dimanche, juillet 30, 2006

Cliniquement vivant : (essai sur les extrêmes ou rien)(la rumeur de mon voisin)

La carrière était sombre, la poussière avait jeté un voile étouffant sur l'esplanade, on m'avait fait levé en même temps que le jour, ce jour qui devait être mon dernier.
Ils étaient trois à m'accompagner jusqu'au lieu d'exécution, un misérable parterre à seulement cinq cent mètres de ma maison, j'étais quasiment dans mon jardin.
Dans ces trois hommes il y avait mon père, mon mari et mon amant, c'est eux qui m'ont tués, pas ces vulgaires pantins qui me traînent jusqu'à ma tombe à ciel ouvert.

Leurs ombres traçaient des formes peu reconnaissables, si l'on eu regardé que ces ombres, on aurait pu penser en la présence d'un papillon d'une envergure étonnante, mais cette créature fantastique n'existait pas et la réalité était tout autre.
Il me tenait les poignets si fort que bientôt mes mains en furent engourdies par manque de sang, ces deux hommes de chaque côté filaient droits en ne me laissant pas respirer ni sentir mes derniers moments.
Derrière moi, le troisième homme s'amusait à me cracher dessus en me traitant comme la dernière des putains, il lui arrivait même parfois de me frapper le dos avec une planche de bois trouvée au hasard d'un chemin, il aimait me considérer, et considérer toutes les femmes, comme des chiennes excitantes.

Cette ballade meurtrissante n'était rien comparé aux jours me séparant de mon châtiment sacré, j'avais en effet passer les quelques semaines suivant mon "crime" a me faire "punir" sans rien dire par la quasi totalité du village bien qu'on m'eut déclaré malade et souillée.

vendredi, juillet 28, 2006

Week-end classé "Orange" dans les deux sens

Le vent émanant de la route à deux voies, derrière les arbres, derrière les champs, derrière les jardins, derrière les maisons, derrière l'insomnie et la diffusion dans la paupière de l'image des Water-Closet aux papiers peints défoncés, retournés par les ongles du mal être, le chant de la solitude affrontant les réunions...

Sans jamais s'arrêter, une légère scarification sur la terre, à peine une rivière, la pression sanguine s'amorçant en silence, et le poing se serrant pour sauver la petite fille assise inanimée, l'anémiée renaît, salue son sauveur, et s'en va, il y en aura d'autres, et un jour, il n'y aura plus de sang ou plutôt plus de gens avec l'envie d'aider, et elle partira, par l'aéroport dans un dernier trip, les pupilles révulsées et tenant fort contre elle tout ce qu'elle n'aura pas eu, faute de mieux...

Condoleeza discute,
S'interroge,
Parle,
Cherche son coeur,
Y trouve un trou,
Tapote en dedans,
Y trouve un rythme,
Sourit,
Et la communauté internationale avec.

Les sourcils crépitants au soleil, la danseuse transportée ouvre un rictus immense, sous ses ombres, deux pastilles inondent la salle, elle ne sait plus quels vêtements elle porte ou si elle en porte, plongées, ses mains de laines caressent toutes les fêtes, elle traîne sa silhouette partout, joues contre jour, la vague baignant son squelette new-yorkais, au clair d'un automne plus doux que prévu, elle s'amuse, avec sa vie, avec leurs vies, elle a oublié, les conneries, le déversement, les livres et inversement, une dent plantée dans le poignet, toujours blanche...

Puis vient les méandres des pots d'échappement, les clopes écrasées sur le comptoir, les regards vitreux du public devant une mauvaise chanson, l'applaudissement de la pluie dans ce concert en plein air, les langages qui se forment dans la boue, les corps qui se sculptent lentement, la brune qui se couche dans un bouillon de lune, à ses lèvres, une barbe, celle de son ami, futur mari, sans colline, le visage se fige, et reste une icône, un témoignage de la beauté, une oeuvre, aux effluves scandinaves et avec une pointe noire posée dans le creux...

Au fond, ce n'est pas tant une histoire d'habitudes que d'extraordinaire.

( Longtemps, sa voix m'a suivi, longue comme un univers, branchée sur les étoiles, voguant au gré des orages, ma plume de poudre, et la mesure s'y raccordant)

Voyage au blues,
des larmes sur la pomme d'Adam à regarder ce feu qui mâche mon avant en me faisant jamais...

dimanche, juillet 23, 2006

Coeur, à la buée

L'enfant : Vous êtes condamnés à sans cesse gribouiller dans des carnets obscurs des rêves innommables mais que vous vous bornez à classer.

La foule : Nous écrivons pour laisser trace des rêves de l'humanité.

L'enfant : Laisser trace pour qui?

La foule : Pour nous et ceux d'après, pour nous.

L'enfant : Vous ne laisserez donc que des miroirs, alors que vous auriez pu plus facilement laisser le ciel en état.

La foule : En état de quoi? Le ciel c'est le ciel, c'est là-haut et ça se tait.

L'enfant : En état de respirer, maintenant il tousse et vous emporte.

La foule : Non, ça c'est la colère des Hommes.

L'enfant : Les Hommes ont un regard solitaire et froid, pendant quelques temps, ils n'ont fait qu'observer le ciel, sans voir la terre leur bouffer les pieds, depuis il ne fixe que la terre, un fusil à la main et une grenade dans la poche, pour dominer en marchant droit, tandis que le ciel, tranquille, à tout le temps de faire crever ses fleurs, quelque chose comme l'effet de serre.

La foule : Peut-être, mais nous gardons les yeux ouverts.

L'enfant : Je préfère être aveugle face au décalage.

La foule : Quel décalage?

L'enfant : Le décalage entre la nature d'un Homme et sa définition dans le dictionnaire ou dans les archives, dans les sondages, dans les bulletins, dans les banquets, dans le ventre tué d'alcool de la fille venant de perdre ses parents, elle ne pleure pas, elle se dit

" Tristesse "
puis
" Repartir"
enfin
" Deux places de moins" ,

c'est cette nuance entre le chiffrage systématique des êtres humains et la réelle valeur du chiffre qui n'est qu'une information, qu'un détail statistique, qu'une invention, il faut voir que ça n'a pas d'intérêt d'en accorder aux données et aux appréciations mais qu'il faut simplement faire battre les sourires, faire se serrer les mains, faire couler les paupières, faire approcher les corps, faire fusionner les frissons,

il faut faire pour rêver,

ne plus crier mais écouter son cri, ne plus rire mais l'admirer, ne plus errer mais vivre, passer du bon côté de la vie.

La foule : On le sait que la vie a des bons côtés, et je ne vois pas de décalage entre toi par exemple qui est un enfant et.../

L'enfant : Le décalage c'est justement que tu me vois avant tout comme un enfant et non plus comme une émotion.

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(Frise astrale et symbolique censée représenter le chemin restant)

Après ça, la foule dit à l'enfant d'aller plus loin et qu'il était ennuyeux, qu'il ne s'intéressait à rien, qu'il était de la souffrance, la foule reprit son chemin et écrasa brutalement les crayons de couleur de l'enfant laissant au passage une traînée irisée et éclatée aux faux airs de monde,

Lumière brisée :

l'ampoule qui se casse sous la note des hurlements du torturé juif de 43 ou de l'oublié musulman de 63, ou de l'oublié musulman de maintenant, ou de l'oublié bouddhiste de maintenant, ou de l'oublié affamé au nord du matin calme, ou de l'oublié nègre et esclave de toujours, ou de l'oublié "je ne sais plus si je dois croire" de demain + trois quart.

L'enfant resta dans son coin, pensa que la tendresse était encore loin, lu avec un léger rictus un petit livre rouge qu'il balança dans un Grand Bond en Avant, compris qu'il était le seul à émergé ainsi et se rassura un peu dans l'hiver, en ouvrant la bouche et en la collant avec tout son coeur contre la vitre...
contre le semblant de vitre grillagé qui surplombe la porte insurmontable

(ça sonne insubmersible, vous me remettrez deux glaçons aux fonds du concerto de violons en zone Arctique)

de la cellule trente et une de l'hôpital psychiatrique pour mineurs des Deux Aigles à Cologne D.C.

Tangue eau.

dimanche, juillet 16, 2006

Fragile (reprise)

Cette "oeuvre" est une putain de carte postale de mon existence, j'aime la retourner pour voir la signature de mes rêves et de leurs égratignures, j'aime voir que j'en avais oublié, j'aime savoir qu'ils agonisent encore en tenant dans la main une luciole qui respire.

De l'autre côté, le dessin de la ville de Venise dans sa nuit jaune semble se noyer de plus en plus.

Je ne pouvais pas m'abandonner, vous abandonner, tous les lecteurs que vous n'êtes pas, tous les visiteurs qui ne viennent pas, toutes les histoires qui ne passionnent que mon imaginaire démembré, je ne pouvais pas laisser à l'oubli la sincérité de mon espoir.

Tranquillement, une rayure d'artifice passe et danse sous ma porte, laissant des interrogations quand à l'apparence de ma chambre, les gens eux circulent, en consommant la pilule qui t'enverra plus haut qu'une balle de base-ball au fabuleux Yankee Stadium, les vieux mariés partent en week-end dans un break de 1988, en souvenir de mon année de naissance et du faible coût de cette épave à quatre roues, une naissance à quatre roues, je n'ai jamais vu mon berceau, la première image qui me vient est celle de la maternelle, l'éducation nationale m'a fait naître universelle, à cette époque, on construisait des ribambelles représentant inlassablement une femme blanche en jupe, une certaine idée de l'idéal féminin, je ne savais pas marcher, je n'ai jamais su, ce qui ne m'empêche pas d'avancer, quand on était gentil et on l'était toujours car on ne faisait pas encore planer le spectre d'une immigration violente et infectieuse, on nous donnait une "image", plus tard ça serait une "note", encore après un "salaire" ou une "promotion" pour arriver à un patinage agréable à l'oeil pour l'intérieur du "cercueil"...

Je préfère celui là "éclat de bombe à hydrogène sur enfant sans défense"...

on a toujours eu tendance à mettre une fin aux choses pour organiser des buts, des étapes, des passages, alors qu'il n'y a que la vie.

Aujourd'hui, j'ai fait du vélo pour la première fois dans ma rue, avec des roulettes, à eleven years, un camion gigantesque, colossal, immense, démesuré, enfonçant le bitume de sa masse et faisant claquer les trottoirs m'a effleuré, je n'ai rien senti, je pensais au papillon vagabondant dans l'ersatz de garden de mon voisin à qui je ne dirais jamais bonjour.

Aujourd'hui, j'ai roulé pendant deux ou trois Kilimandjaro après avoir posé le pied involontairement sur la version artisanale de nos actuelles mines antipersonnelles :

Une banale plaque de verglas...un aléas des eaux capable de tuer n'importe quel malchanceux et ce à moins zéro degré celsius...une "banale" plaque de verglas mais non, elle est unique, magnifique et mérite deux ou trois milliards de livres, un cercle polaire d'une trentaine de centimètres tracé sur la plus horrible des créations humaines, la route
(bien que je la sublime aussi, ma route, mes airs, l'autoroute, la pluie s'y versant, les gouttes perlant sur le front vitré de ma Mustang Gt 390 "Fastback" en direction des nuits plus claires où je pourrais perdre une vie en regardant Steve McQueen dans les yeux pour voler la fugacité ténébreuse située à mi-chemin entre sa course défoncée et sa lame glissant contre l'acier cramé de la peau d'Aminata)
, mais l'asphalte est propice aux exploits aquatiques car sa grande humanité en fait un être d'un froid excellent, voilà pourquoi le verglas pousse aussi bien dans les banlieues du monde entier.

Mais revenons en à maintenant, ma tête a frappé le sol libérant au passage une flaque de sang entourant le disque glacé, cette vision,

cette éclipse rouge qui dura quelques secondes fut l'un de mes plus beaux instants,

mes cheveux blonds étaient désormais maculés et donnaient l'air de la paille après l'apparition au monde d'un agneau apeuré, fébrile, et pouvant partir dans un mauvais souffle, il est apparu naturellement et sans l'intervention des mains en plastique d'une paysanne bienveillante.

C'était la douleur et la peur, cette même naissance qu'il y avait ce jour là et ce jour ici.

Je me suis sortis de l'enveloppe plastifié que j'avais choisis dans un "Printemps" pour évoluer à l'air captif...mais en victime libre.

Grignotant mes tympans, pas loin, l'insecte adorable, j'ai envie de l'écouter.

J'aime par tout...mais on me frustre...il fallait bien que je combatte quelque part.

Je demeure le visage marqué, à chercher le soleil à travers les publicités.

mercredi, juillet 12, 2006

Fin : Aurore picture show

Les mots sont des pistes que nous laissons à nos angoisses