes tripes au soleil...

il réside profondément la solide interrogation du "why nobody loves me?" , peut-être un problème de teint ou un simple surdosage dans l'agencement de mes panneaux laissant à désirer, si ce n'est pas d'un point de vue esthétique que je suis un ange alors c'est forcément génétique, on m'a donné la splendide forme du séraphin sauf que comme tous ces bandits aux ailes fines et bien je n'ai pas de sexe, ça fait étrange de supprimer brusquement tout ce barda, et comme je n'ai pas de sexe, vraiment étrange, je ne peux lire dans les plis miraculeux des filles défaites, je ne peux asseoir en douceur ma tête contre le ventre laxiste d'une nuit sauvage, je ne peux me plonger dans les colonnes nues des dos de déesses, non, je dois me contenter d'une vraisemblance de sentiment et de confiance de chair, cette confiance qui s'installe quand on ose l'attentat du baiser, cette possession silencieuse qu'est le gain de la bouche unie...

alors plutôt que cette confiance, j'ai le privilège dégoûtant de me nourrir des confidences des désabusées en tout genre, en bon ami de toutes, c'est pervers, pauvre de moi qui me voit amant des trois quart(le dernier restant pour repeupler cet univers flambant vieux)(trahison que tous ces phares)...

terminaison nerveuse, il demeure que je peux attendre sans saisir mes jours(y mettre fin)(ceci pour les curieux, est un bel éclairement sur ma mentalité)l'instant où mes mots oseront et feront rougir d'ivresse les lectrices de mon énigme, ou l'apparition d'une pousseuse dans le vide, me tenant la main, fin (victoire j'étale ma faiblesse mais l'histoire ne retiendra que mes refrains cassées sur la côte opale)

Ma famille me détestera jusqu'à la première publication.
Ma famille me déteste parce que je ne suis pas normal et ça c'est normal.