A petits feux
Ce que je vais vous dire risque de vous choquer, d'une parce que je vais l'écrire, de deux parce que c'est un contre-pied fragile. Osons. Il faut apprendre à être malheureux. Je tiens ça d'un clochard que j'ai rencontré il y a de cela trois ans maintenant. A l'époque, je me posais souvent sur des bancs dans des lieux improbables, avide du soleil et des moucherons, de ces allées de brume et de feuilles à mourir, de ces aquarelles vives et sèches. C'est naturellement qu'entre deux cours, je me suis retrouvé assis à ses côtés, je me souviens, c'était une journée multiple, rare. Après avoir vu cet homme, je suis allé dans un couloir lui faire un massage, encore un signe foutu, et après il y avait concert avec les frères, oui, on avait même dégusté des petites viennoiseries dans le train. Attardons-nous sur ce qui persiste aujourd'hui.
Quand je repense à ce que j'étais y'a pas si longtemps, à toutes ces après-midi passées sous la voûte, à mon gros cahier vert, à mon petit cahier bleu, à ces pochettes, je me demande à quoi je pensais. Peut-être que je voulais attirer l'attention ou alors la lâcher. Tous ces bancs froids, ces états seconds, ces stylos vides. Une fois une fille m'a demandé mon numéro parce qu'elle m'avait trouvé touchant seul sur mon banc en train d'écrire. Cette fille, bien que jolie, s'est avérée être d'une bêtise certaine, elle a refusé l'orage. Ne jamais estimer une fille qui refuse l'orage. Pour le coup, en ces temps, je n'étais pas si desenchanté( desséché ), maintenant je vois que tout sonne toc, misère, fond de couche. Que serons-nous dans un milliard, serons-nous nous aussi vissés à parler avec ceux de l'autre côté de l'écran qui existe en comprimés avalés en quatrième vitesse avant d'entrer sur le plateau. Il est vrai que de moins en moins de choses m'intéressent, et je parle bien ici de choses, les hommes, eux, restent indémodables mais ils sont tellement au second plan que gratter devient épuisant. Je n'ai pas beaucoup lu ni voyagé, je n'ai pas encore changé le monde, j'en ai fait des soupes à la grimace, des fausses joies, des sourires feints, jamais dans mon élément, dans la compilation poétique. Enfin, c'est à moi de voir( il était plus hard-rock que rock psyché, après on devait voir un Kaurismaki avec l'école, je voulais l'aider, je sais qu'il n'en a rien fait, il était sur des coups, il avait vécu le sud, le champagne, les femmes qui poignardent, il en était réduit à emmerder le patron( de loin ), un jour il volerait c'était sûr, pas de bière merci, tes mains sont détruites, les miennes attendent, à bien y penser, j'aimerais bien vivre le sud, le champagne, les femmes qui poignardent et m'embraser ).
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- Où cours-tu comme ça chéri ?
Chez la vie.
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Quand je repense à ce que j'étais y'a pas si longtemps, à toutes ces après-midi passées sous la voûte, à mon gros cahier vert, à mon petit cahier bleu, à ces pochettes, je me demande à quoi je pensais. Peut-être que je voulais attirer l'attention ou alors la lâcher. Tous ces bancs froids, ces états seconds, ces stylos vides. Une fois une fille m'a demandé mon numéro parce qu'elle m'avait trouvé touchant seul sur mon banc en train d'écrire. Cette fille, bien que jolie, s'est avérée être d'une bêtise certaine, elle a refusé l'orage. Ne jamais estimer une fille qui refuse l'orage. Pour le coup, en ces temps, je n'étais pas si desenchanté( desséché ), maintenant je vois que tout sonne toc, misère, fond de couche. Que serons-nous dans un milliard, serons-nous nous aussi vissés à parler avec ceux de l'autre côté de l'écran qui existe en comprimés avalés en quatrième vitesse avant d'entrer sur le plateau. Il est vrai que de moins en moins de choses m'intéressent, et je parle bien ici de choses, les hommes, eux, restent indémodables mais ils sont tellement au second plan que gratter devient épuisant. Je n'ai pas beaucoup lu ni voyagé, je n'ai pas encore changé le monde, j'en ai fait des soupes à la grimace, des fausses joies, des sourires feints, jamais dans mon élément, dans la compilation poétique. Enfin, c'est à moi de voir( il était plus hard-rock que rock psyché, après on devait voir un Kaurismaki avec l'école, je voulais l'aider, je sais qu'il n'en a rien fait, il était sur des coups, il avait vécu le sud, le champagne, les femmes qui poignardent, il en était réduit à emmerder le patron( de loin ), un jour il volerait c'était sûr, pas de bière merci, tes mains sont détruites, les miennes attendent, à bien y penser, j'aimerais bien vivre le sud, le champagne, les femmes qui poignardent et m'embraser ).
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- Où cours-tu comme ça chéri ?
Chez la vie.
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