Publications de la douceur et du pénible
écrire sur les murs : à l'encre, au crayon, à la peine, des vérités
invérifiables
des dingueries qui allumeront de jolis croissants interrogatifs
dans les yeux des passants, des messages Inuits, peuls, en langue morte,
langue-réveil pour peuple sur bande passante, quelques mots, rimés ou non
sur l'éclat du ciel ou l'état du code pénal, deux ou trois vers sur les poissons
pêchés, brillants, le ventre à l'est, un aphorisme pour moi ou pour toi
pour les plumes que sèment nos déroutes, nos alliances,
une longue tirade en français haché pour faire vomir les professeurs,
pour irradier les fauteuils tranquilles crépitants comme si dimanche était
permis, manifeste des prostituées écrit au rouge à lèvre sur une gargouille,
prendre un vieux marqueur à l'odeur de rêve et dessiner avec lui
nos complots en germe depuis l'enfance, plus de ci, trop de ça,
le soleil se renversera, je te donnerai la lune dans une coupe de glace
mais tu t'acharneras sur le fait qu'il n'y avait pas de cigarette russe, la lune
mais pas de cigarette russe sur les murs de Pékin et les dos des ados
ensanglantés, la bonne vieille méthode, un peu de ton sourire étalée
alors que les dorures du port de Lisbonne frient l'air manipulé,
alors que l'on entend(quoi, ton sourire, vallée de mica et de meurtres)
la voix des voiles, une campagne contre l'uranium griffonnée à Milan,
des fillettes qui jouent dans le lac, qui défilent sur le ponton, et sous
ce ponton, gravé du bout des ongles à Genève, une phrase en guise
de regrets pour notre consumérisme toujours plus flamboyant, toujours
plus étudié, (à la hâte)
cinq six gosses noirs debout sur les trains de la Sud Afrique,
les semelles de leurs baskets en miettes cachent un alexandrin écrit
pour une certaine Julia qui semble avoir les tétons roses, la tête pavillon
baissée faisant les cent pas dans les cailloux blancs de l'asile de nuit, il
connaît ce bruit de chaussons dans le gravillon(symphonies renouvellables)
par coeur et sa routine de médicaments, sa Yougoslavie,
rouge, blanc, bleu, il se demande pourtant ce que signifient ces mots
qui flottent dans l'eau de la fontaine, ces mots qui sonnent comme un appel
de la mer, un coup de phare, les étudiants londoniens tirent leurs serviettes
de sous leurs corps rubiconds, tracé dans le gazon, une merveille
d'académisme traitant de loin en loin une de ces lentes légendes grecques,
un couple d'homosexuels d'Austin se marre parce que les céréales
multicolores nageants dans le bol d'Elias viennent d'écrire ce drôle de mot
vulgaire qui leur plaît tant, un code contre la guerre à Salamanque
les écolières éoliennes viennent d'afficher(tremblements/agitations)
sur le tableau du préau la liste de leurs garçons favoris, une taïwanaise
serre dans sa main tremblante un petit bout de papier sur lequel est écrit
la réponse, oui ou non,(fièvre) les déferlantes ont défoncé les rues,
la boue pousse(auto-tamponneuses lascives en caramel liquide)
une pile de feuilles illisibles sur la libération des plantes, une lettre d'amour
d'un jeune résistant français tombe jusqu'aux mains d'un argentin de quatre
ans qui l'avale entièrement, mes pensées sur la fiction et ta sensualité
finissent dissipées dans les fumées chétives de la fabrique de porcelaine
de Delphes, entre les menaces de mort, l'acteur à la mode reçoit
une pétition pour l'expansion des panneaux solaires et un poème
mélancolique sur les irlandais et la crise de la patate, on vient d'écrire
au fin fond des souterrains de Séoul, dans une de ces stations fantômes,
quelques coups de canon pour la liberté, des festivals de lumière,
de splendides volets sur l'apparition, un clochard, pliant sa maison,
à Antioche, s'aperçoit qu'il dormait depuis six mois sur un extrait fabuleux
du discours d'ouverture des Jeux Olympiques d'Atlanta de 1996, ma soeur
se lave les dents et comprend enfin pourquoi les miroirs existent.
écrire partout(sur les rivières ou les crosses)invérifiables
des dingueries qui allumeront de jolis croissants interrogatifs
dans les yeux des passants, des messages Inuits, peuls, en langue morte,
langue-réveil pour peuple sur bande passante, quelques mots, rimés ou non
sur l'éclat du ciel ou l'état du code pénal, deux ou trois vers sur les poissons
pêchés, brillants, le ventre à l'est, un aphorisme pour moi ou pour toi
pour les plumes que sèment nos déroutes, nos alliances,
une longue tirade en français haché pour faire vomir les professeurs,
pour irradier les fauteuils tranquilles crépitants comme si dimanche était
permis, manifeste des prostituées écrit au rouge à lèvre sur une gargouille,
prendre un vieux marqueur à l'odeur de rêve et dessiner avec lui
nos complots en germe depuis l'enfance, plus de ci, trop de ça,
le soleil se renversera, je te donnerai la lune dans une coupe de glace
mais tu t'acharneras sur le fait qu'il n'y avait pas de cigarette russe, la lune
mais pas de cigarette russe sur les murs de Pékin et les dos des ados
ensanglantés, la bonne vieille méthode, un peu de ton sourire étalée
alors que les dorures du port de Lisbonne frient l'air manipulé,
alors que l'on entend(quoi, ton sourire, vallée de mica et de meurtres)
la voix des voiles, une campagne contre l'uranium griffonnée à Milan,
des fillettes qui jouent dans le lac, qui défilent sur le ponton, et sous
ce ponton, gravé du bout des ongles à Genève, une phrase en guise
de regrets pour notre consumérisme toujours plus flamboyant, toujours
plus étudié, (à la hâte)
cinq six gosses noirs debout sur les trains de la Sud Afrique,
les semelles de leurs baskets en miettes cachent un alexandrin écrit
pour une certaine Julia qui semble avoir les tétons roses, la tête pavillon
baissée faisant les cent pas dans les cailloux blancs de l'asile de nuit, il
connaît ce bruit de chaussons dans le gravillon(symphonies renouvellables)
par coeur et sa routine de médicaments, sa Yougoslavie,
rouge, blanc, bleu, il se demande pourtant ce que signifient ces mots
qui flottent dans l'eau de la fontaine, ces mots qui sonnent comme un appel
de la mer, un coup de phare, les étudiants londoniens tirent leurs serviettes
de sous leurs corps rubiconds, tracé dans le gazon, une merveille
d'académisme traitant de loin en loin une de ces lentes légendes grecques,
un couple d'homosexuels d'Austin se marre parce que les céréales
multicolores nageants dans le bol d'Elias viennent d'écrire ce drôle de mot
vulgaire qui leur plaît tant, un code contre la guerre à Salamanque
les écolières éoliennes viennent d'afficher(tremblements/agitations)
sur le tableau du préau la liste de leurs garçons favoris, une taïwanaise
serre dans sa main tremblante un petit bout de papier sur lequel est écrit
la réponse, oui ou non,(fièvre) les déferlantes ont défoncé les rues,
la boue pousse(auto-tamponneuses lascives en caramel liquide)
une pile de feuilles illisibles sur la libération des plantes, une lettre d'amour
d'un jeune résistant français tombe jusqu'aux mains d'un argentin de quatre
ans qui l'avale entièrement, mes pensées sur la fiction et ta sensualité
finissent dissipées dans les fumées chétives de la fabrique de porcelaine
de Delphes, entre les menaces de mort, l'acteur à la mode reçoit
une pétition pour l'expansion des panneaux solaires et un poème
mélancolique sur les irlandais et la crise de la patate, on vient d'écrire
au fin fond des souterrains de Séoul, dans une de ces stations fantômes,
quelques coups de canon pour la liberté, des festivals de lumière,
de splendides volets sur l'apparition, un clochard, pliant sa maison,
à Antioche, s'aperçoit qu'il dormait depuis six mois sur un extrait fabuleux
du discours d'ouverture des Jeux Olympiques d'Atlanta de 1996, ma soeur
se lave les dents et comprend enfin pourquoi les miroirs existent.
