vendredi, août 24, 2007

Publications de la douceur et du pénible

écrire sur les murs : à l'encre, au crayon, à la peine, des vérités
invérifiables
des dingueries qui allumeront de jolis croissants interrogatifs
dans les yeux des passants, des messages Inuits, peuls, en langue morte,
langue-réveil pour peuple sur bande passante, quelques mots, rimés ou non
sur l'éclat du ciel ou l'état du code pénal, deux ou trois vers sur les poissons
pêchés, brillants, le ventre à l'est, un aphorisme pour moi ou pour toi
pour les plumes que sèment nos déroutes, nos alliances,
une longue tirade en français haché pour faire vomir les professeurs,
pour irradier les fauteuils tranquilles crépitants comme si dimanche était
permis, manifeste des prostituées écrit au rouge à lèvre sur une gargouille,
prendre un vieux marqueur à l'odeur de rêve et dessiner avec lui
nos complots en germe depuis l'enfance, plus de ci, trop de ça,
le soleil se renversera, je te donnerai la lune dans une coupe de glace
mais tu t'acharneras sur le fait qu'il n'y avait pas de cigarette russe, la lune
mais pas de cigarette russe sur les murs de Pékin et les dos des ados
ensanglantés, la bonne vieille méthode, un peu de ton sourire étalée
alors que les dorures du port de Lisbonne frient l'air manipulé,
alors que l'on entend(quoi, ton sourire, vallée de mica et de meurtres)
la voix des voiles, une campagne contre l'uranium griffonnée à Milan,
des fillettes qui jouent dans le lac, qui défilent sur le ponton, et sous
ce ponton, gravé du bout des ongles à Genève, une phrase en guise
de regrets pour notre consumérisme toujours plus flamboyant, toujours
plus étudié, (à la hâte)
cinq six gosses noirs debout sur les trains de la Sud Afrique,
les semelles de leurs baskets en miettes cachent un alexandrin écrit
pour une certaine Julia qui semble avoir les tétons roses, la tête pavillon
baissée faisant les cent pas dans les cailloux blancs de l'asile de nuit, il
connaît ce bruit de chaussons dans le gravillon(symphonies renouvellables)
par coeur et sa routine de médicaments, sa Yougoslavie,
rouge, blanc, bleu, il se demande pourtant ce que signifient ces mots
qui flottent dans l'eau de la fontaine, ces mots qui sonnent comme un appel
de la mer, un coup de phare, les étudiants londoniens tirent leurs serviettes
de sous leurs corps rubiconds, tracé dans le gazon, une merveille
d'académisme traitant de loin en loin une de ces lentes légendes grecques,
un couple d'homosexuels d'Austin se marre parce que les céréales
multicolores nageants dans le bol d'Elias viennent d'écrire ce drôle de mot
vulgaire qui leur plaît tant, un code contre la guerre à Salamanque
les écolières éoliennes viennent d'afficher(tremblements/agitations)
sur le tableau du préau la liste de leurs garçons favoris, une taïwanaise
serre dans sa main tremblante un petit bout de papier sur lequel est écrit
la réponse, oui ou non,(fièvre) les déferlantes ont défoncé les rues,
la boue pousse(auto-tamponneuses lascives en caramel liquide)
une pile de feuilles illisibles sur la libération des plantes, une lettre d'amour
d'un jeune résistant français tombe jusqu'aux mains d'un argentin de quatre
ans qui l'avale entièrement, mes pensées sur la fiction et ta sensualité
finissent dissipées dans les fumées chétives de la fabrique de porcelaine
de Delphes, entre les menaces de mort, l'acteur à la mode reçoit
une pétition pour l'expansion des panneaux solaires et un poème
mélancolique sur les irlandais et la crise de la patate, on vient d'écrire
au fin fond des souterrains de Séoul, dans une de ces stations fantômes,
quelques coups de canon pour la liberté, des festivals de lumière,
de splendides volets sur l'apparition, un clochard, pliant sa maison,
à Antioche, s'aperçoit qu'il dormait depuis six mois sur un extrait fabuleux
du discours d'ouverture des Jeux Olympiques d'Atlanta de 1996, ma soeur
se lave les dents et comprend enfin pourquoi les miroirs existent.
écrire partout(sur les rivières ou les crosses)

mercredi, août 22, 2007

Musique douce...Musique nostalgique...

Métro-boulot-dodo. Le dodo est une espèce en voie de disparition. Ressentir de mieux en mieux la lumière des lieux, s'en inspirer, éclat des pins qui gouttent, route trempée, phare arrière éclatée. Utiliser l'infinitif sert à rompre le "je". Est un autre, aux Antipodes qui s'amuse sur le dos d'un kangourou noir.

Aimer tendre l'oreille pour écouter les bribes de conversations des gens dans les cafés et les exposer telles quelles. Il me vient en tête l'image de ce jeune homme gros voulant séduire en face d'une grosse femme qui semblait être sa mère. Il était question de Selma Blair et de superhéros dans mon dernier rêve un tantinet structuré. Ça serait bien si un jour je recevais une amende pour utilisation de licence dans un cadre onirique, je prendrais ça à la légère. J'ai vu une pub hier, j'en ai même vu plus d'une centaine, mais disons que celle-ci m'a marqué, terriblement marqué vu qu'ici je la dépose. Cette réclame vantait les mérites d'un site de rencontres avec pourcentage de réussite et corps noyés dans une lumière blanche à la clé, douces poses et regards hypnotiques en option, voici comment trouver votre partenaire, celui qui correspondra le mieux avec vos défauts et vos qualités(mains qui s'entrelacent) *******.fr.

Depuis une vingtaine d'années soit disant qu'ils font ça.
Pour ma part je pense que toutes ces agences ou maintenant sites de rencontre ressemblent d'avantage à un hall cafardeux de l'ANPE qu'à une esquisse tahitienne. M'enfin pour peu que ma voix compte. 1 2 3 4. Des écrits, Paris plongée dans ces 17heures d'hiver violet, que de beauté, comme longer mon école primaire, les quelques feuilles à terre, le doigt sur les barreaux verts, la pâte à sel. Quand avant, notre seul drame était de perdre un ballon(fameux ballon, fameux but de la tête, la gloire éternelle sur le terrain de jeu) maintenant faut non seulement faire gaffe de pas perdre le ballon mais faut surtout gérer avec la famine, la menace nucléaire, la vaisselle, les filles que l'on envisage, les livres à lire, la castration chimique et le fait que le redoublement est plutôt mal vu. C'est la chanson de la pub bon Dieu. Mais oui c'est la pub. Une pub pour quoi au fait ? Mon nouveau roman ? L'arche de Noé ?

"Tout n'est qu'oeuvre d'anticipation."

Je le sentais venir. Tu sais les alléluias sportifs sont rares, juste un autre, un dernier. Le cours de sport du jeudi matin se terminait, Dieu que j'étais heureux le jeudi, je savais qu'après le sport la semaine était finie, pas vraiment mais il restait la musique au milieu de deux cours de français et j'adorais ça. Le cours de sport se terminait, tout le monde rentrait au vestiaire, les fesses de Julie dans son jogging bleu marine étaient émouvantes, Mathieu était dans mon équipe, on avait perdu qu'importe. Je prend la balle, une dernière fois, grosse orange bien gonflée. De l'autre bout du terrain je jette. Et SWISH ! J'ai crié j'étais fier ! J'ai couru vers mes potes " Vous avez vu ça, vous avez vu ça, j'ai tiré de l'autre moitié du terrain(du bout du monde) et j'ai marqué ! " J'ai couru vers mon prof de sport "Vous avez vu ça, vous avez vu ça " Tout le monde s'en foutait mais avait un petit sourire. C'était moi quand même. Dans les vestiaires, oh que j'étais heureux. Je venais de gagner ma journée.

A quoi pouvez bien penser Jane Fonda en marchant à travers les marécages d'algues vietnamiens, à sa cause, aux caméras, à sa peau ?
L'image est importante.

TV. Je tombe sur le début d'un film. Je devais aller me coucher. Mais les sous-titres sont ceux pour les sourds et malentendants.

MUSIQUE DOUCE

...

(les images défilent, des histoires de basket-ball à la con, des enfances, des "mon premier panier", un ballon jaune, faut pas le perdre, et de la musique douce pour habiller le tout)

...

MUSIQUE NOSTALGIQUE

(apparemment ça s'est mal passé, le type est dans un lit d'hôpital, il ne pourra plus jamais jouer au football, c'est de naissance, il faut mettre des plâtres chaque Noël, attention à ne pas casser le pied, et la musique est nostalgique)

L'interrogation surgit comme un cascadeur de la vitre d'un Dinner. Si c'est pour les sourds. S'ils mettent "Musique nostalgique", comment sont-ils capables de "visualiser auditivement" de la musique nostalgique ? Je sais bien ça doit être un code, une façon de faire qui a fait ses preuves comme les codes couleur pour les sous-titres(violet pour la musique). Ils auraient pu mettre "Nostalgie" ou "Douceur" ou ne rien mettre mais dans ce cas j'aurais fait comment pour écrire cet après-midi ? J'aurais du faire une histoire de fiction ? Reprendre un de mes anciens personnages, rustres frustrés, gentlemans désabusés, mademoiselles malades ?

Tu es sourd, tu n'entends rien. Tu vois : Musique nostalgique. Comment imagines-tu les formes sonores de ta nostalgie ? Comparer ensuite toutes ces impressions mentales de sourd à sourd et organiser de grands concerts de l'imagination. C'est ce genre d'anomalies qui m'enchantent. Tu prends ton premier café, ta première vodka avec cette fille, est-ce qu'elle sait que tu as déjà couché avec elle des milliers de fois dans ta tête ? Est-ce que c'est ce pressentiment qui l'a met mal à l'aise ? Pourtant, c'est mieux d'avoir de la préparation. Je vais dévoiler un des syndromes que j'arrange petit à petit dans mon garage.(la grande porte est ouverte, le gazon est vert fluo, l'arrosage automatique éclaire la nuit devant les yeux aplatis de mon chien, le soleil brille).(garage sombre, garder la fraîcheur, un étau, des outils partout, la conspiration, la démence).(garage de sitcom/garage de roman de gare).

Syndrome dit de Fassbinder : Tout ce que je pense ne se réalise pas.

(EXEMPLE : Je pense à ma voisine de pallier, un jour on se frôle, puis un autre, puis un autre jusqu'à ce que les frôlements nous ai retiré tous nos vêtements et mis fin aux siècles de pudeur.
RESULTAT : Le premier frôlement ne viendra jamais, ma voisine me verra toujours comme quelqu'un de coincé voir de criminel.)

Le malade se dit un soir que c'est parce qu'il y a pensé que ça ne se réalise pas. Il décide de ne plus penser à rien. Plus ça revient pour une camarade de classe. Évidemment rien, alors il se punit. Il pense qu'il pourra bientôt remplir des salles grâce à ses chansons. Il se punit. Les salles restent vides, chenils pour fantômes des gloires éteintes. Une bonne idée, il pense à se suicider. Il ne punit pas, il vient de se sauver la vie. Continuons à contrer le mauvais sort ! Il pense à la folie. Mais c'est déjà trop tard.

Le développement viendra plus tard. Vous passerez après vos vacances en Amérique du Nord. Vous reviendrez et il y aura l'histoire entière dans les yeux pétulants de Tom(uniforme bleue) de chez PhotoLIVE.

mardi, août 14, 2007

Le cadavre de l'ancienne actrice X

Croisière transcendantale : Essai N°01,

Le cadavre...

Des vers. J'avais toujours imaginé ça comme ça, une espèce de grande planche violette avec pour visage un masque de vers grouillants. Pourtant, elle avait l'air d'une poupée qui s'apprête à rentrer sur scène, poudrée, blanche comme si on l'avait trempé dans l'hiver. Elle a vraiment un joli minois. Mine de rien c'est rare, je la connais depuis à peine trois jours et je la vois déjà nue. Certes elle est morte mais bon. Un autre homme est avec moi, dire que s'il y avait plus de chaleur dans l'air et quelques heures en moins, on serait peut-être en train de bien s'amuser. Sauf que là le type a pas l'air aimable, oh non, sa lèvre supérieure vient de se lever comme une vague, je crois qu'il me parle : " C'est bien elle ? " Fredrik fait oui de la tête, il semble absorbé par la tête blanche de son amie récemment morte. Il se demande pourquoi est-ce qu'il a le droit de la voir dévêtue alors que d'habitude, dans les films, quand on venait vérifier l'identité d'un corps on n'en voyait que la tête, le reste étant glissé dans une espèce de sac poubelle. Elle est vraiment belle, il peine à se dire qu'elle est vraiment partie et il peine encore plus à l'idée que ce si joli petit lot ait pu engouffrer à longueur de journées des membres d'hommes. Le plus souvent, il y avait au moins cinq partenaires par jour de tournage, cinq types qui allaient et revenaient dans chaque poche à plaisir de cette beauté refroidie. La veille au restaurant, elle avait fini par lui dire ce qui la tracassait avant qu'ils puissent entamer une relation sérieuse, elle lui avait avouée qu'il y a de cela deux ans, elle avait joué dans une dizaine de films pornos. Abasourdi par la nouvelle, Fredrik avait foutu le camp par la porte de derrière en prétextant qu'il allait aux toilettes. Je regrette. Tout son corps n'a rien qu'est-ce qu'a bien pu se passer ? C'est peut-être parce que son corps est en parfait état que j'ai le droit de la voir comme ça. Bizarre, je l'imaginais rasée en bas. Bon Dieu, je suis sûr que le croque-mort doit avoir vu un de ses films, cet enfoiré à la bedaine plastifiée. Il faut que je dise un truc, sinon il va me demander de me tirer et vu que j'ai déjà menti en me faisant passer pour le frère de ma défunte. Dire un truc, n'importe quoi, pour en savoir un peu plus sur la cause du décès. "Poison". Quoi ?. "Quoi" demande Fredrik un peu sonné. " C'est du poison qui a tué votre copine ". "Ce n'est pas ma copine". " On peut l'observer grâce à la marque de la seringue sur la hanche droite, ce qui est assez étrange comme manière de procéder et par le léger gonflement entraîné par la piqûre, on peut en déduire facilement qu'on a utilisé du diazépine. Incolore, inodore, utilisé la plupart du temps pour le jardin et occasionnellement pour une mort certaine en moins d'un quart d'heure." Le croque-mort est en fait d'une maigreur insolente, toutefois, il souffre d'un cruel manque de reconnaissance ce qui l'oblige à se prendre pour un acteur de série télé, dévoiler autant de choses étant en effet passible de lourdes sanctions. Du poison, diazépine, pas rasée. Qui aurait eu l'intérêt de l'empoisonner ? Elle n'avait personne, elle me l'a dit, pour preuve c'est moi un pauvre vagabond qui suis celui qui l'identifie devant les autorités mortuaires. Rrr, je me mens à moi-même, le style n'est pas là, je suis pas un vagabond, je suis pas un pauvre, je suis toujours chez mes parents et sans cesse en train de faire semblant de chercher un travail. Mais là n'est pas le problème, cette fille m'est tombée sur les bras, belle comme un faux-passeport et maintenant elle est crevée. Crevée de chez crevée comme les mouches sur le front du clochard. "Quelqu'un devait en vouloir à votre copine et c'était sûrement pas un manchot ". "Ce n'est pas ma copine".Ça me facilite la tâche, au moins je n'aurais pas à visiter tout le pôle nord pour retrouver l'assassin. Putain pourquoi je fais de l'humour. Elle est morte, je l'ai abandonné à l'hôpital, elle avait encore le sourire puis à peine le temps de prendre un coca au distributeur. A peine le temps d'arracher quelques fleurs d'un de ces gros vases blancs et carrés qui polluent tous les hôpitaux du monde. A peine le temps d'arracher ces fleurs pour pas que le sourire parte, il ne faut jamais que le sourire parte, en tout cas au début. A peine le temps que déjà il n'y avait plus personne. J'ai questionné, prié, engueulé, menacé les infirmières mais elle ne savait rien. Alors j'ai couru les rues. Puis les morgues. Je me souviens de cette morgue, je m'y étais rendu il y a une dizaine d'années parce qu'un de mes grands cousins y travaillait et qu'il était bien décidé à me foutre la trouille de ma vie ce soir là. J'ai 22ans, je vis encore chez mes parents, je n'ai pas d'emploi, pas de voiture et pour la petite copine ça semble mal barré. " Est-ce qu'on sait quand elle a été empoisonné ? " . "Aux vues de la rigidité et du temps normal d'assimilation du diazépine dans le sang, je dirais il y a six heures, peut-être sept."On l'aurait donc empoisonné vers 1h ou 2h. Qu'importe. Quoi qu'il arrive, celui qui a fait ça nous suivait depuis longtemps et a profité de mon absence à l'hôpital pour l'emporter avec lui, profitant de sa faiblesse passagère due à mes sonnantes excuses, à cette demi bouteille de vin et à la nuit féroce. Elle m'a dit qu'elle ne se sentait pas bien, je lui ai demandé si c'était de ma faute, elle m'a répondu que non puis elle m'a demandé de l'emmener à l'hôpital, ça me parut excessif mais j'étais prêt à tout pour elle maintenant. Rien à foutre de son passé d'actrice porno. Rien à foutre, elle pourrait être la huitième femme du roi du Burkina-Faso ou une baleine bleue que je m'en foutrais. J'avais décidé ça en me réveillant. Je l'avais appelé de suite, elle ne semblait pas si fâchée par mon attitude lamentable de la veille, sans doute avait-elle aussi besoin de quelqu'un auprès d'elle. J'avais fixé le rendez-vous, au même restaurant, histoire d'effacer ma maladresse une bonne fois pour toutes. 22ans, à sa maison, amoureux d'une fille morte de 24ans nommée Béatriz Drummer. Dans le microcosme pornographique, chez les adolescents, les solitaires, les paumés, les épaves, on l'appelle Hélénia. Elle avait choisit ce pseudonyme sur un coup de tête parce que la plupart des gens se plaisaient à dire qu'elle avait tout d'une russe. Hélénia pour Béatriz ça sonnait vraiment russe. Mille deux cent vingt et six mouchoirs usés pour Hélénia. Une dose de diazépine pour Béatriz. Elle mourrait des deux façons. Fredrik était maintenant devant la morgue. Seul, le jour commençait déjà à pointer par de petites touches grises et mauves. Ce légiste était vraiment bizarre, gros comme un clou, un légiste de nuit qui aimerait être détective. Résultat nada. Béatriz, disparue, un bout de papier sur son somptueux orteil. Un casier réfrigéré. Des parents qui, deux semaines plus tard découvriront tout. Qu'elle était encore en ville, pas si loin. Qu'elle est morte. Qu'elle céda son corps pour de l'argent et de la bande. En cas d'homicide, une enquête est ouverte, les parents ont été contacté, c'était simple. Il n'avait pas pu déclarer la fugue, elle était majeure quand elle quitta la maison, de l'ombre bleu marine étalée sur les paupière. Elle semblait si perdue, si angoissée, si vulnérable, si fragile. Je l'aimais. Les parents s'interrogent, auraient-ils préféré ne plus jamais la voir plutôt que de la voir ainsi fardée. Fredrik va sans doute retourner sur le campus à la rentrée, d'ici là il aura bien le temps d'écumer les sites internet à la recherche d'un quelconque acheteur de diazépine, il va aussi pouvoir se rencarder sur toute cette population louche qui hante le milieu du porno, c'est pas pour rien si elle avait l'air si flippée à m'en parler, bien sûr y'a la pudeur mais je suis sûr qu'il y a autre chose. Il rencontrera les parents lors d'une timide après-midi d'août, ce père, cette mère, beau-papa et belle-maman, il l'appelait leur océan. Pas rasée en bas. Pour moi ce sera Béatriz, simplement Béatriz, mon premier cadavre.

Ça me rappelle ce rêve que j'ai fait une fois, j'étais dans un long couloir. A un moment, moi ou celui que je voyais comme étant moi posait sa main contre le mur. Une légère étincelle puis des espèces de longs sexes gélatineux et cristallins sortaient de par les parois. Ils décrivaient des arcs de cercle mou, ils étaient d'un violet puissant et pailleté de blanc. Sûrement une réminiscence de ce film de Cocteau. 24ans, étudiant en art, chez ses parents, surplombant le corps sans vie de Michel Tenko;

samedi, août 11, 2007

A ciascun'alma presa, e gentil core,
nel cui cospetto ven lo dir presente,
in ciò che mi rescrivan suo parvente
salute in lor segnor, cioè Amore.
Già eran quasi che atterzate l'ore
del tempo che onne stella n'è lucente,
quando m'apparve Amor subitamente
cui essenza membrar mi dà orrore.
Allegro mi sembrava Amor tenendo
meo core in mano, e ne le braccia avea
madonna involta in un drappo dormendo.
Poi la svegliava, e d'esto core ardendo
lei paventosa umilmente pascea:
appresso gir lo ne vedea piangendo.

mardi, août 07, 2007

Maybe I could be a link

Rafraîchir

Balise spoil activée

Je suis en High Id, ce qui fait de moi quelqu'un d'assurément bon.

Publier le message ? Sauvegarder maintenant ?

Comme une routine qu'on cabosse, mon écrit du jour ressemble peu à ce que j'avais souhaité cette nuit. Je m'étais dit : "Oui, on fait comme ça, je me lève assez tôt et j'écris enfin une nouvelle classe et innovante"

J'avais même lancé le début. L'histoire d'une fille. Lascive. Cousue sur un bras de mer qui me regarde comme si j'étais Jude Law tout en roulant dans le sable avec sa jolie culotte rose. Des yeux en amande, salés comme le monde. Elle me dit : "Ses mots, ses mots, quand il écrit c'est comme s'il me glissait des perles sous la langue, des clochettes dans l'estomac, tout en moi résonne et semble briller, je me sens différente." Puis j'aurais mis fin au rêve avec un bon coup de pied latéral qui m'aurait envoyé valser dans du gazon triste. Il aurait mis son silencieux sur sa tempe et là comme prévu, comme voulu par mes ambitions auteuristiques, mon personnage aurait réfléchi, beaucoup, beaucoup, sur tout, en bribes. Banana split trop cher pour mes parents / Cette fois où je m'étais réveillé sur un rond-point / La tortue que je lui ai acheté. Un peu comme dans cette pub là. C'est possible que toute mon inspiration, ma colère vienne de cette pub enchaînant les flashs, sourires et bas censés représenter l'existence. Possible que ça soit ça, l'existence, une pub, un pot-pourri de moments filmés baignant dans le maquillage. Le plus beau maquillage de l'univers. Maintenant, même mes rêves ont l'air de spots publicitaires, la lumière y est nette et les corps sculptés comme légèreté même.

Il devait être assez tôt, je ne préfère pas le dire, d'aucun me traiterait de branleur, d'autre de flambeur, du reste, il était assez tôt, l'ascension marronnasse qui drapait l'autour commençait à fléchir sous un nouveau jour de ciel bleu. A la télé, un film indépendant ou qui se la veut comme, un film anglais qui traite de l'adolescence de manière brute bien qu'un peu convenue. L'ado taiseux est frustré(mère célib', seule distraction : se casser le crâne avec les potes au bord d'une mer frigide brodée dans les cailloux, excellent violoniste) et sur la fin il se dévoile vraiment(il se met nu) en psychopathe à la violence extrême(il viole une femme puis lui enfonce une espèce de sabre dans le vagin) le sang se répand. Peu après, son ami(gosse perdu) poignarde le mari de cette femme à une dizaine de reprises, celui-ci meurt, choqué, sa tête claquant comme un réveil-matin contre son bureau. Ce n'est pas tant ça que j'ai aimé, il y a de bonnes idées dans ce film mais les non-dits sont mal foutus. Enfin. L'essentiel s'est passé avant, on voyait le gosse perdu(gueule typique de l'anglais prépubère et foutu, rasé, maigre et blanc) en train de pêcher, avec canne et hameçons et je sais pas. Disons que j'ai été pris d'une émotion. Je me suis dit que si un film retraçait tout ce que j'avais(ou tout ce que vous aviez) vécu jusqu'à lors, on comprendrait sûrement mieux tout ce qui paraît nous échapper à l'instant. De l'introspection sur grand écran en somme. Joies et regrets enlacés giclant sur nos paupières frelatées. On comprendrait mieux.

J'aurais pu choisir de rester les bras croisés comme beaucoup, à rien faire. Couché au coin, attendant la rentrée. Le chèque de fin de mois. Les préparatifs pour le mariage et l'apparente perfection de cette lune de miel exorbitante. Mais je n'aurais pas pu supporter les lampes de chevet grises et malades des hôtels de l'aéroport de Rotterdam. Je n'aurais pas pu vivre en sachant que des gens marchent sur la plage en attendant la marée qui mouillera les serviettes et réchauffera leur âme d'enfant. Je n'aurais pas réussi à survivre tant que des femmes admirables prenaient le bus tous les matins à l'aube pour un travail de bête. Les avions planent, le ferry transporte des amitiés scolaires naissantes, les tunnels sentent l'essence et le dernier qui dort à l'arrière son doudou à la bouche, les trains sont pleins de petits mecs remplis à rabord d'espoir qui regardent le plafond pour le reflet pour la fille 15ans à peine qu'il y a dedans. Je peux pas me faire à l'idée des caissières de supermarché et du client qui sait-on jamais elle sera peut-être là aujourd'hui et j'aurais mon sourire en plus de ma boîte de cirage, des sessions photomatons on met sur noir et blanc et je te garde dans mon porte-feuille sur mes genoux elle est bien à côté de la carte de crédit, de mon abonnement à la bibliothèque où je t'ai rencontré d'ailleurs, de la réduction spéciale dans cette pizzeria, d'une facture, tu appelles ça comme ça idiote, ça te rend si naïve, ça te pousse dans des abîmes de beauté que tu n'imagines même pas, UN DIABOLO, UN CAFE, DEUX CROISSANTS = 7euros70, merci. J'arrive pas à réaliser que des couples mariés depuis quatorze ans ne partent pas encore en vacances parce qu'il ne retrouve pas ses lunettes de soleil, alors ils les cherchent mécaniquement pendant que le plus grand est là-haut à chercher un sens à sa toute récente rupture dans des livres sur le déconstructivisme. Putain je peine à me dire que des types vont éteindre les feux de forêt et que le soir il racontera une diablerie d'histoire sur un prince blondinet à sa fille en pyjama bleu cyan, que cette fille se mariera avec un gars de la caserne, que les photos seront belles, que les yeux d'acier du père flamboieront devant le bonheur cuisant de sa préférée(mais chut ON VOUS AIME TOUS AUTANT), et le gars de la caserne, la fois où il avait réussi à avoir sa permission QUELLE FUREUR DANS SON SOURIRE. Et il y a encore des vieux singes qui conduisent des traîneaux tirés par des loups, d'autres qui soignent des dauphins quand certains(les plus chanceux d'après moi) se lève à Istanbul tous les matins sans vraiment se dire que c'est Istanbul, simplement leur ville, le pavé de monde qui est là à leurs pieds à chaque fois qu'il pousse la porte pour trimer ou respirer le soleil qui passe dans les ombrages du marché, il descend sensuellement comme un essaim de poussière, presque invisible. Comment voulez-vous que je me plonge dans mes révisions(LES COURS?) quand je sais que ça fait son huitième hamburger aujourd'hui mais pourtant il reste svelte, quand on me dit que l'Alaska est magnifique, quand je sais que ça meurt ou se paie des villas en Afrique, Europe centrale, Amérique du Sud, Indochine, Guatemala, que certains se réveillent en pensant aux yachs qu'ils vont devoir monter ou à leur excision prochaine. Bordel, tant d'halls d'immeuble, de mules à la frontière, de prodiges. Je ne peux pas décemment être, je dois écrire.

Ce sont les contradictions qui me plaisent dans la notion de vie(en communauté).
Dans celles-ci résident les ombres et les charmes.
Cette autre routine qui te dit que l'incertain devient certain et qu'il est partout, uniforme, comme un supplément d'âme, une manivelle à fixer sur le coeur.
Conspiration des fillettes en robe de vichy
L'aveuglante lumière de l'obus qui éclate et vous sèche les os.

Ces juifs qui aiment les musulmans peut-être simplement parce qu'elle avait une trop belle paire de seins. Vaut mieux aimer pour la chair qu'haïr pour la terre. Eurk. Rien à foutre.

LES CHORALES SE TIENNENT BIEN LA MAIN,
JE VAIS VENIR,
FAIRE MON SOLO,
JE PRENDRAIS UN MINIBUS SOUS LA PLUIE
DANS L'HIVER EN SEPTEMBRE.

et le destin ? No comment.

vendredi, août 03, 2007

Paysages numériques

Opus lunaire numéro quarante-huit,
A l'heure où les enfants dorment sérieusement,
Moustache de salive givrant donnant
Le goût salé du cauchemar,
Filamenteuses promesses des ciels ensorcelés, abolis
Par le monocle pâle,
Que sais-tu des doigts et des boîtes aux lettres,
Des intermèdes vaginaux du réveil,
Des ouvriers, bouffées de particules lacrymogènes,
D'artistes mangés !

Encore un jour où le sens n'est pas fair-play,
Cycle lever / tombée de la nuit,
Princesses argotiques que l'on plonge dans de la javel
Pour que ces pets blanchissent,
Vingt-quatre homicides, coups d'aiguilles à tricoter dans le foie,
Paradis meurtrier où celui qui cherche une signification quelconque
Finira muté
A la circulation
Si ça continue,
J'aime vraiment beaucoup le pain et la télé quand elle
Boucle
Mes jours de vacances,
Vers quatre heures du matin,
Qu'il me reste ma série de cinq cent à faire,
Que la ville commence à naître sûrement,
Et que mon front brille.

Les édifices hyperboréaux de ta plastique
Me laissent dans un émoi palpable,
Presque décadent,
Qu'on appelle une ambulance
Et que je me méfie de ces loups gelés
Qui dansent
Au-dessus des montagnes.

Des droites grises meurent
En coupoles de thé,
Tu trouves cela beau
Avant de monter
Métro,
Pourtant, je ne t'aurais pas évoqué l'érotisme
De ces géométries humides,
Tu aurais été très triste et tu te serais
Gâchée
Comme ces mômes qui ont peur du
Noir
Trop longtemps.

Night-clubs édentés accueillent foule délire
Sur une base de macchiato,
Moi je me produis chaînon manquant,
Dollar délivré aux opalines hallucinées,
Ce que c'est bon d'avoir laissé fondre
La cloche sous la langue,
Toronto ses nez ultramodernes,
Rocking-chairs symphoniques
Brinquebalants dans les cerveaux
Shootés à la nandrolone;
Un sacré tas d'anges bodybuildés se foutant des pains
Dans la tronche
Alors que l'épilepsie se projette,
Que le DJ est putain de bon ce soir,
Balançant un set digne des plus grands,
Que les numéros volent dans les restes d'air,
Muqueuses versus muqueuses,
La sensualité triomphe,
Pendant que la mode est à nos pieds,
Que le champagne est sensas,
Que sa robe la souligne, sirène à l'aise,
Que les pédés sont assis sur des cubes de lumière
A se rouler des pelles,
Que les jolis culs se mélangent dans un archi lent morphing féminin,
Que je ne sens plus ma queue
Et / que l'homme tue l'homme.