lundi, avril 16, 2007

Fanta Madness

Papa : Insultes, poils, enfant-homme, graisses
Maman : Larmes, cigarettes, tendresse
Frère 1 : Cinéma, amour au bord d'un lac, sors de ma chambre
Frère 2 : Parfois drôle, olympique de Marseille
Frère 3 : Bonne entente, ne m'envoie jamais de message
Demi-soeur : Rien
Grand-mère : Quel est cet affreux visage vérolé ? Je ne te fais pas la bise.
Tonton : Voyage
Cousine : Soeur
Télé : Sympathique
Musique : Vitale
Amis : En perdition
Le reste : Des étoiles, pour la censure ou son opposée.

Maintenant un poème, ce poème ne fera rien, ce n'est pas le poème qui fait l'histoire, c'est l'Histoire, le cadre de conception, qui fait le poème.

Les mains vides :

Périssent les otages américains,
Qu'on me cloue aux déchirements stellaires,
Mouillées par le ciment à prise rapide
Les stèles disparaissent.

On dirait de la laine,
Ces lignes blanches de là-haut,
Croix Croix
Croix
Croix
En témoignage de son affection,
Un incident diplomatique
Impliquant un grand danger
Pour les populations civiles
Qui chaussent leurs ballerines.

Champs de mimines pointant le ciel
De leurs ongles mous,
Ces roseaux humains se ternissent la pensée
A indiquer le fautif,
Si fautif il devait y avoir.

Les nuages gris et gorgés d'eau
Paraissent plus menaçants qu'un viol
Non enregistré
Ils ont les cheveux de la mygale
Que portait Angélique le jour
De son vingt troisième anniversaire
Alors qu'elle n'avait que cinq ans
Sur les images.

Cinq avalanches à attendre le prince,
Ce qui ne constitue pas l'attente ne mérite pas
D'entrer dans le domaine publique
De l'existence.

L'électricité diaphane qui s'élançait au sein
De ses humeurs me reposait vaguement,
Étranges cruautés que ses deux yeux barbares
Saupoudrés de rancunes.

Pour donner un nom à ce spectacle
Je me servirai d'une mappemonde crevée, raplapla
Je me débattrai à travers les couches de tissus endormis
Pour pouvoir enfin désigner la Norvège
A demi-mort.

Sculpturale, techniquement miraculeuse,
La phase terminale ondulait à moi
Comme un chat de caresses,
Une algue de tumultueux saphirs,
Un évadé va-nu-pied sur ces routes de liège,
La terreur humide m'écartela petitement,
Ma fièvre ne descendit plus
Pareille aux doigts demeurant
Entre les jambes.

Des troupeaux de tanks sortis de leurs enclos
Pour paître le dos des gosses à pierres,
Les lance-roquettes sont de la partie,
Croissants de lune sanguinolents explosant
Au nez des roches sépias,
Je ne sais plus sur quelle divinité j'ai misé ce matin,
Pas grave,
Il y aura un autre tirage
Demain.

L'auréole bouillonne sur la tige de fer,
Opiacées échaudées par les lacérations de l'hiver,
Guirlandes amiantées de réverbères à réverbères
Et les ampoules bleues se brisent
A l'orée des lèvres asséchées,
Décrépies,
Misérables ustensiles de cuisine,
Les dauphins soudains jaillissent par le crachoir
Aux guêtres colorées,
Couleurs ternaires apposées
A cet échappatoire de fortune.

Brumeux,
L'appareil-photo cherche sa femme
Au coeur des développements
De l'intime
Conviction,
Il voit des paysages flous et rapides
Avalés par la fenêtre d'une voiture
Au-delà des limitations de vitesse,
Il devine des visages découpées dans les ombres
Et des désirs terribles derrière les yeux rouges,
Trop nombreux à oublier d'enlever le flash
Sans doute par souci de scintillement et de suspense,
Il arrache des feuilles de saison
Pour faire plaisir aux imbéciles préoccupés
Par ce qui les dépasse,
On noie ses fils sous des eaux rouges
Avant de les pendre sur une ficelle limée,
Il crache pour rendre raison à l'obscurité,
Des univers compliqués de cordes vocales à toucher
Passent devant lui.

Normalement,
Cet appareil ne devrait jamais pouvoir saisir
La moindre de nos opacités,
Il devrait être condamné à errer
En compagnie de nos mouvements, de nos sentiments aériens,
De nos protocoles ou de nos narcissismes.

Normalement,
Les chapelets de phalanges devraient défiler
A son oeil de verre
Comme les langues de papier d'un vermeil usé
Glissent sur nos épaules pendant le train-fantôme,
Sublimations connues mais indémontrables,
Car
Non délectées, non goûtés jusqu'à l'étouffement
Des mois d'août.

Normalement les mains et leurs cadavres
Devraient se briser dans le vent
Et les élans propres de la brise marine,
Telles les amours de jeunesse
Ou les plages bétonnées,
Les paumes feraient mieux de rester moites
Et perplexes,
Paumes paumées au creux des gammes
De cette pianiste qui nous décontenance.

Je prierai l'objectif cristallin de briller
Sous ce soleil pulpeux
Et de se dégager de sa paupière de plastique noir,
Rien à faire,
Il doit déconner vraiment,
Putain il s'allume plus,
Qu'est-ce que t'as encore foutu avec ?

Aucun de ses mécanismes ne semblent endommagé,
Théoriquement, il devrait marcher parfaitement,
Pourtant, il reste éteint,
Perclus dans l'intensité de ses réflexions, rêveries
Et impressions de fanfares.

Là où les mains se croisent
Vers une meilleure solitude.