samedi, juin 30, 2007

Outrages

Personne n'a de pinceaux à se mettre sous la dent
Nul n'a de poupées sur lui au cas où le cuir crêverait,
Jean Seberg fixe les rabats des flots, je lui dis que si je pouvais
Je la foutrais en-dessous le tapis rien que pour que la paix se fasse,
J'élabore les plans pour le tout nouveau camp de concentration,
Avec ça, on les fera mourir vite et la fumée n'en sera que meilleure
Petits copeaux d'humains disséminés dans le ciel
Tend la langue !
Tristes jungles, mes amis le scénario se répète, inlassablement,
Comme un noeud de chaussure,
Pendant que vous dormirez des gens qui dormiront ne se réveilleront pas,
Ils auront la gueule figée et ça flanquera la frousse
A toute la famille qui se releyera pour voir le cadavre
Tout neuf,
S'en suit l'engrenage, d'après les pays et les rites, un simple trou
Ou une superbe boîte d'allumettes en or massif,
Ce qui n'empêchera pas la veuve de danser quelques années plus tard.
Alors à quoi bon avoir vécu si on ne peut pas faire s'arrêter
LES GENS DE DANSER
Rien que par notre sort, notre dérive pathétique nous faisant
Toquer
La terre meuble des Camargues virtuelles,
L'existence, pièce de monnaie dans le coeur d'une guitare,
Interminable résonnance d'un envoûtement pénible,
Vous êtes possédés, pantins aux pieds plats rêvants de précipices
Mais la vue est si belle du haut de son épaule,
Vous vous permettez de l'embrasser,
Elle est toute à vous, la résignation,
L'absence de mort quand les mots ne portent plus,
Que les quartiers se désertifient,
Progressivement,
Laissant des cages à oiseaux vides à la vieillesse,
Soleil creux et jaune des après-midis insulaires
Où les Vespas passent montrant leurs esclaves
A la babine de fer,
Trop émotifs, fonctionnaires et militaires de carrière
Dans le contre-plaqué du malaise ambiant,
Avançant toujours avec la chiasse aux lèvres,
Cette colique des heures, minutes, secondes, mois années
Abandonnées
Sur une aire d'autoroute,
Comme des chiens la langue sèche, la laisse accrochée à
Un simple Piquet,
Ce Piquet, que j'imagine en bois, c'est la mort,
On laisse des petits bouts de mort derrière nous
Pour brouiller les pistes,
Mais les chiens vont maigrir
Et leurs cous passeront à travers la laisse
Et ils vont reprendre bientôt
La route jusqu'à notre maison
Sous cette nuit morose.

mardi, juin 26, 2007

C'est l'orage que j'imagine

Derrière les rideaux, les hommes-troncs jouent du trombone. Je l'ai vu, vissée près de ce grand piano noir(K. Kawai), je l'ai d'abord vu de loin, son regard brillant briguant le mien puis nous nous sommes rapprochés. J'ai pu voir ce balancement si particulier qui anime les pianistes et cette respiration qu'on sent avant chaque nouveau mouvement. Ce souffle, c'est quelque chose entre le nada et l'absolu, un truc damnant. Ses mains, maigres mains, ont agité la musique comme une salle sous-marine, un déluge profond et intérieur venu me bouleverser. Elle était douée, très douée pour son âge. Je me suis assoupi dans la paix de ces notes parfaitement amorcées comme on se couche parfois le sourire aux lèvres sous les effets sublimes des meilleurs narcotiques. Un peu comme ailleurs, elle m'a demandé de m'approcher, de venir la rejoindre pour moi aussi battre des os sur les blanches et les noires. J'étais honteux, je ne voulais pas casser les caresses de ce cheval tonnant. Alors je l'ai laissé faire, moi à ses côtés, elle allant toujours plus vite, plus gracieusement dans l'exécution de son art(car avec une telle maîtrise, on peut difficilement parler d'autre chose). Les chars bleus et sonores se sont remis à cingler dans ma tête, des coups de sabot sur une neige azuréenne, des farandoles d'images extatiques mais avant tout une longue mélancolie. De ces rares mélancolies qui ne laissent point de mots ni de traces au coeur, de ces choses importantes, capitales qu'il faut laisser courir sans analyse, qu'il faut chercher à saisir tout en y oubliant le sens. Ses mains, belles mains en reflet sur la bouche de son écrin nocturne, qu'importe quelles ballades, fugues ou marches elles importent, elles avaient tout pour moi d'une réinvention totale de la musique. Elle n'a pas du se rendre compte de la pleine mesure de mon bouleversement, je n'étais rien qu'une tête silencieuse après tout, mais elle m'a mis à terre(par le son, son visage, je ne sais plus qui tient les brides de la nébuleuse antique) me plongeant dans un Orient que je ne supposais pas encore. Un continent d'océans et de mythes éclatés. L'heure passe et mon corps entre peu à peu en son monde, en ses lagunes superbes, en cette espèce de mémoire éveillée que l'on a parfois quand on rêve bien. J'entendais les wagons d'éclairs cahotant contre mon pouls, ce défilé bleuâtre entraînant une fête morte mais de bon goût, ces horizons glacés qui vous font relativiser(à quoi bon une vie faite de succès ? pourquoi ne pas avoir une vie simple mais agréable), cette amertume mouvementée qui m'avait tout l'air d'être l'aune de la contemplation. Elle est jeune, parle vite et sans arrêt de ça, de ce qu'elle tient, mon palpitant qui papillonne en vain entre ses doigts extrêmes, elle en a fait des tas de chose, elle doit en avoir des âmes à goûter tous les soirs, elle n'aime pas la fumée ni l'alcool, elle n'a pas envie d'en faire son métier, elle a une amie tchèque dont les parents sont malades(un peu comme moi). Je me repose, l'algèbre polyphonique compose la planche qui me mène sur le cours de ces royaumes absurdes, c'est ma dernière demeure, j'aimerais qu'on m'enterre à côté d'elle et qu'elle continue de jouer pour qu'à travers la terre m'arrive...la mer...Mourir, je voyais pas ça comme ça, c'est beau comme une grimace d'enfant. Elle écrivait une amnésie triomphale, c'était l'orage imaginé.

QUAND LA MUSIQUE SE FAIT AMNIOTIQUE
LA MEMOIRE EST UNE MAGIE DES CORDES

jeudi, juin 21, 2007

Mel Gibson ne parle pas un mot d'araméen

J'en ai ma vingt trois claque de tout ça, j'ai mis la clé sous la porte. Je me demande si l'on peut supposer quelque chose sur la teneur psychologique d'un homme selon qu'il écrive "clé" de cette manière ou de l'autre(pour rappel : "clef"), est-ce une marque de raffinement ? Est-ce que ça comptera autant que de savoir bien onduler du bassin dans ces caves troubles ? Ou alors est-ce qu'il y a des risques que ceux qui disent "anana" et non "ananasse" soient plus dangereux dans le futur pour notre société, peut-être qu'il faudrait les ficher à la naissance, chaque citoyen devrait forcer son enfant à prononcer le mot "ananas" en premier et s'il répond "anana", c'est mal barré pour lui, concept délicieusement primaire mais qui serait au moins plus juste que cette immense répartition géographique des âmes à laquelle on a le droit. Tu sais quand tu te dis, et si j'étais né en Haïti au moment où les "rebelles" scalpaient à tour de bras, ma vie n'est pas si malheureuse, je suis européen, logé, blanchi, biactolé, gel fixation extrêmé, jeané, je devrais un peu penser à la chance que j'ai au lieu de toujours me plaindre...5minutes plus tard, ton grand frère se ramène avec sa nouvelle copine(pas un canon pourtant) et tu pleures comme un con, connerie d'existence que tu noieras en regardant des vidéos de "jeunes qui se battent pour de vrai". Pendant ce temps, ton immobilité permet à la graisse de se stocker, ce qui fait que à un moment t'auras une bouée sans vraiment comprendre pourquoi. "Anana" ou "ananasse"...euh..."anana?" - Mauvaise réponse, veuillez nous suivre(et tu sais dans ces impasses y'a toujours une caméra qui arrive à se faufiler(et avec elle tout une armée de techniciens, coiffeurs, directeur de la photographie et tout le plateau de cinéma(câbles, caravanes, eaux minérales, déchets)) pour nous montrer les exactions terribles de ces nations corrompues, bien sûr les salauds de flics ne voient pas la caméra(ils sont payés pour ça)(et pour aller jusqu'aux Oscars)(ça me fait toujours rire que les films à tendance politiques, films qui dénoncent, décrochent la timbale devant un parterre de riches yankees conquis...bordel c'est la merde on dit que c'est la merde "Applause" y'aura un buffet, Félicitations vous nous avez critiqué avec une efficacité certaine ahahah c'était amusant non mais on continuera de vous baiser jusqu'à l'os mais c'était amusant))

Aujourd'hui on va écrire un livre, simplement parce qu'une cervelle crasse, un clavier poussiéreux et une ramette(...) bon marché demande moins à l'investissement qu'un car régie et que de toute façon je ne pouvais pas saquer la costumière(LE VERT EST A LA MODE). Un livre, tout le monde peut en faire un de nos jours(c'était pour pas répéter aujourd'hui), sûr j'aurais préféré avoir la légitimité d'une star de télé-réalité mais bon, allons-y. Je vais la jouer grand génie, mec possédé(l'inspiration me bouffe la tête à tout moment, je regarde un oiseau, ça me transperce et je te pond un pavé sur des amours meurtrières), mec qui a toujours voulu être écrivain, aspirer à la gloire des mots, à la postérité(postérité : tu fais des trucs qu'on ne peut pas manger de ton vivant et t'espères qu'après ta mort vu qu'on ne les aura pas manger, les gens(intellectuels) en feront quelque chose, comme des maisons ou des balais à chiottes mais la plupart du temps ça sert à juste à remplir des amphithéâtres grouillants et à faire péter des caboches de vieillards narcissiques)). Un livre donc. Pour écrire il faut une histoire et du talent, un style, un art tout à soi dans l'agencement des syntagmes et des métasyntagmes(terme pas encore reconnu par les plus grands grammairiens, mais ça viendra, y'a toujours un con pour proposer des conneries comme ça et se sentir le maître du monde), oh et puis merde il faut la foi, je m'en achète un bon gros kilo et il arrive dans la douzaine(le kilo de foi), je me l'injecte, je prends deux jours le temps que mon corps assimile le produit et voilà. J'ai la foi. C'est à ce moment là que le titre va prendre tout son sens et que tu vas être criblé par ma clairvoyance punk. On s'en fout de l'histoire et du talent, on a qu'à faire comme Mel Gibson avec la Passion, un des plus grands succès du cinéma américain de tous les temps et comment, Mel(est-ce que c'est son prénom de base ou alors est-ce que c'est son prénom circoncis et qu'en fait il s'appelle Melvin ou Mélanie ou Mélanome)("Melvin" ou "Mélanie"...euh..."Melvin" - Veuillez nous suivre) est clairement anti-sémite, il le dit quand il est bourré(on dit toujours ce qu'on pense au fond quand on est bourré moi une fois j'ai dit "J'ai envie de vomir" et j'en avais vraiment envie, enfin pas vraiment parce que c'est très désagréable de gerber, disons que j'avais besoin de me purger) et il l'a montré dans son film(qui est une très libre adaptation de la Bible)(qui est donc basée sur une histoire vraie), Mel est donc un mec bien dans le sens où il gagne plein de frics et qu'il a peur des communautés, de ces salopards de terroristes et de tous les banquiers chétifs qui bavent devant la gueule de Virginie Efira(qui est très jolie je dois l'avouer), et ça continue le Nucléaire ! A grande échelle ! Avec des défilés de chars dans les rues aux écoliers translucides, les dictateurs font leurs études en France, comme Sedhar ICI L'AUTEUR A ETE TORTURE PENDANT TROIS MOIS HISTOIRE DE LUI FAIRE SAVOIR QUI C'EST QUI COMMANDE(ICI COMPLOT IMPLIQUANT DEUX DES TROIS PLUS GRANDES PUISSANCES MONDIALES) mel croit en Dieu, il a fait ça pour Dieu, il a fait construire une chapelle dans son jardin pour ses odalisques guatémaltèques /

Lettre de rupture : Je n'en puis plus cher Mr O de vos divagations stériles et sans intérêt qui polluent la toile avec une terrifiante inanité, marre de voir que vous n'arrêtez pas de jouer les talentueux alors que vous ne bousculez personne, vous êtes vous aussi d'une certaine manière un résidu de la décrépitude frénétique de notre moule capitaliste, vous êtes un spot publicitaire pour les Chocolats Lindt réalisé par un petit clippeur bien fringué qui chiera son premier LONG en 2013(intitulé "Cloué à l'ombre")(cette formule "Cloué à l'ombre" faisant écho au nouveau Mouvement littéraire destiné à dézinguer une bonne fois pour toutes l'Image en l'emprisonnant, mouvement dont je serai le principal instigateur décédant dans une course de voitures volantes en 2022), bref vous n'êtes qu'un pauvre type, un raté, un "je logohrre longuement mais je ne fabrique rien", vous n'êtes pas dans le coup, désolé.


Bien tristement, votre Surmoi


Je prend sur moi. Il a raison, il faut que je me trouve un job, que je me relaxe en compagnie des vérins et des dossiers à mettre sur les bureaux, que je me prenne un meublé et une femme débile, ouais, je vais faire ça. Mais je vais quand même finir ma réflexion, mon ontologie sur Mel, parce que c'est bien beau et que j'ai rien mais alors rien contre la religion(TOUT ABSOLUMENT TOUT, DE N'IMPORTE QUELLE GUERRE AU MOINDRE PAIN QUE L'ON RETOURNE). Je dois faire mon livre et je vais faire à la Gibson, au pif, en me foutant de la tronche des fanatiques et en leur donnant ce qu'ils veulent, bien sûr je vais mettre de l'ultraviolence bien crasspec'(rendu possible grâce à la meilleure pellicule au monde) parce qu'ils en veulent sans le dire et que j'en veux oh oui j'en veux. Seulement, pour ne pas passer pour un pervers, je tourne mon film en araméen(un langage que n'a même pas connu Jean Rochefort)(t'aimes bien Jean Rochefort et ça t'ennuie ou te fait sourire de le voir ici, tant mieux pour toi)(une langue morte, écoeurant) c'est ce qu'on appelle la CAUTION, l'étiquette, le cachet, oui tourner ce film en araméen c'est faire couler cette cire rouge et poser le sceau du Vatican, braves fidèles je serai fidèle à l'oeuvre originale(qui a écrit la Bible d'ailleurs ? C'est un livre qui c'est très bien vendu, même mieux qu'Harry Potter...est-ce que bientôt(mettons quand nous ne serons plus que des espèces d'amas gluants et verdâtres) ...on tournera un ".?" en anglais pour respecter l'oeuvre originale de Miss Rowling ?) en la créant dans son carcan originel. Mon livre, je ne peux quand même pas le faire en araméen...non l'idée c'est que je ne comprend rien de ce qui est dedans(bien sûr Mel tu connais les traductions anglaises mais reste-t-il que la piste sonore de ton engin est incompréhensible pour les 4/4 de la planète- moins les deux spécialistes ayant collaborés(ici, il n'est pas nécessaire de voir une lourde allusion à une période trouble(désespérément HUMAINE) de l'Histoire)) à la réalisation du projet -). Et pour ça c'est bien parti, enfin je comprend tout, mais vous vous êtes ailleurs et déjà des leaders en toges montent au sommet des montagnes(violettes) et brûlent des torches en attendant mon enseignement (comme dans cette nouvelle là, Le crâne) qui vient qui vient...


En fait, je ne parle pas du tout le français, à peine quelques mots(j'adore Paris, j'adore le France, je t'aime, fromage) autant que la plupart des acteurs ricains pendant leurs tournées inter-planétaires. Je n'écris pas non plus le français, on me le dicte, je suis dans une cellule avec Victor Hugo derrière moi qui me dit quoi faire tout en tenant un canon contre ma tempe, c'est qu'il a envie de s'amuser un peu, d'aéroplaner sa plume mais qu'il veut pas perdre tout l'héritage alors il se sert de moi. Moi. Soit deux barres comme pour le I majuscule encadrant un V majuscule, o, comme le numéro zéro, iiiiiiiiiii. Il a levé le chien, c'est fini, il s'en va maintenant coucher le chat.


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° texte conçu dans l'optique de retrouvailles avec ce charmant public perdu dans la note précédente, aucun Victor Hugo n'a été blessé durant le tournage et mel gibson a un tout petit pénis de la taille d'une austin mini

mercredi, juin 20, 2007

Sécheresses intimes

Tout commence un soir de mai. Ou peut-être ailleurs, une destination au choix. J'étais venu pour vous parler de cette expression "sécheresses intimes" et de ses nuances, je l'ai entendu dans une pub vantant les mérites d'une crème sensée apaiser ce type de problèmes et j'ai trouvé drôle de la détourner mais bon. Mais bon écrire un truc sur ça signifiera se jeter dans la gueule du loup des complaintes à cinq balles et donc pas la peine.
Quarante jours. Il ne s'est rien passé, quasiment rien sur la surface de la Terre. J'ai arrêté mon innocence, j'ai appuyé sur un bouton : deux cônes de vapeur, je suis sorti de la machine, voilà tout. Rester prostré mille heures dans l'attente de la nouvelle série américaine qui décoiffera, et Lisa. Lisa me fait peur. Lisa, ma mère parle d'elle comme si elle existait, on parle plus de Lisa à la maison que de tous les fantômes réels qui l'habitent. Aucun commentaire. Est-ce que si j'étais en première page quelque part ou en dernière, aurais-je un commentaire, un doux mot(deux lignes de pixels) d'une voyageuse. Il n'y a pas un sérieux problème de concordance des temps dans la phrase qui me précède. C'était une question. Poutine. Sarkozy. Bush. Le Chinois. L'Indien. L'Iranien. C'est ça à peu de choses près l'état du monde, la révolution n'est pas loin, les Aïbos la reniflent, on la pressent dans ce déluge d'azote. Que c'était léger, se laisser prendre par la piste, enchaîner les doses, c'était quelle année déjà ? Quel mouvement poétique?
Un sexe arraché, un violon, une superbe scène dans 'Fénoménon Vr'...
Je vous le conseille. Mieux, achetez-le en magasin si vous avez aimé. On pourrait tout reprendre à zéro, à moins un, moins deux.

Tout commence un soir de mai. Une voiture piégée a fait 37morts ce matin sur une place - n'importe où au Moyen-Orient- et maintenant nous sommes le soir. Je suis dans le métro, j'ai un sourire de large malade parce que mon mp3 me balance de la pure(Bonobo-Transmission 94 part1 et 2, 5min47) à côté, un garçon un peu empâté et une fille appétissante se font des jeux de langues, je suis un peu jaloux. De l'autre côté de la ville, au-dessus de nous, un sérial-killer songe à passer à l'acte, il regarde sa voisine, une jeune mère, il la voit en difficulté avec ses sacs de provision, propose de l'aider et ouvre la porte en composant le code, il l'a laisse passer. Encore une station, plus qu'une station et je sors de là, je me sens rouge, sale, je sors de là et je m'offre une vraie soirée parisienne, j'espère qu'il y aura des filles. La jeune mère est rentrée dans son appart' après avoir remercié son gentil voisin, ce ne sera pas pour ce soir. Des rimes d'une autre époque fusent en moi, je me sens obligé de les laisser partir, juste par un murmure, ce qui provoque une légère angoisse sur les passants qui défilent. Anxiogène, comme notre président. L'horizon s'annonce comme une longue estampe mauve, ils vont bientôt arriver, ce quartier ne sent pas la poudre, je m'y sens bien. Le magnétoscope se met en route, on voit bientôt, des positions, des corps enchevêtrés, des sexes rasés, de la fornication bien foutue, le paquet de mouchoirs s'ouvre, il est bien dur, il faut qu'il y arrive avant la deuxième scène, la flemme la flemme, elle est vraiment belle cette brune, vraiment très belle, il se passe la langue sur la lèvre supérieure, quelques gouttes et le bonheur est assuré encore une fois. Sur le palier, sur ce même palier, il y a de cela seize années, un homme y était mort.

Comme une fleur.