dimanche, novembre 18, 2007

Mon pays va bien

Chers amis et auditeurs, il est tard, sur les routes la pluie s'abat sur les casques à la visière grise des motards imprudents, les fillettes mouillent de trouille à l'idée du père Fouettard et Julien Battier se demande comment on fait pour faire une bonne béquille sur un gosse. La guerre en Irak n'a pas fini de ne pas finir et on a le droit à une flambée des prix du pétrole quasiment toutes les semaines maintenant. Pablo Neruda a écrit des bouquins de poésie fragile et doux comme une balle dans le fémur et maintenant son nom est lié à un coup de poignard sur un prof, tout ça me fait dire qu'un jour, des collèges de seconde zone risquent de porter mon nom et que rien que pour ça je serai dans le jeu. La grève dure, dure, infiniment, et tout l'hexagone semble pris dans l'incroyable flottement que je traverse en ces jours, ce flottement qui doit être là, quand le coeur commence à battre et l'extérieur prendre ses plus horribles et réelles formes. Alors oui, sans doute que ma littérature est en train d'en pâtir sérieusement, mais bon. Au fait, comme prévu, on a plus jamais entendu parler de la Birmanie et de sa fameuse junte, oh sans doute que là-bas ça tranche de la tête de bonze à la hachette m'enfin, 140% d'augmentation. Au fond, je sais que ça va clamser de plus belle d'ici bientôt et ça m'enchante un max, l'idée de ces peuples toutes fourches brandies dégueulants à travers les artères des capitales le bon fiel d'antan, celui qui demande une réévaluation des salaires et de meilleures conditions de travail et un peu de mer dans le week-end. Pourri, perdu, foutu, essoré, mort, démonté, le toutim on te dit, j'ai les bougies qui ne s'allument plus et le moteur en surchauffe, et merde ça fait du bien. Chers amis et auditeurs, les premières neiges ne vont pas tarder à arriver, vous pouvez continuer à lutiner votre femme dans le noir parce que son corps vous dégoûte, elle était belle à 20, mais à 50, c'est plus le même morceau de barback à mettre en pièces, maintenant elle pue la vieillesse, alors que vous, vous êtes encore bel homme, la puissance incarnée, l'érotisme pur sous vos poils et votre graisse. Il me vient à penser aux chefs d'oeuvres actuels qui resteront d'ici un ou deux millénaires, ça s'annonce chaud, y'aura-t-il de la place pour tout le monde sur ces aéronefs ? Est-ce que Paul Klee ? Les chambres obscures de Caraco survivront-elles au grand chambardement ? Et le Plat Pays de Brel ? ET LA SHOAH DANS 5000ANS, UN DETAIL ?

Comme la dévoration.