jeudi, septembre 28, 2006

Interruption momentanée du programme pour cause de crise existentielle de l'auteur

Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.

Note : Les fusils, les cartouches et grenades à fragmentation sont vendus séparément.

Merci de votre compréhension.

mercredi, septembre 27, 2006

Comment bien se faire remplacer

Votre attention s'il te plaît...

D'après de nombreuses études, il a été prouvé que l'homme était constitué à 80% d'eau environ(plus pour certain et certaines) et après de tout un tas de trucs qui je suis sûr aurait un goût beurk...donc bon mettons une bonne flaque et une bonne gerbe pour faire un être humain...maintenant attaquons nous à la personnalité...alors il faudrait le faire bouffé par les regrets, anxieux à n'en plus finir, paranoïaque(je crains l'assassinat diplomatique à tout moment), imbu de lui même(oui en fait je crains ma suppression à cause des écrits que je fomente), automythomane(il me semble que j'oublie que personne ne me lit), se détestant, misanthrope pour cacher la haine que tout le monde me porte(je vous avez dit que j'avais une assez basse opinion de moi...bien sûr on peut juger que je fais ça dans un but affectif, comme l'appel que constitue le suicide, comme l'automutilation, comme tant d'autres choses d'ailleurs, la vie de par sa spécificité n'est qu'un gigantesque appel à l'aide et donc un appel à l'autre), ayant des envies meurtrières sur son grand frère à la mine zidanesque(il me saoule avec ses olympiens, son football, son conformisme et ses théories unineuronales sur les machinations de l'oncle Sam, connard vraiment), enthousiaste(bizarrement il me suffit de voir certaines choses pour croire en l'amour fou), déprécié par beaucoup (non mais combien de fois j'ai vu toutes ces filles ou toute cette fille partir pour quelqu'un d'autre en me laissant là sur ce foutu quai qui au final n'amène que du mauvais), drôle(ça c'est vrai j'ai un sens de l'humour infini, ça doit être une moquerie du génome), romantique(je pense encore que les mots bien tournés ont encore un impact), acteur(je joue ma vie, sans cesse enfoncé dans un rôle), égocentrique(tellement enfoncé dedans que je me sens au-dessus), au bord de la rupture, faussement intelligent, minable, sans avenir, pitoyable(il me semble que je me considère de la même manière que la foule opère), d'extrême-gauche côté rue, amoureux(bien que même si l'amour apparaît dans un jet de solitude, il ne se construit qu'en duo, or mon duo c'est de la brise que je me souffle moi-même dans le nez pour m'aérer le cerveau, mais réellement c'est nada qu'une histoire remodelée en passionnée par mes soins), politique(dans la noblesse du terme), fan du cinéma coréen, soulevé par la Nouvelle vague, sordide(j'essaie de me vendre là), inadapté(j'ai peur d'aller voir la caissière), très gentil et joueur avec les enfants, parfait dans le rôle du confident envers les filles qui m'attirent, baisable(je te jure)(j'admire l'ambiance de ce terme), en constante recherche d'un ailleurs, avec une faible surcharge pondérale(je me surveille)(et les critères cosmétiques aussi), possédant d'assez bon goût musicaux(en ce moment je suis entre Jeff Buckley et Fred Poulet), éclectique, souvent absent(dans ma tête, sinon je fais rarement faux bonds)(pas comme Daniel Craig), arborant une écharpe noire h24, perfectionniste(un peu trop même, parfois je gâche des pièces en voulant les peaufiner pour qu'elles aient le teint et le ton précis que j'avais machiné dans mon esprit)(mais pas là hein?), sans aucune valeur de l'argent, un peu emprunté, détenteur d'une garde-robe très pauvre, très grand consommateur de coca-cola, transpercé par Eluard(bien que je trouve qu'il tourne un peu en rond), absorbé par les univers dickiens, actuellement l'homme le plus fanatique du film Adaptation(et par Oldboy)(toute la trilogie de Chan Wook en fait), encore émerveillé par l'aimant qui me désaime, sûr d'être seul, presque touché par les cadavres de mômes en rafales et les malades incurables à un pied(bien que la laverie médiatique ai presque réussi à estomper tout soupçon de révolte de ma part), cherchant la bonne expression pour exprimer la vision d'une fleur solaire(là encore j'en suis loin...je pourrais dire ah mais si j'ai trouvé il me suffit de dire "celle que j'aime" mais ça ne changerait bien...enfin juste le regard s'il y a d'une lectrice compatissante à ma non-réciprocité sentimentale)(je suis d'accord, il faut des actes !), ennuyé par l'état du monde, démago(il fallait bien que je sois un peu humain), démago(vous avez compris?), démago(ben oui de toute façon on l'est toujours, on existe pour plaire même quand on plaît pas on finit par plaire comme ces ermites que des libidineuses hippies regardent avec envie), lacunaire, prêt à crever pour des hauts de fille violets, piètre auteur-interprète, persuadé d'avoir un rôle à jouer dans ce boxon(à noter le retour de la notion de rôle, c'est pas pour rien car vu que je suis un rôle je suis aisément remplaçable...à moins qu'on vienne me prouver que je suis une belle erreur de casting)(ça c'était pour le côté enthousiaste et emplit d'espoir de toute à l'heure)(je trouve ce texte très poignant et à la fois marquée par ma profonde tristesse, peut-être plus profonde que tout d'ailleurs), handicapé(oui je boîte mais vraiment enfin je veux dire on voit que ça quand on me voit la première fois, je vous jure voir tout le temps les regards plus bas que votre cou digne ça a de quoi flanquer un gros coup dans mon humanité, d'ailleurs je pense que je ne m'en rend pas compte, cet après-midi par exemple j'ai vu un type typé asiatique d'une quarantaine d'années marcher en traînant la patte un peu comme moi, et je me suis dit "c'est pas possible je serai pas comme ça plus tard, c'est horrible non ! et j'en passe ", ça faisait un peu comme quand j'imagine la mort mais avec insistance, quand tu te rends compte que c'est pas si long et qu'après ça y'a plus rien, donc le vomi m'est monté)(un jour un ami m'a dit que c'était peut-être à cause de cet handicap que je souffrais autant et que j'avais tant ce besoin de reconnaissance)(je dis tout bon sang ! j'ai une faim sans fin d'être compris! loin de mon ostracisme familial et sociale...bien sûr il y a bien pire mais bon on s'intéresse à MOI pour l'instant alors merde tu te tais et t'écoutes)(tutoies ton lecteur et gagne sa sympathie), absolument anti-bourgeois, anti gens qui s'aiment, anti personnes heureuses, jaloux quoi(je dis pas que je suis privé de tout mais j'ai quand même la main vide), féministe, ampoulé, confus, menteur(pour ne pas froisser mon monde, ah la galerie de mensonges que j'ai entretenu vainement), obsédé par la poésie, désireux d'éprouver mais ne faisant rien pour(ah le patchwork d'instants où j'aurais pu forcer la réalité des corps à se mettre à nue), dépendant de ma dépression, merde je sais plus si j'ai envie d'être fou ou pas...j'ai mal, ce truc sera mon dernier, non pas que je meurs, juste que...vous n'avez pas l'air de comprendre, je suis à côté de l'existence depuis trop de temps...All I need is love(variation sur le scarabée)

Et accessoirement je suis désespérément génial(têtu je voulais dire têtu!)

Mon utopie du troisième soir " Dans l'hertz du thym "

Vieille, aguicheuse, cambrée dans la lavande,
La coloquinte fourmille dans son étau poivré
Et répand sur la rouille des parfums cuivrés
Comme ceux des cents aux âmes offrandes,

Averti d'ébahissement le colonel serre
Les phalanges brunes des isturiales,
Rondes de nuit aromatiques, qu'il lacère
Entre ses gants d'un cuir froid et verbal,

Quand viendra le temps bousculé des récoltes
L'irraisonnée blessure qui gémit des gerbes d'aube
Laissera des cernes sur le reste des autres.

A peine foulé par les voleurs,
La fantôme se bat,
Outre les marais sans fond ni forme,
L'ours béni jaillit de l'orme,
Pour dominer les débats
Fermés de la couleur.

Sens donc ce sable sous nos pas,
Inspire donc cette mer qui te gifle
Regarde la et ne t'en souviens pas
Pour que cette perte soit belle
A l'instar de la givre
Suivant l'océan en un liseré de sel,

De ce vide à la splendeur,
Inqualifiable
Mais recherchée dans tant d'heures
Au gré des jungles de câbles

Pendants grossièrement
Sur ma figure statique et intense
Balafrée par les danses
De ces courants surprenants,

Puisqu'il faut bien s'éteindre,
En simulant les germes fréquence de la peur
Nous verrons volt et flore se joindre
A la légère, dans le scaphandre du transformateur.

lundi, septembre 25, 2006

Indoor

Au plafond, le ventilateur danse en titubant, en tournant in extremis,
Mes chevilles éclatent sous la vibration des guitares,
Des caisses et des douceurs flanquées dans une feuille
Sillonnant une foule cancéreuse,
L'ampoule reste éteinte pour s'allumer aux lèvres,
On parle le tzara c'est générationnel :

- Pied de poule
"Muselée, muselée"(en choeur sans embruns)
' Se transforme en bison?
Tapioca

Dans mon élément,
Les kilomètres paraissent plus longs,
Et s'éclairent par intermittence,
Cette rue dans nos têtes,
Crie à l'aide,
La fumée brouille le signal,
Le feu s'enfonce dans ma gorge,
La silhouette d'une de mes danseuses
Se dessinent dans la cabine téléphonique,
Le dos courbé des enfants rayonne,
Devant la porte, l'un d'entre eux,
Attends, juste après l'école,
De défaire le mur,

On traverse un mariage,
En une poitrine maghrébine,
L'usine nous salue de ces éclairages multiples
Constellations
Et contrefaçons
S'entrecroisent,
La lune écume du gaz,
Le gaz met de l'écume sur la lune,

Je me mets sur un pied,
Sans regarder les grilles,
Je récite l'alphabet,
Pour vérifier que je suis ivre,
Mes joues se creusent,
Ma bouche se fend,
Le sang gicle,
Mais toujours pas de sourire,

Je vais bien mais je reste sur terre,
Je vais mal...

Tout s'est fracturé
Pour animer
Une attelle bleue.

Un deuil d'été

Chapitre moins un :

En ce matin clair qui me prend par surprise, je laisse ricocher ma pensée.
Et cette même pensée s'incarne dans mes derniers mots qui ne furent pas des paroles ou des souffles mais bel et bien de l'encre sur ce papier aussi froid que ma peau.

Je crois que la mort ne va pas tarder à oeuvrer, en me saisissant dans un trait étrange, comme la lame de la guillotine s'abattant sur la nuque du condamné mais ne parvenant pas à sectionner entièrement les artères de sa respiration.

C'est bien de cette idée dont il est question, celle d'une mort échouée, qui se répète pour s'obtenir pareil à ses coups successifs sur le cou d'un coq étourdi mais vivant.

Moi-même j'ai été un coq étourdi mais vivant et pour savoir qui tenait la masse fendant mes os il va falloir rester pendant que je pars.

Avant toute chose il convient de ne pas sanctifier la mort, elle n'est qu'un exercice, qu'une façon de soumettre l'envie de s'en aller de la cruauté naturelle. Trop de personnes la jugent comme un ennemi caché et infaillible, comme un chose effrayante et qui ne doit pas être émise dans la vie, mais la mort est en nous. Elle nous conditionne et nous fait avancer pour qu'on oublie de la nommer et petit à petit au gré des instants elle surgit, balayant un proche ou un homme célèbre quand ce n'est pas plusieurs milliers d'entre nous qui partons dans des eaux énervées.

Il ne faut pas la tenir à l'écart mais savoir l'apprécier voilà ce que j'ai retiré de mon séjour dans cet asile de gens biens.

Premier mercredi de mai, le soleil baignait les invités, j'étais venu là pour finir ma nuit après une soirée arrosée, on m'avait dit qu'il n'y avait pas plus grand plaisir que d'être titubant au milieu de puritains inconnus.
J'avais donc décidé de me rendre à cette réception dans ce somptueux jardin orné d'imbéciles imbus de leur réussite personnelle, je m'y étais rendu grâce au "passeport" de mon ami Ruse.

"Résonnait les éclats d'un enclos aux dorures factices"

J'ai gardé de mon père une haine quasi mystique pour la bourgeoisie à l'ancienne

...ce récit n'est pas le mien...

Les ouvertures de l'église renvoyaient des éclairs aveuglants, j'attendais les bras croisés derrière le type les bras en croix que la foule sorte pour que je puisse rentrer et entretenir la saleté des autres.
Je détestais ces journées postées dans l'embrasure, à attendre que des couples se jurent fidélité en s'embrassant avant de ne plus vouloir s'embrasser cinq ans après, parce qu'il aura pris du poids, parce qu'il se sera établi, et qu'il aura oublié le suspense.
Cependant, j'adorais le délicieux instant durant lequel le silence prenait place après la fuite des hôtes, c'était comme redécouvrir un paradis, certes ce paradis puait le marketing religieux à des kilomètres mais tout de même il restait quelque chose d'infiniment profond dans cet endroit.

samedi, septembre 23, 2006

Une bonne impression * Farbversion Nb *

Les cheminées arrivistes de mon italienne
La figure déloyale du fumeur dans sa beauté connue

LE GRAIN DROIT DES ERREURS CÉLESTES

Les filles que je croise souvent sans qu'elles le sachent jamais

Les flambées paroxystiques
Et la chute close des fesses sur le bois
Le parterre de couleurs en plastique autour de la statue

La matière des vêtements de femme


Obsédante, la stature grisonnante de l'homme aux gallons


La tête jaune de la façade vêtue de mines d'arbres

L'effacement progressif d'une vélocycliste tatouée dans le rouge du trottoir

Du papier vierge dans les soubassements urbains

L'interrogation des luminaires d'extérieur

L'allure seventies de l'immeuble mitoyen accostant le commissariat de police

Et les rires désespérés disparaissent
il me semble que les mots claquent mieux
contre mes dents et ta poitrine
accrochée dans l'horizon proche.

jeudi, septembre 21, 2006

Au pays du matin calme

Brumeux palaces,
Les passant s'effacent
Au profit des lueurs véloces
Que la canal reflète vers la fosse.

Ports bleus,
Peuplés de machines
Humaines aux airs de ceux
A l'aliénation qui de l'émotion se fascine.

Rouillée cellule,
Vu que le vide est un roi
Chacun a son suicide dans sa bulle
On se réveille abandonné livide de froid.

Étrange création,
La princesse et l'idiot
S'aiment jusqu'à la prochaine station
Les misères en voyage ne font pas d'adieux.

Splendide volet violet,
Ses omoplates brisées de vie
L'économie étincelante est un aller
Vers l'oubli du Père et de ses belles envies.

Merci,
J'en perd ma Terre
Stupide éloge de la matière,
Austères taudis tendus par terre
Tandis que la paradis est dans la rage entière

Inconnue.
à ma Corée avec un K
et à Paul Cosquer
Islam j'aimerais que tu te dévoiles

mercredi, septembre 20, 2006

On a slow night (in France)

En partant de l'appétit de mes chimères j'ai découvert, mon souci d'exister, soit, la fleur qui me fait vivre, dans un coin, sous le jardin fuyant, le collagène dégouline sur les fossettes arrêtées d'un mannequin engagé, tristesse, le porno à lunettes, coucher avec des chevaux, la pure race, les grandes mimines d'un magnat du pétrole imaginaire s'agite, une écrivaine médiatisée qui médiatise ses frasques sentimentales vomitives à la chaleur potiche, et on donne droit de cité à des faux parleurs, à tout ce people qui remplace le peuple, et dans les eaux brumeuses, l'extrémisme guette tranquillement, et toute cette merde me donne envie d'un sonnet bien mièvre et moralisateur à souhait qui de toute façon ne sera lu par personne ce qui me permet donc de le faire en alexandrin dans un modèle classique(finalement j'abandonne l'idée de l'alexandrin bâtard)...



Nos visages effacés dans l'encrier :
Le trouble de l'évidence est venue salir mon trait,
Dans les couloirs de bus de l'intention
Sévis le septentrion de tes mutilés attraits,
On attache un juif par éducation,
Les douches elles-mêmes changent de teints,
Un gaz naïf vient saisir les alvéoles
De ces écoliers gris et sans écoles,
Qui finiront dans cette pluie qui s'éteint,
Averse de chairs humaines compostées,
La tyrannie dicte son bulletin météo
En dévorant de feu le bois sec des corps nouveaux,
L'histoire ne raconte pas la naissance
Ou la mort du coeur humain,
Elle raconte juste comment aimer mourir demain.

////////////////////////////////////////////////:::

Stop

C'est confondant n'est ce pas, parce que devant ça, on a tendance à nier le fait que ce soit le fait de nos semblables, brûler des enfants ! nous sommes européens et bien pensants n'y penser pas ! après la guerre j'ai moins apprécié les trains...ceci s'est passé aussi en Arménie, Tchétchénie, Palestine, Rwanda et ça continue..." les génocides sont nombreux et adorables " écrivait Céline...(c'est pas vrai bien sûr mais qui vérifie de nos jours toutes les manipulations)...aujourd'hui et en fait ça c'est passé y'a deux semaines mais certaines vérités sont plus lentes que d'autres...j'ai appris pour le coup d'état en Thaïlande et le contrôle absolu sur les médias, vive notre roi !...pourtant ça n'a pris que 10 secondes dans le journal télé...10 secondes pour parler de l'emprisonnement des consciences de 60millions de personnes(un peu comme nous en gros)...ça fait peu...certes l'autre était accusé de corruption mais bon...ah oui au fait la présomption d'innocence a complètement disparue de nos contrées...donc pour m'amuser j'ai été porter plainte j'ai été dire " Mr l'agent à l'haleine alcoolisée(cliché) mon boulanger m'a fait des attouchements sexuels dans mon derrière et j'ai grave pas kiffé alors vous pouvez le jeter en prison monsieur?" lui il m'a répondu " Bien sûr on va voir ça avec ce salaud " résultat le lendemain grâce à cette merveille de technologie qu'est la délation plus personne n'est venu acheter sa baguette et le surlendemain mon boulanger s'est fait agresser violemment à l'arme blanche(sûrement une meringue)par des "jeunes"(ouhh ça fait peur) et a décidé de quitter la région et de plier sa boutique sous son bras de boulanger devenu un bras de sale pédophile obsédé et tueurs d'enfants handicapés...ça me fait chier, j'adorais ses pains au chocolat...ça me fait chier aussi parce que je déteste écrire comme ça...c'est trop cru trop réel, trop simple...moi mon truc c'est la poésie, et ça me fait chier parce que tout le monde s'en fout de la poésie de nos jours...je veux dire, j'ai encore vu personne s'amuser à envoyer du Rimbaud par sms en entier et sans fautes d'orthographes ou autres amputations verbales parce que ça a son prix un message...donc les mots ont un prix...j'espère que la facture sera salée comme ça je pourrais soigner mes plaies...

Je renie mon sonnet, c'est de l'émotion banale, c'est si simple de faire du beau sur la Shoah...

Donc je déclare que ce sonnet est en fait un parallèle avec tous les enfants travaillant encore de nos jours dans des galeries de poussières et de pénombres humides..."ces anges dans la machine" comme disait le vieil Hugo...

Soudain, le déménagement progressif des impressions s'arrima sur ton coup de sang.

Et si dans les papillons de jour percés dans les volets fermés pour que l'on puisse s'animer ne se trouve pas ton secret, il y a tout de même un genre.

Plus trois autres déclarations carbonisées.

Le jour est joué.

Nocturne

j'évolue en statue creusée par l'arithmétique souriante des platines trempant aux fins de tes tempes,

celles qui me serrent quand tu me chuchotes un épisode de tes errements,
les mêmes jumelles diaphanes,
ce ruissellement doux et fantastique qui claque contre le cuivre usé de mes épaules,

ton ombrelle inversée
à carreaux verts
tes genoux qui se plient
tes pupilles qui s'hydratent
l'argile qui me monte à la tête

ton mouvement
la danse qui suivra
l'évacuation terrible de beauté,

ton fabuleux ballet entre les clapotis millionnaires maquillant ce quartier antique de la cité lacustre en une passagère inquiétante et formidable,

les arches se contractants pour devenir des triangles dignes des jambes des nordiques s'étalant tout le long des plages de glace du papier,
les théâtres et autres basiliques devenus chapelles de la mode

dehors
on observe,
toutes sortes de lumières qui s'entrechoquent
en un clin d'oeil,
on pourrait dire que l'arc-en-ciel est en guerre

et le fuchsia blesse l'orange au moment où le magenta courageux décapite l'azur et que son cou se découvre dans une gerbe d'étincelles bleutées comme ce ciel d'été où je t'emmenais pour te parler de pas grand chose de précis à part la vie,

ou bien était-ce un rêve

et sur la place,
notre marche heurte en musique le pavé renfoncé de ce paradis sur pilotis,

puis vient l'instant
le bois
le plancher craque,
les fondations s'éventrent,
et on tombe pour toujours

dans nos bras bien que les miens soient trop froids et que les tiens sont frêles
(c'est la loi de l'architecture qu'une oeuvre aussi magnifique repose sur un équilibre fragile)...

Moi je veux faire ça, des contes idiots d'amour, des histoires d'éternités qui n'en sont pas, je veux faire l'infini, pouvoir concevoir le toujours avec un oeil suffisamment neuf pour être juste.

Sans estime
De soi
Pour un centime
De toi

"Il n'y a pas de voyage qui se termine."

mardi, septembre 19, 2006

Extrait réaliste : Volutes maternelles

Ce matin je me suis levé tard, vers 12h30.

Ma mère était déjà là depuis une bonne dizaine de minutes, elle avait du m'attendre en fumant sa clope.

Je suis descendu et à l'instant où j'arrivais en bas, mon père casque sur la tête et blouson sur les épaules ouvrit la porte avec sa bonhomie naturelle.

J'entendis passer un bonjour et je lui renvoya dans un filet de voix inaudible, filet de voix que je réserve aux personnes qui m'ennuient gravement.

Après un passage par la case W-C et une relecture encore une fois les yeux fermés ou plutôt sans lire d'un magazine de cinéma sans opinion baignant dans cette antichambre nutritionnelle depuis deux mois ou plus, après cette libération donc et un appel bruyant du père qui avait une "envie pressante", je découvris enfin mon visage dans la glace usée de ma salle de bain, ce visage avait perdu ses marques et n'apparaissait plus comme une belle cicatrice inexpressive.

J'étais redevenu jeune le matin.

Pendant que nous mangions, les regards s'échappèrent, comme distraits par une amertume inconnue, mon père, le ventre nu, mastiquait non sans bruit un menu particulier fait de betteraves et de piémontaise tandis que ma mère, l'oeil dans la haine silencieuse, mangeait lentement et précieusement une part de quiche de la veille, au milieu de ce concert des mâchoires il y avait quelque chose.

Un silence, et de ce silence surnageait une autre chose : la perdition

En effet, devant le portrait de ses parents étrangers l'un pour l'autre, ne parlant que par reproches et regrets, je restais là, à me demander par quelles étapes étaient ils passés pour en arriver jusque là, à être des animaux de tristesse, je me demandais si l'amour avait vraiment existé entre eux ou si j'étais le seul à aimer vraiment malgré l'apparente immatérialité de mon histoire.

Pour clore ce repas, après que les visages furent figés une dernière fois dans une pause mélancolique, arrachée au fin fond des iris démotivés, une larme vint saisir l'embrasure des beaux yeux de ma mère, et dans ses pleurs l'envie de s'échapper avec la fumée de la nouvelle clope embrassant ses lèvres.

lundi, septembre 18, 2006

La fuite n'est plus un choix

A deux trois pas de la soufflerie,
là où le verre coule au sein de ces incandescences primitives,

l'effigie amère m'apparaît

traits croisés,
face effacé d'un scribe palpitant,
le front perlé,
rabattu par la lutte,

il se demande

- ses empruntes ont disparu, brûlées, le papier peint de roche s'est retourné -

si ses astuces syntaxiques auront un effet,
si les stries manquantes au bout de ses doigts marqueront les murs,
signatures imperceptibles mais précieuses de l'hirsute nostalgique,

il s'est éloigné

des tables trop lourdes,
des conférences à cravates beiges et diagrammes,
des attentats de palabres pour nos démunis sombres,
confectionnés avec amour,
cette bravade d'inhumanisme qui se réclame du bien de tous,

il a fui

ces places où les mèches des cheveux de femmes tombent sur l'estrade dans un hourra général

ces assemblées sapées d'or et de nuit où le trône crache le délire d'un pape

lui,
il meurt à cause de ces petits scandales sans sens où les dents grincent,
ces trucs idiots qui meurtrissent la terre,
qui font gonfler les ventres et vident les têtes,

il a décidé de partir du conflit

des ignorances sauvegardées,
des chaînes nationalisantes et autres délits du télégraphe,
il a desserré les poings pour offrir sa main

et avec elle

il a peint ce que certains appellent l'aube

il l'a peint non pas par espoir mais par dépit,
le dépit de nos habitudes de crépuscule.

/Cadenassé, l'unique logé dans les plaintes bouillantes.
Et dans tout ça, l'impression que la poésie n'a plus de robe prédomine.../

"
Le malaise africain n'est qu'un séduisant spectre que l'on invoque pour se donner de l'entrain.
"

mercredi, septembre 13, 2006

La centième note : "Les Deux Mains"

Une qui t'écrit
Une autre qui t'espère.

T'écrire

Lire dans tes veines une belle épidémie,
Le chapitre de tes reins calcinés,
Une ligne de la tienne,
Une certaine phrase, un chuchotement des murmures,
A l'oreille :
"Qu'importe où l'ambiance te traîne;
Tu me verras,
Tant que la distance reste possible."
Point, les guillemets se ferment
Et ton souffle se perd
Dans le feu de mes nerfs,
Saisis par ta langue surprenante,
Ton dialecte illuminant
Ce spectre entre mes dents,
Cette peur quand tu pars,
Fin,
L'ouvrage a eu lieu
L'ouvrage a eu ciel,
Je relirai le miracle,
Décryptage de l'atmosphère,
Sésames de tes mains,
Je l'ouvre un peu,
A m'en crever les encres,
Je viens m'imprimer sur toi,
Photocopie du manque,
Je te reproduis,
Toujours, hors la loi.

Une guerre

A l'élastique dans la canicule
hermétique
ma lucidité croisse dans les figures(cellules)d'oubli
redondance échelonnée au carrefour d'un choix administratif
il faut simplement savoir pardonner à la déchéance
joyau citadin aux couleurs infectes
droite
légère
dans une atmosphère interminable
possédé
par l'habitude claire des régions dévastées d'espoir

Point à la ligne

Courbures floues
le fil tranquille des eaux du sud mouillant le sec des cordes cerclant le bois patiné en gantant les phalanges brunes et liquides des esquisses de phases finales
ouvreurs des parures volatiles
fille sans crochet évanoui dans les charmantes nuances des glaces déformantes de la fête foraine dans le blanc de l'enfance
réapparaissant hors du canal
Hallelujah Amsterdam

Et tiret

les critères atroces des fournils judaïques s'appliquent à ma parade
il n'y a ni dent en or
ni échappatoire d'après gaz dans mon récit
c'est l'inavouable produit des mastications incessantes de mes faims
multiples
comme tout
prévisible
une faim de ***
déjà vu.

Des points de suspension

Un manque de phare
de la complicité muette roulant dans nos présages
infirme du chahut homme femme
naviguant
aux marées des crétins
crevure large de mes troubles
et échanges assurés du sunset.

Un point dans le vide

Étriqué
catatonique
j'établis l'effeuillage calciné des origines
une Marianne épuisée
au foetus suffoquant sur une parcelle de cendres
delirium espace-tendre

Un point c'est rien

Boulimie
d'où l'hypothermie lacustre de mes sanglots
colibris fonctionnaires engoncés dans le carcan fauve des strates brumeuses et échancrées des boutiques vaporisées
grille d'aération remplie nonchalamment au détriment de l'hélice bruyante de l'aéroplane vernis de nature en technicolor
le dollar est vert
forêts de fortune au sol désinhibé

Tout vient à point

Cueillis à froid
soufflé dans la foule mauvaise vie
je serai toujours éveillé
les lettres sont des airs
des fabrications autour d'une note
en vrac
il ponctionne les ritournelles du dictionnaire tandis que ses hémisphères peinent à suivre

A qui sait surprendre

choyé par la plastique inexacte des régurgitations de l'amertume
chaque forme est le prolongement d'une autre plus grande
selon ce raisonnement
nous appartenons au monde et non le contraire.

Parole de l'auteur :

"De toute les manières les mots restent accrocher, j'ai écrit cette guerre(celle qui se livre entre le sommeil et l'éveil) une nuit entre amis en espérant être saisi par l'autre état offert par les mélanges distillés mais un constat m'a gifflé, je reste lucide et rien ne se termine, totalement fou."

Autre points de suspension

Au détour de septembre

Penchées de chaque côté du trottoir blême,
les nymphettes se balancent
des vertèbres et des phrases,
des discours à la méthadone qui mettent à jour leur maigreur.

Lénifiants cartilages déchirés par la goutte,
regardant le signal tourner du vert au rouge,
ce visage malade du code de la route.

Attentives,
elles s'examinent,
la couleur se trahit,
le moteur fond et éructe
dissimulé sous sa carrosserie clinquante.

Le conducteur,
jette un oeil
aux formes vaporeuses
et évanescentes de A
au moment où
l'inanimée A'
se glisse devant
la plaque d'immatriculation.

Craignant l'accident,
il sort,
observe la défunte d'une seconde,
encore un instant,
A monte dans la machine brûlante,
en un bond,
A' se fiche dans le siège passager.

En plus que ça,
le faciès du piégé
se peuple d'un nombre exagéré
d'incompréhensibles traits de terreur.

Et dans une mince fenêtre de sa routine
s'obscurcissant brusquement,
dans ce fin couloir tout d'un coup noir,
dans sa mine nocturne on distingue,
à l'intérieur sur la voie rapide,
la fuite soit
que les deux filles filent,

Sublimes en arracheuses de vent.






Réaction a froid :

Hier

On a tous pleuré même pas 5000 américains bien indemnisés et sûrement remplacés par d'autres séduisants technocrates.

Hier

On a tous fêté l'oubli de la mort sur le reste du monde...

L'oubli des maladies de sang décimant l'Afrique
L'oubli des génocides, des esclavagistes modernes
L'oubli de ces milliards d'anonymes disparus devant aucunes caméras
Que l'Amérique continue de fêter l'oubli...
Pour qu'on puisse un jour oublier son existence néfaste en musique.

mardi, septembre 05, 2006

Du sang sur le cuir : Fragment 1

La rue charriait son lot de passants troubles.
Deux trois réverbères offraient de quoi voir au devant mais pas sous nos pas.
J'étais rentré trop tôt dans cette soirée, du fond de ma bière sans intérêt, je me laissais aller, vide. Assis dans l'herbe, j'observais la foule qui s'agitait, les jupes qui flottaient, les pupilles des garçons qui éclataient sous la sensualité estivale et ma propre blessure vis à vis de mon incapacité à me fondre dans ce peuple. Face à moi, la large baie vitrée était comme peinte par la consommation dormant à l'intérieur, elle ressemblait à une grande affiche publicitaire où se bousculaient toutes sortes d'alcools et de déstresseurs en tout genre.
Je saisissais à peine les sons à l'origine de leurs déhanchés.

Je détestais ces soirées en fait, mais j'y allais toujours, comme pour me dire que je reste un jeune comme les autres, habile à l'enivrement et aux relations jetables.
Chaque samedi, je me retrouvais là, dans ce jardin, parfois quelques personnes qui semblaient m'apprécier pour mon décalage venaient m'adresser la parole quand ce n'étaient pas des inconnus éclairés qui crachaient leur pitié alcoolisée à coups de : " Ben alors on est tout seul, on est tout triste."

D'après eux, la solitude a à voir avec la tristesse alors que je la vois plus comme une préparation pour la suite comme un noyé qui s'entraîne à mourir en sachant qu'il remontera toujours, c'était ma façon de vivre.

Néanmoins, il n'y avait pas que le plaisir pervers d'analyser une jeunesse inconsciente qui me tenait éveillé dans ces évènements, il y avait aussi suivant un ordre plus ou moins établi des apparitions esthétiques.
Il y avait toujours une fille qui se détachait par une ondulation inhabituelle, un état inédit que je remarquais bien vite, comme si mon cerveau fut doué d'un sonar repérant les âmes libres.

Du sang sur le cuir : Fragment 2

Ce soir là l'âme libre s'appelait Meredith, défoncée, elle s'assit à côté de moi dans un hasard intéressant.
Ses jambes presque nues dans l'herbe me rendirent euphorique, par désir glacial je lui adressai le bonsoir elle me répondit que le bonjour conviendrait mieux compte tenu de l'état avancé de l'aube, cette réponse m'indiqua que son degré de dévastation n'était pas si avancé, certes, elle avait les iris criblés d'étoiles, mais elles restaient en place, cela voulait donc dire qu'elle me voyait, il fallait que je fasse vite.
Au jardin d'enfant, j'avais toujours été considéré comme un prodige gâché, comme un cerveau mal exploité, pourtant au fond je savais quels jeux régnaient, pendant tout ce temps où les autres me pensaient fou, pendant tout ce temps j'établissais les trois règles d'une simplicité déroutante pour un assassinat propre et invisible et parce que je n'ai plus beaucoup de temps, parce qu'elle est partie chercher une veste avant de partir avec moi à l'autre bout du jardin, et parce qu'il faut que je laisse une trace, je vais donc vous les détailler immédiatement :

La toute première règle est simple, ne surtout pas toucher au cadavre, même si c'est pour ensuite le balancer dans le fracas louche d'une rivière ou dans le dispendieux délire d'un lac, il ne faut pas toucher au cadavre donc car c'est l'oeuvre, le point mystique, il faut laisser vivre la mort dessus, observer la tiédeur morbide l'emporter sur le fraîcheur infantile, regarder avec attention les réactions des pionniers de cette découverte macabre orchestrée avec délice, voir tranquillement les comportements shakespeariens s'opérer comme si chacun voulait pour lui la meilleure expression de l'effroi face à cette silhouette vide.

La deuxième règle est d'un autre genre, elle implique qu'il faille être amoureux intensément de la personne supprimée, il faut en effet que l'on soit sous les scandales aphrodisiaques les plus brûlants possible pour que l'on soit capable d'ôter le souffle idiot et morne de l'existence contenu dans le parme des bouches sèches des adolescentes actuelles, il n'y a en effet que le décret implacable du coeur pour mater le tressaillement accompagnant l'imagination de l'acte meurtrier, la haine n'a rien à voir là-dedans, tout est amour on vous a dit, quoi de plus proche de l'homicide qu'un baiser kidnappé, quoi de plus frère à l'extinction que de laisser filer ses lèvres fiévreuses sur le contour doré et lourd d'une alvéole ou d'un nombril brisé par les saccades abdominales qu'offrent l'haletante respiration de la flore possédée, enfin quoi de plus limpide que de joindre les derniers sacrements à cette prestation tonique et tropicalisante, dressant des nappes hydrophiles sur les longues mosaïques des pores bouleversés, il faut donc aimer pour tuer, je dirais même plus qu'il faut vraiment aimer pour tuer, aimer au point d'être prêt à mourir de l'absence de l'autre, aimer quitte à se perdre en perdant la victime coupable de vous avoir suivie.

J'exposerai la troisième règle après voilà qu'elle revient.

Du sang sur le cuir : Fragment 3

En chemin, passant les barrières et les lignes de corps hallucinants, je m'arrime sur la double galaxie rétinienne qu'abrite la belle Meredith, j'examine non sans plaisir, l'infinie abîme bleue noire couvée par ses petites paupières, ses bras désarticulés, sa pâleur arrachée à un ciel d'octobre, ses jambes toujours plus nues, latitudes immorales sur le planisphère de mes envies cruelles, son cou léger, fixé sans doute par un architecte de l'anatomie funambule à ses heures, sa dérangeante chevelure nordique s'achevant là où tiennent les reins, là où tiennent mes mains désormais, je la savais blonde, voilà que la nuit me la donne sous un autre jour, jais à reflets méthylènes, est-ce là un essai de la jeunesse peroxyde ou une infime cassure dans le prisme naturel des couleurs, je ne le saurais jamais, ce que je sais c'est que je tremble, extatique.

Nous arrivons enfin, franchissant l'ultime coin illuminé de la bourgade d'Anavenin, dans la fosse du reste de la ville, l'aurore commence déjà à poindre, l'éblouissement matinal gagne peu à peu le sombre quotidien des boîtes aux lettres, c'est à ce moment que ma pupille conseille à mon bulbe électrique d'user de la parole pour faire rentrer l'arctique Meredith dans l'Aston Martin désaffectée, mais au cuir beige et filandreux intact, pour qu'elle puisse y écrire son dernier article(celui de sa mort of course).

J'ai fondu sur elle, semblable aux déchirures océaniques, je me sens noyé dans ses plis stricts et insensés, je me sens perle au coeur du fruit marin de ma reine glacée, enthousiasmante, mes tendons crissent au fur et à mesure que l'évasion progresse, la grise rosée a atteint les vitres ridicules du véhicule, ridicules face à nos exploits, je nous imagine contorsionnistes immenses dans une minuscule boîte de fer et de verre, nous débattant dans nos ébats en attendant l'asphyxie, le clou du spectacle plantée entre la vertèbre vingt et vingt-quatre, soit nos années.

L'éclair pénétrant du matin m'aveugla momentanément, cette cécité à courte durée me fit voir un signe malsain, alors que je décidais de me distraire d'elle pour accomplir ma tâche sanglante elle me demanda doucement, avec préméditation, de rester là pour toujours.
C'est ainsi que mes études me revinrent en pleine figure.

Péniblement, je rassemble le peu de perversion qu'il me reste pour vous souffler la troisième règle :

Ne jamais tomber sur quelqu'un qui vous aime encore plus que vous, sous peine de mort.

L'insuffisance

Les pieds dans la brouille, je traîne en bon bipède en lambeaux, les miroirs me jettent des rimes froides, la sagesse livide que j'invente par ma posture semble pitoyable, la coiffeuse, nouvelle mère, est affamée de vie, je ne suis pas très bavard, je coupe court à tout, il est rare que je termine, afemmée hein...

et mes écrits en nombres conséquents me donnent aucun éloge, pas que je le cherche ou que je le mérite, juste ça serait bien, ça serait bien que par mes doigts démantibulés naissent des trucs, pas du fanatisme, disons qu'on me dise "ça m'a fait réfléchir un peu" , je demande pas à être la figure de proue d'un parti dont l'appellation politique paraît douteuse tellement les furies de l'opinion paraissent loin des podiums et des confettis électoraux, j'aimerais qu'on me lise vraiment, sans que je sois l'ami avant, qu'on me lise avec les yeux ouverts, pas par contrainte mais dans l'étreinte, qu'ensuite grâce à cette reconnaissance des autres je puisse reconnaître enfin la valeur de cette misère qui habille mes matins...

j'ai déjà tout écrit des fleurs, tout imaginé ou tout orchestré de leur zénith à leurs déclins et pourtant quand sont elles venues m'ensevelir sous leurs fragrances multiples?...

je suis un peu dans cet état là, d'impuissance, j'ai l'impression d'être un Tantale moderne, sans cesse avançant en se déchirant les muscles pour finalement s'arrêter devant la brisure mystique de la jouissance, bien sûr je profite également des choses, mais qui ne le fait pas, qui n'aime pas la déliquescence qu'est le confort, le délabrement de contrôle qu'offre le mensonge et j'en passe...

je ne suis pas en train d'écrire que j'ai déjà fait trembler un tel ou une telle dans un délire de conquête, non c'est différent, disons que je m'arrache à la tâche de lune qu'il y a au fond de chacunes et qu'au final cette fovéa argentée s'efface sous mes efforts vains et invisibles...

comme quand je me dépêche de traverser la cour pour ne pas qu'elle m'en veuille, quand je sacrifie des heures avec les miens pour une seule seconde avec elle, quand je me force à ne pas être triste ou méchant...

elle a brûlé dans l'incendie plastique de la féminité...

cette merveille d'épisode que mes tripes au soleil...

il réside profondément la solide interrogation du "why nobody loves me?" , peut-être un problème de teint ou un simple surdosage dans l'agencement de mes panneaux laissant à désirer, si ce n'est pas d'un point de vue esthétique que je suis un ange alors c'est forcément génétique, on m'a donné la splendide forme du séraphin sauf que comme tous ces bandits aux ailes fines et bien je n'ai pas de sexe, ça fait étrange de supprimer brusquement tout ce barda, et comme je n'ai pas de sexe, vraiment étrange, je ne peux lire dans les plis miraculeux des filles défaites, je ne peux asseoir en douceur ma tête contre le ventre laxiste d'une nuit sauvage, je ne peux me plonger dans les colonnes nues des dos de déesses, non, je dois me contenter d'une vraisemblance de sentiment et de confiance de chair, cette confiance qui s'installe quand on ose l'attentat du baiser, cette possession silencieuse qu'est le gain de la bouche unie...

alors plutôt que cette confiance, j'ai le privilège dégoûtant de me nourrir des confidences des désabusées en tout genre, en bon ami de toutes, c'est pervers, pauvre de moi qui me voit amant des trois quart(le dernier restant pour repeupler cet univers flambant vieux)(trahison que tous ces phares)...

terminaison nerveuse, il demeure que je peux attendre sans saisir mes jours(y mettre fin)(ceci pour les curieux, est un bel éclairement sur ma mentalité)l'instant où mes mots oseront et feront rougir d'ivresse les lectrices de mon énigme, ou l'apparition d'une pousseuse dans le vide, me tenant la main, fin (victoire j'étale ma faiblesse mais l'histoire ne retiendra que mes refrains cassées sur la côte opale)

Ma famille me détestera jusqu'à la première publication.
Ma famille me déteste parce que je ne suis pas normal et ça c'est normal.