mardi, octobre 24, 2006

Etude du jour : L'écrivain est-il un être vivant ?

(Le texte annoncé comme magistral précédemment dans ma clownerie dadaïste n'est pas celui qui suit puisqu'ayant jugé que sa qualité était de loin supérieure à mes espérances, je pense le publier ailleurs ou alors quand j'aurais la flemme)

l'étude du jour est une autre des spécialisations des luminologues(oui je poursuis)

.

L'histoire se passe en quelques centimètres rond d'épiderme, elle met en scène deux personnages, disons un écrivain qui sera par un joyeux hasard "moi" et une poésie mettons une fille, mon sable émouvant, bref...

La journée commence, les vagues lentes des hommes traînent sur les quais et moi avec, une plume dans la poche et avec un léger mal de gorge, je prends le Léviathan, je me pose sur un siège facétieux, à côté de moi, la lourde et réconfortante allure d'une mama, la bête s'arrête, ma voisine sort, il repart, à côté de moi, comme par magie, la lourde et réconfortante allure d'une mama...puis vient l'escalator et caetera...

Là vu que la journée commence vraiment, je la vois, on échange des mots où se camouflent nos maux, on observe les gens dans les gradins, elle suit le cours, de la rivière, du savoir, on se moque souvent du haut de notre...passons...les trois heures de littérature sont passées, V.H. le patriarche jaune et blanc n'en est pas ressorti grandi, l'oeuvre, les soucis, piétinées, comme un cimetière sous bombardement de la Vermacht en ce fameux soir de juin...

Guidé par son obsession, nous nous dirigeâmes vers l'ultra moderne bibliothèque contenant des livres pleins de pages et là, là on touche vraiment au crime...

Que dire de son fard rouge délicatement déposée comme sur les paupières de ma lady vengeance et puis...le plus simple est de retranscrire la phrase, la formule qui me vint et les nombreuses sensations inavouables qui traversèrent mon humble corps, et puis je fus...

"Scandalisé par la vue de sa belle paire d'épaules nues"

Ce que ce vers ne dit pas c'est que je rentre rarement dans ce genre d'état, avec elle ça arrive mais rarement malgré tout, il y avait aussi, les lanières rouges roses, mon envie de dégrafer, de déshabiller, l'amoureuse rage qui me prit les deux yeux, grands ouverts, figés sur cette fuite à portée de main, scientifiquement, on appelle ça, afflux de sang dans les corps caverneux provoquant un durcissement sensible de l'objet victime, personnellement je préfère en rester à la notion de désir, palpitations terribles qui donnent l'amnésie, ses épaules, sa peau, cette plage, l'estuaire rosé où je me vois déjà, naviguant vivant dans les eaux de l'oubli, le rabattement damnant de l'étoffe couleur Constantinople nocturne, ce rabattement grandiose qui nous fait deviner le mythe de sa poitrine absolue, je suis donc parti me rafraîchir en me promenant naïvement dans les rayons du paradis pour les gens qui ont du temps, dissimulant tant bien que mal la blessure rigide qui barrait ma cuisse...

Et c'est là que le problème fait son apparition, non pas que ça soit honteux d'être ému par une merveille de ce genre, non, disons que ma réaction est bête, je ne demandais pas un acte sauvage, primaire, effectué de suite sur la table dans un mépris total de l'esthétisme, non je n'ai rien pensé, je n'ai rien pensé à part à cette exposition, la magie de ses frêles épaules à découvert, et dans ma promenade, tout en stigmatisant la moquette par mes pas fictifs, j'ai eu le regret car je me suis dit, je me suis dit que j'aurais du comme tout bipède à station vertical normal, que j'aurais du dans un délice ardent, en hédoniste confiant, laisser une caresse d'une absurde tendresse grâce à l'ensemble plus ou moins cohérent de mes phalanges, ou bien, dans un délire de plus, comme je le souhaitais, dans un acte de vie non répréhensible par la loi, poser lèvres jointes, un baiser une rose, sur cette magnificence extrême remuant devant moi, innocente...

Mais non rien de tout ça, l'écrivain à préférer l'écrire, j'ai du mal à vivre comme je le voudrais, j'ai une drôle de gêne vis à vis des actes, je pense que cela s'effacera je l'espère, car même si les écrits restent je veux partir dans la femme ivresse...

mercredi, octobre 18, 2006

Il y a du y avoir une panique

A mi-chemin des escarpins

0 Me faire luminologue(de la luminologie ou l'étude des lumières inside my brain)

1 Non loin du serpent tiède, la rivière cristalline est assurément immobile,

2 Vu qu'il ne faut faire que nuire

5 L'homme entre dans le noir et n'en sortira pas,
La caméra, elle, en sortira,
Par un trucage

3 L'imagination est une sueur chaude

4 Nature,
sanctuaire défragmenté où tous mes échos palissent

J'aimerais te sentir danser au bout de mon membre tordu
(entendez déformé de désir)

Je suis tombé de mon arbre généalogique,
J'ai rencontré mon cousin :

" L'est mort comment ?
- froidement. Accident de boulgour.
visiblement choqué. Ah mais c'est affreux !
- Oui je sais, n'en parlons plus!"

Vous avez vu le débat hier soir ?
Adapté à l'écran

Tout de suite tout de suite
Le new Rimbaud !
Le new Rimbaud ! New New! Rimbaud!
Le new Rimbaud ! (avec des vrais morceaux de voyage dedans)

" 'Soir, on dit de toi que t'es le nouveau Rimb' ça te fait quoi?
- Euh, je sais pas je suis moi et puis Verlaine doit puer de la gueule."

T'es un génie mon vieux !
Non je suis un vieux mon génie.

Alors mon pote on boursicote

Dégénérons

A Gérardmer dans les Vosges

Je restitue à peu de choses près mon coeur
(ce qui me passe par la tête)
(mon cerveau bat !)

L'autre soir ou matin j'ai vu un reportage à la téloche,
on y voyait, un scénario classique, un homme innocent
mené vers l'échafaud
et un public(ici vu que la mode est à l'islamophobie il était palestinien)
criant que Dieu est grand

Dieu est peut-être grand mais c'est un bel enculé


Baleines baleines baleines !
Cousures bleues et effectives
Mammifères de bulles et des fonds marins
Vaisseaux à la peau dure !
Baleines baleines baleines !
Leurs chants subliminaux
Le cercle de geyser
Algues accrochées dans leur milliard de dents !


Baleines baleines baleines !
Des poissons et des pantins dans la bouche
Portes oxygénées du palais
Nageuses gigantesques et nobles !
Baleines baleines baleines !

Je jure de tuer bientôt un de ces crétins de publicitaires qui mettra un "tube" rock pop de la nouvelle révélation venant de Manchester numéro 1 des Charts pendant et pour une seconde et demi...Manchester connais pas

Le type dans la pub Golf a la voix française de Sean Penn
(dire que ce petit mot ne me permettra même pas d'avoir une Golf gratuite, pas même un enjoliver)

Avez-vous déjà essayer d'appeler le numéro d'une fille annoncée belle ou chaude gravé ou écrit au blanc sur les bancs ou toutes autres structures dites publiques?

Allo ?
Oui je suis le responsable marketing chez Ibm
Pistache!


(je voulais le traiter de tâche mais j'étais pressé)

A vrai dire si j'ai écrit ça c'est pour marquer la profonde différence entre ce texte et mon prochain que j'annonce grandiose

Les cueilleurs de nuit

C'est pas le titre mais ça aurait pu l'être

Happy 22h22 !

Fin = Vie

¨Je te laisse choisir quelle phrase te va le mieux ¨
¨Ensuite, réécris la ¨
¨Gardes la dans un coin de ta tête ¨
¨Maintenant tu peux la vendre ou
¨T'acheter ¨
¨Comme les zèbres ¨( du point de vue de la véracité, les vaches conviendraient mieux)

mardi, octobre 17, 2006

Les parfums révoltants : Un bout de Kiev

A crin de l'ambiance lourde et étouffante,
Dimitar Malinenko traverse les figures animées de la révolution orange,
Les drapeaux et l'air froid du pays flottent en cadence,
Des vagues blanches claquent parfois au-dessus des têtes,
Ici on appelle ça le gel de l'oxygène,
Son nom dans la langue je ne m'en souviens plus,
J'étais venue dans cette contrée pour voir de près une population irradiée,
Je n'ai pas été déçue,
Car en dehors de ce désir soudain de République,
Tout était corruptible,

J'ai vu des mioches édentés et aux doigts sales
Mener des hommes pas mieux costumés
Vers des coupe-gorge pour une goutte d'alcool,
Je ne dirais pas ici que la jeunesse s'ivrognisait pour tenir le choc,
Ils se donnaient chaud,

Parfois, coincé dans le centre, on trouvait des vitrines,
Léchées par l'hiver permanent qui caractérise cette région,
Ces glaces couvertes de gerçures paraissaient cacher tout,
Le teint de la ville était unique et implacable,

Un ciel bleu bouffé de jaune dans une étrange transparence,
Je n'ai jamais vu de nuages passer,
La nuit, toujours plus longue,
Se démarquait des autres nuits du monde
Par son incroyable capacité à apparaître
Sans que l'on ne s'en rende compte,
Comme si elle eut été, qu'une averse de plus,

Sur les langues on sent,
Un trait de café sur des phrases de wodka,
Ces phrases rouges,
Ce trait noir qui constitue le regard de l'est,

Une fois dans une souffrance,
J'ai retiré mon gant,
Et ce fut la dernière fois,

Immédiatement,
Une forme fébrile m'agrippa et me serra comme un coeur
Mes ongles violets,

En effet,
La mimine perdue d'un gamin avait trouvé refuge dans ma paume,
Celui là avait des sourcils à peine visibles
Et des iris gris,

Je savais parler le russe mais son ukrainien était trop ukrainien pour moi,
Néanmoins je compris dans ses mimiques que ses parents
Devaient être morts

(il la mimait plus juste que n'importe quel acteur)

Après quelques mètres,
Son petit ventre se mit à gronder,
Sans rien promettre, je l'emmenais donc vers une place douce
Éclairée par des feux de détresse,
Ces feux qui ont allumé au coin de ses yeux gelés
Des brillances qui allèrent bientôt s'écraser sur sa bouche ravagée
Par des siècles de décembres, de rue et de famine,

Je suis une femme écrivain russe,
J'ai écrit sur les massacres opérés par le gouvernement Poutine
Sur le peuple tchétchène,
J'ai été menacée de mort plus d'une centaine de fois,
Voilà pourquoi je ne pouvais prendre avec moi,

Ce bout de Kiev,

Mais la fumée blanche continuera de s'élever des tasses,
Et à travers cette fumée le garçon grandira,
Il lèvera le poing, il lèvera la vie face au destin,
En pensant à ses parents disparus pour un idéal démodé,
Et dans un fourreau de laine sa main visera là-haut
Pour résonner avec les hommes,

Avec cette classe qui marche,
Ces intellectuels trentenaires,
Ces femmes enceintes de même pas vingt ans,
Ces vieillards à la barbe de flocons et à la colonne usée,
Ces enfants qui comme lui n'eurent pas le loisir d'être enfant,

Dimitar Malinenko vit dans cet entourage bigarré et magnifique,
Il vit, Dimitar par sa mère bulgare,
Malinenko pour son père du pays,
Ses parents assassinés parce qu'à une époque
Ils ont tenté de placer des frontières
A la passion,

Dimitar vit en pensant à son autre mère qui lui réchauffa
Le coeur et la paume un instant,
A cette mère qui lui permis de pleurer,
Il y pense,
Demain auront lieu ses obsèques et il sera du voyage
Jusqu'à la mère Russie,
Demain il verra sa tombe dans un sourire de rage,
Cette attitude typique des gens de l'Oural,
Il y déposera son gant sur la demeure la plus chaude de l'écrivain
L'éternité.

" La journaliste Anna Politkovskaia âgée de 47ans et travaillant pour la Novaïa Gazeta a été retrouvée morte criblée de balles en bas de son immeuble en ce 7octobre 2006 - nul doute que ce meurtre intervient en réaction à la lutte sans merci menée par cette journaliste contre toutes formes de censures sur la sauvagerie orchestrée (notamment) par la Russie sur le peuple tchétchène - le pire dans tout ça - c'est que personne ne pourra faire son deuil au grand jour par crainte d'une répression sèche."

dimanche, octobre 15, 2006

Récupération d'un mythe antique par imagerie interposée en italique et en quatrains

Près des combes statiques
où se réfugie mon oeil
on y trouve la douce pratique
des ouvreuses de cercueils,

Un regard dessus de la peau tombante,
brune et pleine de trous
donne de l'imaginaire aux femmes savantes
aux figures de proue

Pareille à ces sirènes aux gorges béantes,
et aux corps d'anti-parasols,
pleureur, au ras des saules,
le délire des rais aux tentacules géantes,

Précieuse la vitre plisse
Sous ses habits d'embarras
Et le courage des jours réglisses,
En révélant sa longue aura

Définitivement voyageuse,
la gouache des écrans du Tibre
célèbre le céleste marbre et creuse
cet orage pénétrant le fini des fibres

Ce courant le long de la laine
Au gré des pelotes et des chatons
colore de vertiges hellènes
la rigidité rêche du coton

Il fallut trois printemps,
Pour que cède Hermione,
A la nature des lionnes,
Ce beau fabuleux éreintant.
Confusément, le tchik-tchik de l'arrosage
automatique vient gonfler
la splendeur synthétique du
jardin de Joseph Kofski,
confusément, car il sait que Joseph n'aime pas
quand la pelouse est noyée,
mais le désolé système ne peut
modifier son programme

samedi, octobre 14, 2006

Puisqu'il faut se débarrasser de la pudeur

C'est un samedi comme un autre dans ces amitiés qui dérivent.

Le lieu est une grande salle, presque de bal, les gens tous des gens primés plein de cervelle.

Au fond, moi, le primé déprimé parce que tout le monde ignore que tout le monde s'ignore.

Il y a trop de vendus, de sourires béas face à un bout de papier, de mensonge, de fierté.

Je suis très fatigué en ce moment.

Et toujours on en rajoute dans ma dégradation.

Si bien que j'ai l'impression d'être "vraiment fou", que bientôt je devrais consulter pour éviter de partir dans des crépuscules irrécupérables.

Le visage sinistré, on a émit mon matricule, j'ai obéis à mon nom, je suis monté sur la scène, j'ai serré fort ma rage, j'ai regardé autre part, vu un flash, des crépitements, une caméra, des diapositives floues et incohérentes, un public enthousiaste, ma classe, leurs parents, elle et ses parents, mes larmes dans le crâne, mon institutrice d'allemand (soit 1quart de mon auditoire), les rideaux fermés, les cris, la remise du mérite, descendre l'escalier, ne pas écouter toutes ces choses sur l'avenir scolarisé, descendre l'escalier, prudemment, descendre de l'escalier et filer, à droite de chaises remplies, à l'aveugle, déchirer le bout de papier, pas par style ou révolte, par déclaration de différence, j'ai cru tellement, trop, je n'ai pas su voir que je ne pouvais être compris, retour en arrière, mes amis sont là dans des couches particulières, un reportage sur Arte retrace la vie brillante de gris d'Hannah Arendt, on apprend les saveurs de ses correspondances, on voit un New-York en noir et blanc, puis en couleur, et cette pierre tombale où réside quelques vers de Rilke qu'il serait idiot de reprendre, avant, c'était un autre film, vraiment magnifique, plus que les deux autres peut-être, l'histoire d'un métallurgiste sourd aux cheveux verts qui aime sa soeur malade, si un jour on se parle, je vous en parlerai sûrement, revenons à mon banc, celui que j'ai colonisé après ma fuite, après qu'un type que je jugeais un peu mal m'ai poursuivi voyant ma peine, on a parlé un peu dans le chantier, j'ai menti en disant que seul ce simulacre estudiantin me faisait de la peine, je ne pouvais pas pleurer devant cet inconnu, j'ai fait semblant de m'en aller, je suis revenu, j'ai tourné, et j'ai réussi à chanter dans la tour interdite au public ma chanson favorite (référence : Hallelujah, Jeff Buckley, album : Grace, Jeff est mort noyé trop jeune près d'Orange County, il avait des yeux noirs et une voix couvrant 6octaves je crois), l'écho est très poussé là-bas, des portes et des moqueries s'y ouvrent très peu, j'ai pu bien poser mes vocalises, j'aime tenter les aigus, et me sentant rassasié je suis reparti vers le banc où j'ai attendu une heure l'oeil dans le vide, il fallait pas que je pleure devant ces inconnus, j'ai vu une "bande d'arabes", elle disait qu'en prison au bled, pour vous tuer il vous bourre pendant trente jours de médicaments pour les fous(remarque : "il" dans la phrase précédente n'est pas au pluriel car pour moi l'injustice est unique et absolu), qu'un homme, intrigué par ma posture révoltée(dans le sens de Camus, j'ai d'ailleurs beaucoup aimé ma discussion avec mes amis à ce sujet) est venu et on a dit :

- Ça va?
Hmmm oui plus un visage de coeur battu
- Non parce que je t'ai vu partir tout à l'heure de la salle et t'avais l'air dépité.
C'est juste ce bal des vendus d'à côté qui m'agace
- Hmmm je vois, c'est la première année qu'ils font ça et ça sera pas la dernière.
......
- Faut croire que le mérite est à la mode.
Au revoir et merci

Il doit y avoir une puissance philosophique étonnante dans ses derniers mots " Faut croire que le mérite est à la mode " mais je n'arrive pas encore à bien la saisir, promis je vous ferai signe(...je malaxe les notions)

Le froid a commencé à me gagner, moi et mon petit polo blanc moulant qui commence à être un peu trop court, mais c'est le seul habit un peu populaire que j'aime bien, j'ai remis ma veste assez chaude et je me suis un peu moins recroquevillé, soulagé de voir que ma souffrance était visible, pas que j'aime apitoyer ou si peu, mais j'avais envie qu'on vienne en me mettant les mains sur les yeux et en me disant " Fais pas la tête je suis là " dans un grain de voix joueur, le problème c'est que pour le moment j'ai personne, et à trop sentir la vie différemment j'ai peur de rester seul, suffisamment longtemps pour que j'oublie les autres et l'amour que j'ai pour eux.

Je n'ai pas entendu la sonnerie, toujours est il que tout le monde est sorti(après une coupure break sous fond de "Hey my nigger" devant une foule noire), j'ai pas vu tout mais la fille aux cornées immenses m'a salué d'un petit sourire, il est passé beaucoup d'humains avant lui, trois filles qui aiment ma teinture, et puis une tonne d'abasourdis, entre temps, j'ai creusé mon esprit à la recherche de mes tronçons heureux, j'ai pas vraiment trouvé, on ne me lit pas, on ne sait pas que j'écris dans un geste de survie, on ne me tient pas dans ses bras, on ne me touche pas, il y a les interrogations et le profil d'une solution que je détaillerai sur la fin.

Il est arrivé, lui c'est Thomas, Thomas est présent dans un texte de ce truc et plus précisément dans l'expression " Thomas je l'aime bien " de Polarité matin nuit je crois enfin je ne suis plus sûr et je donne ce nom parce qu'il me plaît bien et parce qu'il me fait dire que j'avais du verbe déjà avant, et que tout ce que je crée tient presque de l'auto-prophétie(dans ma vie je parle)

A y repenser, ils ont aussi évoqué le fait de sévices carcéraux commis à l'aide d'un kilo de créatine.

Il s'assied, il s'attend à ce que j'aille bien, il prend le diplôme du mérite enfoncé en lambeaux au fond de ma poche et commence à lire

" Merci de votre contribution à la rayonnance de l'établissement" ou quelque chose comme ça

Je pleure, abondamment, tout ça résumait trop bien mon dégoût, je bégaie quelques mots, que c'est horrible leur contentement, le principal satisfait de son travail alors qu'il n'est là que depuis peu, et tous les engrenages de ce système basé sur l'auto-fellation en boucle(c'est rude je sais madame) puis me vient dans la bouche "la peur d'être seul", je pense à Brel beaucoup, à "Voir un ami pleurer", à Thomas qui n'avait pas demandé ça et qui reste muet et droit bien qu'ayant un air infini de compassion et de compréhension(deux actions qui me sont chères), c'est l'anglaise à l'étoffe bleue de l'orée du parc bercé de brumes fortes et avec qui j'ai été voir des lapins sur le bord de l'Oise une fois, c'est cette anglaise qui m'a fait venir Thomas, elle a de ce genre à toujours tendre l'oreille à la tristesse d'autrui, j'avais envie de la remercier, mes pleurs sont vifs et chauds, comme dans les starting-blocks depuis des siècles, ne demandant qu'à noyer mes joues fines, je sens que ça le gêne, il ne dit rien, ne sait quoi dire, je l'ai enfin déstabilisé, puis je me reprend parce qu'il faut vivre au milieu des morts et des mots, en franchissant la ligne jaune je récupère ma gouaille et cette douceur cendrée dans les maxillaires qui fait tout moi, on traverse par la place de l'église ouverte, et là la solution m'apparaît, juste après j'ai dit que je l'aimais en jeune à Thomas parce que je l'aime et que j'aime beaucoup de monde, je l'aime d'une amitié imperturbable(je regrette Romain parfois)(et j'espère que les trois autres quartiers de mon audience ne resteront pas insensibles à me sauver)

Soluce dévisagée : Je suis peut-être trop à côté de la vie pour pouvoir être heureux à l'intérieur.

(cette pensée bizarre et déprimante me réchauffe étrangement, elle implique que je souffre toujours mais aussi que je me batte toujours, dans la marge, donc que je vive toujours.)

C'est la dernière fois que je me livre d'une façon aussi réaliste ici, je n'ai pas pour souhait que les lamentations prennent le pas sur les lamantins.
Prière de ne pas s'en faire, ce n'est qu'un état d'âme errante, et la mort ne m'attire aucunement.

Des épis de blés en coteaux, plantés près de la réserve naturelle d'électricité.

Une parole humide et humaniste :

L'auteur pleure(ce sont des didascalies)

Y'a trop de gens qui vivent mais sont pas vivants et ça ça me tue.

jeudi, octobre 12, 2006

Durch the window

Une peinture de Michal-Ange, en braille pour les musiciens

L'ours odorant qui se repose, la carrière sauvage, et moi en dedans, en éclaireur, sorti des sentiers battus mieux que les femmes, l'angoisse vivante chevillée au poignet, mes réseaux de délires étouffés, mon panache décoloré, érotique exhorbité sous les ombres...

La raison de mon délabrement :

Rentré d'une journée terrassante de bruits incohérents, je décide de mettre une belle chanson, et comme chez moi les belles chansons doivent être propagées partout, je décide de pousser un peu le son et

Mon frère(gentil mais incompatible) rentre et

" Mets un peu moins fort, je travaille, je dois dormir je ...t'es pas tout seul ! "

S'il savait justement à quel point je suis seul...peut-être aurait il encore plus peur.

mardi, octobre 10, 2006

La vie commence à peine, la vie commence à joie

Pour les rares nécrophiles qui osent ma lecture, sachez que c'était ma rentrée, de cette rentrée je retiens une chose, le péril de la danse, disons que tout semble marcher au pas, entre trains, métros, amphithéâtres et migraines, mais elle est là

Cet environnement est néanmoins propice aux univers de science-fiction, genre sous-évalué et oh combien fascinant compte tenu de sa facile capacité à étudier l'humain, il apparaît clairement que la mise à côté ou la transformation des systèmes réels permet à la transcendance de crier, et aux champs de l'âme d'être explorer, d'aucuns diront que pour sonder l'âme il suffit de lire les grands auteur russes, ils n'auront pas torts, mais la science-fiction permet aussi de créer un autre monde comme miroir critique du nôtre.

Et je défend ceci comme je défendrais la poésie plus au moins automatique, comme étant le moyen le plus proche et direct vers l'expression dégagée de toutes contraintes qu'elles soient d'ordre méthodologique ou culturel( dans la vision limitée du terme ).

Les journées, la grêle immobile, la nuit, le trafic.

On passe du temps à regarder les gens.

De la danse qui s'éteint :

Une somme infernale de genres et de couleurs
De femmes et d'hommes abrutis par la routine

Les accents longs des abysses de France
Succèdent aux saccades des langues d'Afrique

Et on rêvera d'un monde meilleur
Moins infect
Où l'on pourrait dormir sans que revienne incessante
l'image écrasante du jour prochain(s'étendant d'une nuit à l'autre)

Dans le fil opaque de la mer
L'escale anéantie passionne les étudiantes du massacre

Loin d'être apaisé
Christophe se remit à lire
dans de drôles de convulsions

Mais il y pensait encore
A ces infirmières qui se moquent de leurs fous
alors
que les mauvais romans se consomment

Il y a les critères de la "bonne raison" qui se dessine

"Il est agréable de se dire que bien qu'étant fou, Nietzsche est un génie. "

En rewind
l'aurore luisante de son visage sortant de l'eau crachée

Dans ce wagon
beaucoup sont habitués à relever
Par précaution
Les yeux à chaque arrêt

Cette épilepsie du sommeil me fait vaguement penser que c'est foutu

C'est une continuité de mes mélancolies souterraines
de ces cours magistraux vieillissants et aliénants
son public en PVC

C'est la même chose que lui
que son envie de danser
de quitter le sol en somme

Pas dans le but de toucher le ciel non
juste par désir de toucher les autres

se lever, travailler, se coucher en pensant à
se lever et travailler

ça tue l'équilibre entre écriture et consommation

pour me tenir éveillé
je me servirai seulement
(un petit courant noir où l'on perd ses chaussures)
des vestiges de la masse
et de leurs ruines d'espoir
(aussi bien que leur intrasèque médio(a)crité)

Ils ne connaissent plus le goût des flocons

Ah !

Qu'importe le flocon
Pourvu qu'il y ai l'hiver

élimées, flottantes,
mes semelles et mes pieds
ont bleuis
balayé par les machines,
en fondu au blanc,

on voit,
des lignes de terres et d'eau
serties d'anciennes pierres,

facile,
je marche en m'appuyant
sur les points de fuite de l'horizon,
assis dessous,
sans que ça sente le cuivre,

la dense forêt s'enroule,
les engelures grignotent les épines
d'un vert glacé,

on devine déjà les loups aux pelages mixtes
et à la dentition taillée,

on croise des gens de neige,
la réponse naturelle et dépouillée
à la symétrie ravagée des boulevards haussmanniens,

environné par l'herse froide,
je garde une respiration douce
et un pas plus souple.

- Je profite de mon hypothermie -

samedi, octobre 07, 2006

Impair et passe l'enfance

Par mesure de sécurité et pour des raisons d'hygiène, j'ai quitté mon lit.

Et c'est le papillon qui redémarre, c'est la deuxième fois que je fais un faux départ.

Au troisième, promis j'arrête.

( C'était truculent n'est ce pas ? )

Extirpé de ma lande néo-zélandaise aux parois brunies,
J'exhorte mille foules à me déclarer la paix

" Je te déclare la paix! Je te déclare la paix! "

Quel tact !

Dans l'alignement significatif des cyprès,
La brume originale survole la falaise,
Tes veines s'éclaircissent dans l'aise
Éclatée des saignements fauves de l'après.

Outrageusement

Le vernis chassé par l'itinéraire
Ondulant des libellules sonores
Témoigne du corps des airs
Aux touches du corps désert.

J'avais pensé peut-être renommer ce truc comme ça à la place des "Lamentations des lamantins" on aurait eu " La torture des tortues ", " Les sales haines des baleines ", " Les macchabées des scarabées ", " Les gémissements des génisses naines" et j'en passe des vertes et

Des pas mûrs,
Délicieusement posés sur l'après-rasage,
Sont les empruntes lestes
De notre passage.

Inutile chérie !

Now ! under vos yeux ébahis !

Le quart d'heure du professeur Sigmund(qui est juif) :

- Alors voilà Sisi, j'ai rêvé que j'étais irlandais, en tout cas roux, et que j'étais avec mes potes(deux bruns, un la peau, l'autre les cheveux) et y'a un gros type qui voulait nous tuer, mais bizarrement à chaque fois que je pensais qu'il allait me tuer en fait il me prenait juste dans ses bras et il ne me faisait rien( un peu comme mon père une fois à la piscine de Liancourt )( restez sur les hamacs, lits en cours ) et donc la dernière fois je m'en foutais je me suis laissé faire et il m'a porté avec une force étonnante jusqu'à une espèce d'arbre dont la cime était faite d'un bout d'autocar arraché, et tous les trois( les bruns et moi ), on est monté dedans par une petite fenêtre en quittant l'épaule du mastodonte( qui gardait de par son apparence indéfinissable, une allure suspecte ) et là parce que je suis un mélomane et que j'aime les fins de film classes on entend le " Hey Jude " des Beatles et tout semble s'ensoleiller (c'est là que j'ai découvert que j'étais roux) quand soudain dans un intense fracas au moins, l'arbre se penche puis décroche et nous finissons tous écrasé super vite comme des vulgaires esclaves de la pesanteur, et donc vu que je meurs ben c'est chiant parce que quand tu meurs dans un rêve tu sais pas si t'es mort vraiment donc pendant une demi-seconde alors que ton pauvre coeur pendouille je ne sais où tu te dis " C'est pas possible, j'ai pas pu mourir en tombant d'un arbre dont la pointe était en fait un tronçon d'autobus(j'ai modifié un peu pour éviter la redondance mais ça se voit non?) " et une demi-seconde plus tard tu dis que c'est peu plausible pour le moment dans ton existence et donc que t'es vivant donc t'es un peu content, bref c'est la fin de mon rêve.

Attendant une réaction de la part du professeur, je ne trouve finalement qu'une drôle de pancarte sur laquelle était inscrite cette phrase :

" Le professeur est parti pisser " (je vous avais prévenu qu'il était juif)

Petite leçon de syntaxe poétique :

Dans des causeries sur les obélisques et les coiffes de myrtille

=

Dans des discussions salaces sur la taille de nos queux et les chattes de nos femmes.

=

Dans des entretiens libertins sur la fatuité des sceptres et l'humidité violette des entrejambes.

Tout ça bien sûr dans un souci pédagogique.

Oktober restera cette année comme un mois de matin,
Et l'impression dominante du moment
C'est " les traits chauds et doux de l'allée jonchée de soleil "

Un aphorisme : Créer, c'est passer de l'impression à l'expression.

Saoulé, dans ma campagne électorale (dans ce sens une campagne électorale, c'est une campagne mais où l'uniforme et amorphe populasse remplace les épis stellaires)(correspondance des mots ahahahah)

Solution au café du Macro du lundi 5 septembre 2005 :

Un bol de riz : Soucoupe Dublin : Bol - Soucoupe : Derry - Dublin .

Le sacro-saint village de Sardaigne :

Julio que nous appellerons Julien parce que j'ai pas envie qu'on me dise que c'est comme Iglesias

Julien donc

Julien n'aime pas le café,

Lui ce qu'il aime c'est les robes à volants et les regards trempés des italiennes de la presqu'île voisine, il aime aussi longer la côte à vive allure, avec sa langue ou un scooter, se shooter au rivage et à ses embruns décadents, voir poindre le cinéma des dunes un millimètre à peine au-dessus des barrières de corail boisée, il aime l'exaltation engendrée par la venue dans ses sinus des grains de sable portés par la brise, la senteur des échos marins, la forme de ses pieds dans la plage anoblie par la marée, les particules d'écumes qui se retrouvent collées à ses baskets qui sentent bons le sel et les maillots de bain défaits, les nouvelles qui arrivent à chaque saison, le goût croquant de ce sable sur la dent, le goût croquant qu'on a déshabillé, les surprendre puis les rassurer par des caresses qui n'en finissent plus, l'ombre exquise du midnight quand c'est la lune elle-même qui enlève les vêtements des amantes tout en les teintant d'argent, les noyer dans leurs sangs,

Julien n'aime pas le café, par contre il adore la vie

Du côté de ses " Alpes maritimes "

( l'idée des récifs immergés ou des formes féminines tapies dans l'ombre de mes doigts.)

Les climatologues ont-ils déjà écrit "micro-mousson" pour parler du chagrin ?

Je terminerai cette renaissance macabre(parousie nécrosée)par une expression étrange, inutilisable et donc fort appropriée :

Un esclave dans du pain frais