mardi, décembre 25, 2007

Que je m'aménage, que je m'aménage, d'autres mélodies à me chanter du plus loin, quand la solitude impose sa marque sur ma nuque et tire sur mes ficelles lacrymales, quand la mort s'invite à la rêverie; que je me les aménage, pour le loin, quand plus rien ne me répond, pas même tes grains, quand je perçois l'âpre désillusion logeant sur l'écran scintillant sur la famille, ils s'assoupissent, le rire endolori, quand les chaussettes sont vides et les passions endormies, évaporées; que je me les aménage ces mélodies, quand je sais que je ne suis pas ça, le plus frontal des gâchis humains, l'égoïsme, les mains froides, les corps tristes; que je me les aménage pour supporter les clochards la paume tendue dans leur cimetière terrestre, que je me les aménage pour survivre à ces jours sans lumières ni pénombres, que je me les aménage quand toutes mes volontés se recroquevillent en un seul cri imperceptible; désespoir, vie hors des clous lumineux; que je me les aménage pour ne pas arrêter de m'esquinter les ongles à repousser la terre des réalités, continuer à forger le tunnel de ma folie douce, vers mon Paisible; que je me les aménage ces mélodies, mes mélodies, pour ne pas ressembler à rien ni personne, à aucun de ces figements charnels défilants sous mon oeil juge et prêtre, mes parents, que ces sourires, parures faciales inutiles, n'animent que les regrets qu'ils couvent; que je me les aménage pour reprendre pied en ciel, un petit air, éloigner le mauvais sort d'une existence avachie; que je me les aménage, pour pas, les splendides vergers à l'aube, la rassurante blancheur de ces jardins en hauteur, l'exacte sublimation de votre chair conquise; le soleil à travers les arbres, mes mélodies, s'asseoir sur la Toscane, contempler le rayonnement langoureux des dévorés amants, que je me les aménage, dans mon cerveau, véritables levers du monde confectionnés sur la note; ces fleuves, quitter le rivage banal, la côte désenchantée, et voguer sur la fougue du réinventé, avec comme berceuse, pour m'aider à triompher des océans de tempêtes, mes mélodies que j'aménage au fur et sans mesure

Gracq, la pluie, humaine désincarnée.

" C'était horrible. Dire que le grandiose est possible ! "