Usine moribonde
Je ne sais pas quoi écrire. Des choses se passent, milliers, millions, centaines, même pour moi y'a du mouvement mais bon j'hésite. D'un côté, je perçois l'aspect dramatiquement représentatif de cette révolte des bonzes birmans contre la junte, de l'autre, je sais bien que cette histoire servira uniquement à ce que des millions de français s'enorgueillisent à l'idée de connaître à tout jamais le mot "junte". Alors il me reste la fiction. Tu n'appartiendras pas à autre chose que mes lettres, tu seras là, évoquée dans tes poèmes mais je ne puis me permettre de me servir de toi. Alors il me reste la fiction :
- C'est quelle heure pour toi demain ?
Je sais pas, dès demain dès l'aube, le chef doit appeler, je fais mon paquetage et on file droit vers l'Est.
- Tu penses que ça va aller ?
Ca devrait, c'est pas la première fois que je fais ça avec le chef.
- Il est bien comme on dit ?
Bah c'est vrai qu'il est dur et c'est pas rare qu'il y ai de la casse mais bon vaut mieux que y'ai un peu de casse et que tout le reste soit nickel plutôt que d'arriver avec des choses pour la plupart en sal état.
- Sûr.
Et puis dans le fond c'est pas un mauvais. J'ai pas pu beaucoup parler avec lui mais il sait ce qu'il fait et il le fait bien, tout simplement.
- C'est vrai pour l'étranglement ?
J'étais pas là ce jour là moi, je bossais ailleurs mais on m'a dit qu'il avait des yeux du diable lorsque qu'il lui a pris la gorge. Mais bon, ce sont des rumeurs et puis il faut bien ça pour qu'il se fasse un peu respecté.
- Mais tu vas faire quoi en gros toi là-bas ?
Bah pendant le voyage, on me laisse derrière pour vérifier que rien ne se trame, c'est assez dur, assez long et ennuyeux. Mais pendant les pauses, il est pas rare qu'on me laisse un peu profiter de la marchandise. En un quart d'heure, on a le temps de faire pas mal de choses mine de rien et puis ça chasse la fatigue d'un coup.
- Je vois, ça doit être pas mal du tout. Et une fois arrivé ?
On les descend, ensuite je reste deux trois jours sur place pour m'assurer que tout est ok et je repars par le train avec mon enveloppe pleine en poche.
- Tu te fais dans les combien ?
Oh tu sais, ça a l'air simple comme ça, mais tu sais bouffer tout l'Est avec des chouineuses, des cogneuses, des suicidaires c'est pas facile facile. On pourrait les droguer mais c'est pas la politique de la maison, on veut que des filles cleans, qui n'iraient pas gâcher leurs charmes sur des aiguilles mal nettoyées. Sans oublier les histoires de douane, de filles mortes de froid ou de faim, le nettoyage de leur merde et de leur vomi ou leurs tentatives d'évasion. Bon donc avec tout ça, pour chaque "ballade", je me fais dans les 1000euros, pour douze jours de travail en tout. Quand je reviens je suis complètement flingué mais j'ai de quoi faire niveau boisson et assez pour me payer les bouteilles de Champ' et les nanas qui s'y accrochent dans les meilleurs boîtes du coin.
- Mais moralement, c'est pas trop dur ?
Au début si, bien sûr que j'ai eu un petit coup de déprime puis je me suis dit qu'il valait mieux qu'elles vivent chez nous même si c'est comme ça plutôt qu'elles restent dans leurs trous à se laisser mourir. Tu sais la plupart d'entre elles se tirent au bout de trois ans, elles ont de quoi payer leurs études et une chambre de bonne, la vie commence.
- T'as raison, en tout cas côté finances, c'est clair que ton taf paie bien, t'as le droit de donner mon CV à un de ces gars ou pas ? Mon boulot de videur me tape un peu sur les nerfs.
Je vais essayer, mais je te promet rien. Bon écoute, je finis mon café et je te laisse, je dois bien dormir, les jours qui viennent risquent d'être assez chargés.
° merde c'était pas de la fiction.
Texte à compléter
- C'est quelle heure pour toi demain ?
Je sais pas, dès demain dès l'aube, le chef doit appeler, je fais mon paquetage et on file droit vers l'Est.
- Tu penses que ça va aller ?
Ca devrait, c'est pas la première fois que je fais ça avec le chef.
- Il est bien comme on dit ?
Bah c'est vrai qu'il est dur et c'est pas rare qu'il y ai de la casse mais bon vaut mieux que y'ai un peu de casse et que tout le reste soit nickel plutôt que d'arriver avec des choses pour la plupart en sal état.
- Sûr.
Et puis dans le fond c'est pas un mauvais. J'ai pas pu beaucoup parler avec lui mais il sait ce qu'il fait et il le fait bien, tout simplement.
- C'est vrai pour l'étranglement ?
J'étais pas là ce jour là moi, je bossais ailleurs mais on m'a dit qu'il avait des yeux du diable lorsque qu'il lui a pris la gorge. Mais bon, ce sont des rumeurs et puis il faut bien ça pour qu'il se fasse un peu respecté.
- Mais tu vas faire quoi en gros toi là-bas ?
Bah pendant le voyage, on me laisse derrière pour vérifier que rien ne se trame, c'est assez dur, assez long et ennuyeux. Mais pendant les pauses, il est pas rare qu'on me laisse un peu profiter de la marchandise. En un quart d'heure, on a le temps de faire pas mal de choses mine de rien et puis ça chasse la fatigue d'un coup.
- Je vois, ça doit être pas mal du tout. Et une fois arrivé ?
On les descend, ensuite je reste deux trois jours sur place pour m'assurer que tout est ok et je repars par le train avec mon enveloppe pleine en poche.
- Tu te fais dans les combien ?
Oh tu sais, ça a l'air simple comme ça, mais tu sais bouffer tout l'Est avec des chouineuses, des cogneuses, des suicidaires c'est pas facile facile. On pourrait les droguer mais c'est pas la politique de la maison, on veut que des filles cleans, qui n'iraient pas gâcher leurs charmes sur des aiguilles mal nettoyées. Sans oublier les histoires de douane, de filles mortes de froid ou de faim, le nettoyage de leur merde et de leur vomi ou leurs tentatives d'évasion. Bon donc avec tout ça, pour chaque "ballade", je me fais dans les 1000euros, pour douze jours de travail en tout. Quand je reviens je suis complètement flingué mais j'ai de quoi faire niveau boisson et assez pour me payer les bouteilles de Champ' et les nanas qui s'y accrochent dans les meilleurs boîtes du coin.
- Mais moralement, c'est pas trop dur ?
Au début si, bien sûr que j'ai eu un petit coup de déprime puis je me suis dit qu'il valait mieux qu'elles vivent chez nous même si c'est comme ça plutôt qu'elles restent dans leurs trous à se laisser mourir. Tu sais la plupart d'entre elles se tirent au bout de trois ans, elles ont de quoi payer leurs études et une chambre de bonne, la vie commence.
- T'as raison, en tout cas côté finances, c'est clair que ton taf paie bien, t'as le droit de donner mon CV à un de ces gars ou pas ? Mon boulot de videur me tape un peu sur les nerfs.
Je vais essayer, mais je te promet rien. Bon écoute, je finis mon café et je te laisse, je dois bien dormir, les jours qui viennent risquent d'être assez chargés.
° merde c'était pas de la fiction.
Texte à compléter

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