mercredi, septembre 26, 2007

Avant que le diable ne sache que tu es mort

Je vais vous raconter un truc.
Un truc vraiment intéressant, plus intéressant que de piétiner dans les feuilles d'automne ou que de boire au volant.
Un truc ravissant, que même le président des States m'envierait.
Un truc où il n'y a pas Paris Hilton(à part maintenant) qui bouffe une glace devant les flashs en masse.

En fait, ça s'est passé comme ça :

Déambulations du lundi soir dans les avenues amiénoises tout dans la contemplation du ciel de septembre. Les boutiques sont ouvertes, elles brillent légèrement, les passants sont peu nombreux. Il fait froid, c'est rare que j'ai froid. Je dois passer la nuit chez Noémie, une étudiante comme il y en a des tonnes que j'ai rencontré par l'intermédiaire d'un pote. Noémie, on s'est vu que deux fois, on se connaît peu mais j'aime ses longs cheveux bruns et il me semble qu'elle aime un peu mes yeux mentholés. Je passe la nuit chez elle, c'est prévu, en tout bien tout honneur, avant on aura fait la fête avec quelques uns(et unes) de ses camarades et mon pote entremetteur à ses heures perdues. Je n'ai qu'une seule consigne, bien me marrer, glisser quelques remarques grinçantes et intelligentes et surtout ne pas toucher à la vodka. Mais pour le moment, il me reste quarante-cinq minutes de flânerie aux abords du quartier Saint-Leu, quarante-cinq minutes d'attente et de jeu, je joue avec mon coeur battant et l'imaginant(elle doit avoir des bas noirs) et avec tout le spleen lié à cette ville. Chaque fois que je pars là-bas, je sais qu'il va s'y passer quelque chose. Et ce fut le cas. Je marche tranquillement(je boîte)(on dit souvent de moi que j'ai le regard qui défie, un regard détestable et hautain), j'aperçois un espèce de grand mec à bonnet péruvien.

Voilà, j'ai terminé de raconter. Je me suis réveillé dix minutes plus tard(j'exagère), porté par les deux bras puissants d'un inconnu qui m'a dit plus tard qu'il s'appelait Joël avant de me serrer la main et de partir. Joël a un cousin qui est un peu comme moi. Cet espèce de grand mec à bonnet péruvien m'a mis un coup de boule, qui m'a éraflé le nez et m'a assommé. Comme ça, pour rien. C'est marrant, j'avais prévu d'écrire une nouvelle un peu dans le même genre où je me fais poignarder par un inconnu, suite à l'accident, moi ou le personnage déclare tout un fatras de vérités cinglantes de son lit d'hôpital. Et ça m'arrive, en vrai. J'ai le haut du pif en sang et le crâne en bouillie. J'oscille entre une peur panique et une complète sérénité. J'ai sûrement pas été clean ces derniers temps, ça devait arriver. L'enfoiré. Tous ces putains d'enfoirés qui pourrissent mon univers à deux balles. L'abruti, il m'a dévisagé, une fois de plus.

Je suis arrivé devant l'appart' de Noémie, choqué, en sueurs avec un mouchoir sur le nez. Mes beaux yeux menthe au lait n'ont plus du tout fait le même effet. J'avais même pas l'air d'être un guerrier, juste d'un pauvre type qui vient de se faire éclater la tronche. J'ai quand même dormi chez elle et au matin/ C'est là que Paris Hilton peut revenir, j'ai fini pour de vrai. (au retour, j'ai demandé à ma mère quand ça allait partir cette éraflure, elle m'a dit " Dans 8jours ", très bien plus que 8jours, ma mère n'est absolument pas docteur mais je lui fait confiance, 8jours)

*

Réveil. Lavage de dents. Habillage. Les Kinks. La rue. Les souterrains. Six stations. La rue. Les escaliers. Les collègues. Leur haleine. La nuit. Les larmes.
Réveil. Lavage de dents. Habillage. Les Kinks. La rue. Les souterrains. Six stations. La rue. Les escaliers. Les collègues. Leur haleine. La nuit. Les larmes.
Réveil. Lavage de dents. Habillage. Les Kinks. La rue. Les souterrains. Six stations. La rue. Les escaliers. Les collègues. Leur haleine. La nuit. Les larmes.
Réveil. Lavage de dents. Habillage. Les Kinks. La rue...

Je n'y vais pas aujourd'hui. Je me paie une virée à la mer. Bonjour, je voudrais un aller pour le Touquet s'il vous plaît. Je n'ai pas de réduction. Je m'en fous qu'il fasse beau ou non. Je m'en fous qu'il y ai du monde ou non, je veux me tirer un peu voir comment ça fait. Comment ça fait la mer à ses pieds en dehors des congés. J'espère que dans le train je pourrais regarder les jolies filles comme je faisais étant jeune. Tous les matins je me disais qu'il y en aurait peut-être une qui me plairait et à qui je plairais, je pensais ça à cause d'un article de journal qui disait que des couples se formaient plus souvent qu'on ne le croyait dans les transports au commun. J'ai dû prendre plus d'un millier de trains, j'ai dû croiser plus de 10 000 passagères à mon goût et, aucunes. Je ne sais pas si c'est l'article ou ma façon insistante de regarder les gens qui mentent mais en tout cas y'a anguille. Le train est à moitié plein, ils ont l'air de quand même partir pour le boulot et moi je me sens comme un aventurier, un fugitif qui voyagerait sans billet. Tenez, voilà mon titre de transport. Monsieur, vous ne l'avez pas fait composter, 10euros d'amendes. Est-ce que monsieur pense aussi qu'on doit composter les rêves. Tenez voilà. Le paysage passe, un paysage à l'opposé de celui que je côtoie la plupart du temps. C'est un paysage plus vert et plus minéral, un paysage qui fleure bon l'écume. Dans ce train, nombreux sont les gens à être blasés de ce paysage qui m'euphorise, serons nous tous un jour même blasés du Mont Fuji ?

Au bureau, ils doivent être étonnés, ou alors ils n'ont même pas remarqué mon absence, est-ce que Chloé l'a remarqué elle ? Non. Chloé n'est rien, elle me sourit parce que je lui fais de la peine, comme cette jeune femme toute gênée que j'avais invité chez moi, elle souriait aussi, elle riait, je lui montrais les poèmes que j'écrivais il y a de cela dix ans et elle les trouvait géniaux, nous avons couché ensemble. Je ne l'ai pas revu, elle est partie comme le font les hommes depuis toujours. J'embrassais une toute autre carrière que celle-ci mais il n'est pas trop tard, je vais m'affaler dans le sable, je prendrais du papier et j'écrirais comme à l'époque, est-ce que mon style est encore là ? Le train s'arrête, l'odeur de cuivre des freins se mélange avec bonheur aux embruns marins. Il est 10h30 et je suis ailleurs que prévu. Je ne petit-déjeune jamais depuis mon adolescence, parce que j'aime avoir faim à midi mais cette fois je vais faire une exception, j'ai une furieuse envie de pancakes. Des montagnes de pancakes au sirop d'érable même si je déteste ça ce matin c'est mon paradis. Je m'arrête dans une crêperie. Bonjour(le jeune serveur semble être effrayé par mon nouveau sourire), est-ce que vous faites les pancakes ? Non, non, non, non. Oui. 11h27, je goûte enfin à mon premier pancake près de la mer du Nord. C'est dégueulassé mais bon c'était prévisible. Je paie et décide d'enchaîner par une promenade sur la plage. Ma marche mélancolique dans tous ces grains entassés.

Il vente, la mer est peu agitée, l'écharpe nouée autour de mon cou me donne l'impression de voler dans les deux sens du terme. Je vole au vent, je vole au temps. L'air est froid, gris, insupportable mais je me sens au mieux du monde, j'ai enfin réussi à scier un peu la chaîne de mes impératifs. Petit, je voulais de l'exclamation, que tout gueule, que tout s'exprime par les grands porte-voix de la nature. J'ai viré à l'impératif, aux murmures, aux complaintes, aux insultes proférés à mi-voix puis dans sa tête, aux rêves sadiques de meurtres sur le patron qui n'aboutiront jamais qu'à une humiliation supplémentaire. Je suis devenu aussi timide avec la vie que je ne l'étais avec les femmes. Je quitte l'étang souple de la plage pour rentrer dans un petit bar chaud et accueillant. Je n'aime pas l'alcool mais je décide tout de même de me prendre une bière, pour la savourer. Il passe un concert de Donovan sur la télé au coin du bar. Ils ne doivent même pas savoir qui est Donovan, même les programmateurs ont dû se gourer en mettant son concert à l'antenne. Pourriez-vous mettre plus fort, je murmure, dans ma tête, dans ma tête, plus fort, plus fort, dans ma tête, murmures, je dois tout lâcher, larguer tout, ils n'ont rien fait, c'est moi qui me suis foutu de moi-même depuis le début, bordel. Plus fort ! Ok ok, calmez-vous mon grand, on va la mettre plus fort votre télé. Cet homme a l'air aimable même si son visage trahi un profond désarroi. "Excuse Thierry mais y'a la rediff' du foot dans 1 quart d'heure " . On changera. Ils changeront, je ne changerais pas, je ne peux pas aller lui casser la gueule, dans le rêve que j'ai fait ce matin je ne cassais la gueule à personne, il faut juste que je me fasse à l'idée qu'il y aura un peu de foot dans mon rêve. "J'ai pas pu voir le match hier soir parce qu'il fallait s'occuper des gosses vous comprenez". J'acquiesce brièvement puis m'en retourne à ma chope. En vérité, je ne comprends pas, j'ai toujours voulu des enfants mais je n'ai jamais trouvé la bonne, ni la mauvaise d'ailleurs.

Des coups d'un soir, des coups d'un mois, des coups d'un trimestre. Mais jamais rien de plus, à croire que je finis par lasser dès qu'on change de saison. Je suis un gars d'hiver qui ne peut pas aller avec des filles d'été. Sans finir ma bière, je pars. Il ne faut pas que je sombre dans la tristesse alors que je suis dans mon propre rêve. Je ne dois pas avoir de regrets. Le ciel s'est éclairci et à commencer à bleuir sous sa palpitation dorée. Les rues sont quasiment vides, il n'y a l'air d'avoir que des locaux. Il faut que je retrouve cette petite crêperie où mon père m'avait emmené un samedi après-midi, cette petite crêperie où alors que ma crêpe banane-chocolat tardait à arriver, je n'avais fait que penser à elle. Ma première sensation. Une collégienne intense. Luna ma lunatique ahah. Ce qui m'a toujours séduit chez elle c'était ses dents, non pas qu'elles étaient parfaitement ordonnées ou d'une blancheur éclatante, elles incarnaient juste à mes yeux ce que pouvait être la perfection. Ni mes lèvres, ni ma langue n'ont pu goûter à cette dentition formidable, Luna déménagea après la sixième à 30kilomètres de chez moi, autrement dit le bout du monde. Je me plaisais à dire que c'est pour ça que je n'ai pas pu concrétiser, parce que je n'ai pas eu assez de temps mais au fond, au fond je sais très bien qu'elle aurait pu rester dans la même classe que moi pendant un millénaire, le résultat aurait été le même. Je n'aurais rien fait car j'ai trop peur de bousculer ce qui est déjà tendre. Au risque de me priver de brûlures. 12h24. Je marche et les rues se ressemblent, elles ressemblent à celles dont je viens de sortir. Je prendrais le train du retour après avoir mangé.

Les 30minutes viennent de s'écouler, il est officiellement mort.

/ Une vieille histoire raconte que nous avons tous trente minutes de libre avant que le diable ne se rende compte de notre décès, pendant ce court laps de temps, TOUT DEVIENT POSSIBLE /

Inspiré par "Cercles", un des romans de la rentrée
et par le dernier Lumet
et par l'enfance.

samedi, septembre 22, 2007

Two rooms : Epilogo

Le poète ira tuer la Catania du savoir.
Le politicien ira tuer la Catania de l'enfance.
Tous les autres, s'en foutront royalement.

vendredi, septembre 21, 2007

Two rooms

Deux chambres, deux femmes. Il n'y a pas ici de grandes devinettes à la suite de tout ça. Simplement deux chambres, deux femmes. Tenter de traduire ici l'émotion se dégageant des arbres séculaires brunis par le soleil, de rapporter avec fraîcheur et détails les langoureux chemins de tapisserie qui charpentent la maison ne changerait rien. Je peux par contre me servir du décor extérieur pour évoquer le temps qui passe, imaginez la neige succédant aux squelettiques et craquantes feuilles de l'automne, imaginez l'aube s'enrichissant et prenant aux pieds des herbes renaissantes, imaginez l'éclat puissant de l'air qui réveille les parfums. 365jours + 1quart en gros. Multipliez tout ça par 24. Deux chambres, deux femmes, pendant 24ans.

Des choses viennent de s'induire en vous, vous vous dites ? Il y a secret ! Séquestration ! Vie apparemment minable de bourgeoises immobiles ! Vous savez que vous ne savez rien et que je suis le seul à tenir autour du cou la clé de l'intrigue. Si nous étions en guerre, s'il fallait me bouffer tout entier pour avoir l'information vous l'auriez fait, mais bon ici nous sommes entre bonnes gens et puis vous avez bien un peu de temps devant vous non ? Dieu que j'aimerais être à votre place, votre imagination(si vous avez eu l'imprudence d'en converser traces) doit faire de ces bonds ! Cette grande demeure, vous l'avez placé où ? Dans un parc ? En Angleterre ? Mais encore ? Isolée ? De tout et de rien. Une demeure qui préserve, une demeure dans laquelle tout se révèle, où l'ennui et le temps n'existe plus. Possible. Personnellement, je la verrai bien pleine d'enfants dans les premiers étages avec seulement ces deux femmes au dernier.

Sont-elles leurs mères ? Y a t'il eu une insurection enfantine contre leurs bourreaux matricielles ? Je n'en sais pas plus que vous. Pour le moment, je vois simplement deux femmes dans deux chambres distinctes. Rien n'indique qu'elles soient mitoyennes, qu'allez-vous donc chercher gentlemans ! Aux vues des excès littéraires récents, vous présumez que ces deux femmes sont peut-être tout bonnement mortes, deux tiges de chair qui pourrissent et se font déguster par mille insectes. Là encore, nul besoin ici d'étaler mes talents d'étymologistes, ces bestioles remplissant un simple rôle de sparring-partner dans le cycle de la vie. C'est une histoire bactériale. Les deux femmes s'appellent Catania. Les italiens auront tiltés. Elles ont des cheveux roux et quelques baisers d'anges sous les paupières.

Deux femmes rousses prénommées Catania ont passé 24ans dans deux chambres distinctes et non mitoyennes. Des jumelles oui, j'ai voulu vous placer à l'intérieur d'un univers à la féerie grave où ce ne sont pas les sorcières ou les immigrés que l'on punit et brûle mais les soeurs "comme deux gouttes d'eau". Et bien non. Ce n'est pas ça. Il faudrait repasser pour la révélation car je n'en ai pas fini avec cette histoire. Je m'en vais tout de même éclaircir tout ça grâce au dialogue entre Silas et Korbin(deux des gosses du premier étage), allez-y les petits :

"- J'ai peur grand frère.
Tu as peur de quoi Korb' ?
- Peur de ne pas savoir ce qu'il y a là-haut.
Tu as bien vu hier qu'il n'y avait rien, et puis de toute façon nous y retournerons ce soir comme d'habitude.
- Je sais, mais le fait de lire Marx a un peu modifié ma vision de cette affaire.
Ahah, c'est normal Korb', tu n'es pas censé le lire avant tes quatorze ans.
- Oui, désolé(il sourit). Tu crois qu'elles existent ?
Les Catania sont belles et bien vivantes mais personne n'a pu savoir ce qu'elles étaient...
- Des femmes non...?
Bon c'est bon on peut y aller ? Vous nous donnez notre pognon ou quoi, il fait froid dans ce désert et on est là à raconter n'importe quoi juste pour vous amusez et perdre le lecteur...C'est pitoyable !

Petits cons ! Ce désert c'est ma tête, je fais ce que je veux avec. Et Baff une claque pour chacun et Biff un croche-pattes, et faites gaffe à vous, il me suffit de préciser plus haut que la majorité est à quatorze ans dans ce pays imaginé et je passe aux armes blanches. Non mais. Korbin et Silas sortent de la pièce, Korbin a le nez brisé, quand à l'autre, il s'en sort avec quelques côtes cassées. Pourquoi me faites vous ces yeux là ? C'est parce que j'ai frappé des enfants ? Ah non, c'est parce que ça devient de moins en moins clair. Soit mais remerciez-moi, je viens de virer deux mômes de la maison et j'ai placé un microphone sur eux. Écoutons.

- On ne doit pas parler(on entend le bruit d'un tramway, le son des pièces qui s'entrechoquent, la voix d'un vieil homme qui crie dans les oreilles de tous les voyageurs, il parle d'extinction, de grand départ, et le signal se perd)

Merveilleuses soeurs Catania, aucun cafard ne vous sort des yeux, aucune putréfaction ne défonce vos si doux visages, on y voit à peine, sur la plus âgée des soeurs, quelques rides émouvantes. Elles portent toutes deux une robe verte brillante qui ne fait que donner plus d'arôme à leurs silhouettes élancées, aux pieds(sublimes petits pieds blancs) elles portent chacune une paire de chaussons de danse. Le fait que vous deviez pisser dans un seau pour vous alléger ne me dérange même plus, belles que vous êtes. Le son clair et limpide de ces flavescentes humeurs contre le métal usé a tout du charme des étangs chamboulés par les orages printaniers. Je ne suis pas fou. Non. C'est plutôt vous qui l'êtes à lire depuis je ne sais combien de minutes ces divagations sur deux femmes dans deux chambres distinctes mais non mitoyennes. Vous vous doutez qu'à un moment, je serai fourbe en utilisant une pirouette narrative assez déconcertante.

Au fond, cette histoire et tout ce qui fait la détente est comme une jouissance. On y oublie tous ses désagréments mortels qui grêlent nos existences, on y oublie ses famines, ses peines de coeur et ses emprunts. Pour cela encore, remerciez moi. Pour quelques instants, vos erreurs, vos mauvais choix, votre égoïsme et autant dire votre médiocrité ont été remplacé par un épisode certes alambiqué mais de bonne prose sur des jolies femmes. Filles de feu. Pourquoi vingt-quatre années tout de même ? Sont-elles descendues en bas au moins une fois, au milieu de ces enfants ?

C'est en fait la réadaptation d'une ancienne légende nordique. Deux femmes, deux soeurs, deux princesses à la chevelure blonde, la cadette et l'aînée avaient deux dons différents. La première d'entre elles, avait le talent, si vous parveniez à la faire fondre en larmes sous sa tristesse, de faire retourner à ses dix ans n'importe quel adulte de plus de trente ans, en contrepoids, celui-ci perdra tous ses acquis intellectuels, mais est-ce là une perte. La seconde, la cadette, avait, elle, le don de vous donner toutes les connaissances dont vous rêviez secrètement à condition que vous la fassiez fondre de plaisir rien que par la grâce de vos mains. Dernière précision, chaque être humain(les femmes n'étant pas exclues) n'avait le droit qu'à un seul essai dans toute sa vie.

Voilà pourquoi il y a des enfants et des jeunes hommes tout autour de ça. Voilà pourquoi elles sont quasiment jumelles(les rides sont normales dans la tristesse, s'effacent face à l'éveil physique). Si l'une d'entre elles en a assez de pleurer de peine ou de plaisir, elles échangent leur place, personne ne peut leur en vouloir, elles sont trop précieuses. Cette vie leur va bien, pourquoi ? Parce qu'elles peuvent passer librement par chacun des grands bouleversements humains, le profond malheur, la meurtrissure la plus intime et l'infini don de soi, l'éblouissement charnel. Quelle place pour l'entre-deux dans tout ça ? L'entre-deux, c'est ce couloir qui sépare les deux chambres, un couloir bien éclairé par de larges fenêtres blanches. Un couloir qui quelquefois paraît très long, quelquefois quasi instantané. C'est le couloir du choix. Sans le savoir, vous errez dans ce couloir depuis le début. Laquelle des soeurs allez-vous choisir ? Opterez-vous pour le savoir ou la naïveté ? Irez-vous pour vous ou pour elle ?
Deux chambres, deux femmes, notre choix.

- je vous avais prévenu pour la pirouette narrative, soufflés hein -

lundi, septembre 17, 2007

Die schwarze Künstlerin

Ce qui suit incarnera dans le désordre(dans le mesordre, dans l'inordre) les quelques impressions qui me firent de l'oeil ces temps derniers :

Allégorie des Twins Towers dans la projection du vitrail au cul rouge sur le dos de la chaise.

Square Ozanam.

L'importance capitale du choix de la passagère visible de mon siège dans le train.

Les vacances infinies,

Enfers cadavériques.

Ma beauté.

"Je le sens vraiment bien cet hiver"

Jamais loin :

Dans les étoiles, morts corps blancs soupirants sur la vaste nappe d'encre,
Dans les ronflements de mon père, les pieds sur sa chaise devant la télé,
Dans les rencontres en demi-teinte,
Dans ta façon d'être, toi, le gentlemen brisé, l'amante au rouge à lèvre saisi par le vent,
Dans les génuflexions du jour sur ma face abîmée,
Dans le faux vacarme des travaux aux fenêtres,
Dans le manque de place du rêve dans ces métros aériens,
Dans la moindre des toiles d'araignée éclairée par le moindre des réverbères,
Dans ces quais déserts aux lumières épuisées, enfiévrées, époustouflantes,
Dans ces chemins de pierre ravivés par la nuit,
Dans le vide le plus complet, quand tu marches seul, à l'abri du monde,
Dans ces phosphorescences au sol, bouteille de bière brisée sur la route,
Dans la misère des hommes,
Dans le sourire de ces statues d'Asie,
Dans la une du journal qui dévoile ses ombres déchiquetés, soulevés à la pelle,
Dans ces lignes qu'on ne lit pas vraiment car nos yeux sont d'ivresse,
Dans ces films qu'on ne verra jamais car la fatigue nous a,
Dans ces filles, qui nous regardent ou non, à la silhouette grasse ou svelte,
Dans ces écailles nouvelles et rouges qui nous prennent au matin dans la glace,
Dans mon sandwich thon-mayonnaise-tomate que je prend en revenant,
Dans ces discussions qui switchent d'une langue à l'autre pour traduire le même désir,
Dans la poigne glacée et méthodique du temps qui nous assomme au soir,
Dans ton regard qui ne me lâche plus, qu'il ne me lâche plus,
Dans une colique qui s'accomplit,
Dans mes marches en musique sur des flancs démentiels,
Dans ces cafés et diabolos aux prix exorbitants,
Dans le dégueulasse qui traîne dans chaque chose qui se refuse à être,
Dans les énoncés que l'on peine à comprendre,
Dans une rupture amoureuse, dans nos coups de nerfs sur l'os,
Dans le géant ahurissant qui nous prend dans ses bras, et tout notre squelette s'enflamme,
Dans ces colisés fictifs où tu joues du piano,
Dans nos larmes retenues appelées par la douleur de marcher sur nos jouets,
Dans notre foie bientôt malade, dans nos jambes un peu faibles,
Dans le refus des femmes, dans tous nos becs de lièvre,
Dans la mer tapageuse qu'éclabousse mes cuisses,
Dans l'alcool triste, violent, horrifique qui nous fait voir en noir,
Dans ces leçons non sues que l'on se promet d'apprendre,
Dans ces fous assassins qui altèrent le silence,
Dans ces fous assassins qui font brûler le sang,
Dans ces fous assassins qui n'altèrent pas la jouissance des ébats répétés des amoureux débiles,
Dans l'ubiquité certaine de la grande peur humaine,
Dans tout ce vin renversé qui imprègne peu à peu les fibres de nos chemises blanches,
Dans tout ce vin vomi sur les pavés gluants,
Dans tout ce vin qui bleuit mes lèvres tout en les tuméfiant,
Dans tous ces mauvais vins qui tiennent à la place du vinaigre,
Dans ton plaisir égoïste,
Dans ton Rêve absolu que l'on a castré et que tu gardes encore,
Dans les pervers qui trempent leurs doigts dans ces fillettes amorphes,
Dans l'aube qui descend calmement faire une bise à la ville,
Dans les guirlandes que l'on sort de leurs boîtes en novembre et qui ne vieillissent pas,
Dans ces matins où l'on sent davantage la douce chair de sa hanche que la nôtre,
Dans ces cierges qui brûlent éternellement et qui ne ramèneront rien ni personne,
Dans la mémoire, mémoire où tu me souriais,
Dans la bouffe,
Dans ces chiens à la peau comme un coussin ouvert,
Dans la naïveté dont je fais preuve,
Dans les gâchettes appuyées et les crânes déversées,

Dans la patience, murmure du signe.

Je sais qu'il paraît comme récurrent d'associer la beauté autant au merveilleux qu'à l'atroce mais l'on oublie surtout de dire qu'elle se passe à l'intérieur, le reste importe peu.

J'ai écrit il y a peu que cette beauté(ou bonheur de faible intensité) résidait souvent dans les erreurs d'impression et là encore j'avais raison car je me trompais.

"J'ai cessé de croire que la pluie était belle"

Vous êtes dans le vrai.

Cette plaisante affirmation orne mon paquet de chips, je peux lui faire confiance.


Texte à compléter

jeudi, septembre 13, 2007

25 bombes entre guillemets

scooters, vacances, automne

Je suce pour rien au 06 42 36
Vive l'Algérie
La tête de ce qui doit être un chien
Un coeur coulant
Enculé
Enculé
J M G
Brazil !!!

C'est quasiment en rêvant que je suis sorti des toilettes. Ennui; spleen; amertume; dégoût; haine; enthousiasme; contemplation; tant de mots pour exprimer ce qui nous échappe. Le ciel, large vitrine cauchemardesque foudroie ses plumes, plumes offertes à mon petit fils, vole mon garçon vole fais un signe pour moi à la grande brûlure, les horizons pâlissants qui se confondent avec le dialecte gris de ces écrans neigeux, elle ne viendra pas, j'ai fait ma valise pour rien, j'ai embrassé ma mère pour rien, elle ne viendra pas, l'argent despotique rend les enfants à la boue, l'argent rend les pères à la démence, moi, je n'en ai pas, pas même une louche, pas même un grain, je me contente de vivre de mes tripes, quand les fêtes tombent, quand elles tombent sur les monuments qui s'éclairent, sur ces rues que l'on parfume, je n'en suis pas plus mauvais de ne pas en être, je sais trop bien ce que ce genre de manifestations fout sous le tapis, j'ai quitté la maison en prenant mes gants, ces gants je les regrette, ces gants représentent le fait que je voulais survivre dehors mais je ne voulais pas, je ne pouvais pas, je ne devais pas, un fils trisomique reste un fils mais que voulez-vous, ces soirs où ses poings courts cognaient contre les formes de sa mère, ces soirs où je rentrais plus tôt du travail pour pouvoir mettre ma tête contre le ventre de mon épouse, ces nuits où, plongé dans des rêveries claires je me voyais déjà le portant sur mes épaules, lui apprendre à faire du vélo, je me voyais entrer dans sa chambre, sans bruits, pourquoi tu pleures cow-boy ? les filles c'est nul, je me voyais lui faire faire des anges dans le sable, je me voyais pousser la porte de sa chambre, un peu gauchement, pourquoi tu pleures mon fils ? les filles c'est superbe, je me voyais tout plein de tendresse et d'appréhension vis à vis de la fille qu'il choisirait, je me voyais aimer sa mère et l'aimer lui, je nous voyais, nos sorties, nos week-ends, c'était ta dernière dent de lait, j'aurais fait de lui quelqu'un de bon et de philosophe, quelqu'un qui contrairement à moi aurait su se contrôler, mon petit bonhomme, il me rendrait visite alors que la fin ne serait plus très loin et de par son charme carnassier me rechargerait pour plusieurs mois, vous déménagez, oui nous partons vers le Sud, que sa mère était belle ce jour-là à pleurer, à pleurer, l'après-midi qui suivie, merveilleuse scène d'amour entre deux corps rompus, ma fierté ce gamin, partout dans la ville je l'érigerai, je l'aurais érigé, mais ces foutus chromosomes et surtout ma peur ont tout foutu en l'air.
Sa mère, la plus formidable des épouses, rencontré sur les bancs de la fac, comme dans un conte de fées standard. Aujourd'hui, je sais aussi ce que je n'aurais pas vu chez mon enfant, je n'aurais pas vu ses marques sur ses bras, stigmates d'une de ses tentatives de suicide, je n'aurais pas vu qu'il voulait à tout prix cette hélicoptère téléguidée, je n'aurais pas vu qu'au fond il me détestait, qu'il avait honte de moi quand je parlais devant ses amis, je n'aurais pas vu qu'il n'aimait pas les framboises mais plutôt les mûres, je n'aurais pas vu ses poèmes brûlants ni ses revues pornographiques, je n'aurais pas vu qu'il se sentait mal dans sa peau, je n'aurais pas vu qu'il avait toujours rêvé d'être pianiste mais qu'il n'en a jamais rien dit car il connaissait nos moyens, je n'aurais pas vu ses larmes sur mon corps sans vie et toutes ses excuses sur chacune des méchancetés qu'il a pu proférer sur moi.
La vie de sa mère ne doit pas être facile, élever un trisomique doit exiger une patience titanesque et une bonté sans borne, je devais manquer de bonté à toujours viser le meilleur, voir que son fils ne parlera jamais, ne sera jamais autonome, voir qu'on ne pourra jamais se confier à lui, souffrir du fait qu'il n'ai pas l'air de souffrir, vouloir parfois la mort de son enfant pour respirer un peu, ça ne doit pas être facile, ça doit être l'enfer, mais sa mère a une meilleure vie que la mienne, au moins, elle a un fils à aimer et qui l'aime en retour.

On ne peut serrer dans ses bras la solitude, on risquerait de s'étriper, on ne peut lire une histoire à notre lâcheté, on ne peut border ses regrets, je me suis abusé, en partant ce matin là, une semaine après l'avoir su je me suis privé de toutes ces légèretés qui réduisent en miette la plupart de nos tourments, même la mer me donne la nausée, mourir ne serait que refuser le supplice une fois de plus.

Et voilà qu'on me tend la main. Une trentenaire qui travaille au noir dans une compagnie d'assurance. Une trentenaire qui porte des jupes bleu ténor imprimées de fleurs. Une trentenaire qui m'appelle par mon prénom, qui m'a invité chez elle. "Mais pourquoi pleurez-vous tout le temps ? Parce que je suis un monstre et votre gentillesse ne fait que mettre en évidence ma laideur profonde."
"Vous êtes un salaud mais pas un monstre, vous connaissez de belles choses, vous n'avez pas de mauvais yeux." Elle posa sa main diaphane sur les angles de ma joue brisée.

Quelques jours plus tard, on frappa. Quelques jours plus tard, on l'emmena, les Bleus avaient découvert les escroqueries de ma trentenaire. Six mois de prison ferme. Comme certains violeurs. J'ai fui. J'ai été la voir une fois au parloir et je suis reparti une nouvelle fois, amoché comme jamais. J'ai fui par les quais, en crachant dans les confus visages azurs que les flots mettaient en forme, mais je ne crachais plus grand chose, à peine quelques gouttes salées. J'aurais pu prendre un bateau mais j'ai pris un train vers l'Ilianor.

Ilianor et son phare.

Sa taverne avec son mur de toilettes gribouillé, comme un mémorial au temps passant, aux histoires naissantes et déclinantes entre ses murs et tout autour. "Une orangeade bien fraîche". J'ai été voir leur maison, mon fils n'a pas l'air si attardé que ça.

(l'enquête sur la trentenaire nous donna à voir et à photographier une conclusion détonante/se référer à l'article : Virginia, la mangeuse de clochards)

"1 : Que chacun lève le bras droit bien tendu devant son miroir
2 : Un coup de fil passé depuis l'avion avant qu'il ne se crashe
3 : N'importe quelle histoire traite du terrible
4 : Découvrir un sourire nouveau sur la mine de l'aimée
5 : Les nuits blanches passées sur les consoles de jeu ne sont pas graves
6 : Si vous espérez tirer profit de la création, vous êtes homme à faire souffrir
7 : Oubliez les calendriers, un jour d'octobre peut être aussi beau que juillet tout entier
8 : Il n'est pas sûr que votre grandeur d'âme vous rende heureux
9 : Mais elle permettra toujours de vous trouver une excuse
10 : Un professeur de littératures n'a pas forcément de meilleurs goûts
11 : Ce que devait penser pour de vrai notre président au moment de son élection
12 : Ils se tirent tous dans les pattes mais au fond tout va bien
13 : La Thaïlande ne jouit pas d'une presse libre
14 : On retrouvera encore des nymphettes mortes et toutes dégoulinantes
15 : Les chats sont mieux que les chiens
16 : La plus petite dans les vestiaires
17 : Paradis veut dire en fait : moment qui nous fait le plus planer
18 : Certains planent à distribuer les cadavres
19 : Le fond de ses cuisses est chaud, il n'y a plus de gêne
20 : Il ne faut surtout pas refuser la peur
21 : Ceux qui sont sûrs d'eux et qui brillent, n'ont pas grand chose à offrir
22 : Mais attention, lorsque nous brillerons, nous ne serons pas meilleurs
23 : 1 rein en assez bon état coûte une centaine d'euros de nos jours
24 : Moins cher qu'une kalachnikov
25 : Un petit peu plus qu'une femme."

mardi, septembre 11, 2007

La lumière des hôtels

Aveugle, cela avait commencé comme ça, un peu de poussière sur le lustre et rien qu'un choc. A côté de moi, dans les autres lits, des autres gens, sans bras, sans cuisses, tout couvert de bandelettes rougies. Mon mari m'avait demandé de ne pas faire ce voyage, il m'avait pris par les hanches, vivement comme un toréador et il m'avait dit "N'y va pas " et comme d'habitude j'avais souri avant de l'embrasser car je savais que j'irai, coûte que coûte. Maintenant je n'ai plus de seins, ma poitrine n'est plus qu'une large brûlure. Je sais qu'il est le genre d'homme à pouvoir supporter tout ça mais non je ne veux pas de cette vie, je ne veux pas qu'il se sente redevable vis à vis de moi, je vais devoir trouver une solution. Ma gorge me fait mal, j'ai l'impression d'avaler du plâtre à chaque respiration. Cette ville m'avait pourtant porté bonheur, c'était là-bas où pour la première fois je m'étais senti vivre, les balles fusaient tout près et le lendemain à l'école les enfants avaient l'air heureux, comme si de rien était, comme si la compagnie du plomb n'était qu'un oiseau mort que l'on passe sans regarder. Là-bas, il y faisait beau quasiment tout le temps, les gens qui ne combattaient pas étaient tous plein d'amour et de dignité et pourtant. Pourtant chaque semaine les fils pleuraient leurs mères, les mères pleuraient leurs fils et bien souvent rien que des morts pour pleurer les morts. Je pourrais sortir d'ici combien de temps ? Il ne me répond pas, les docteurs semblent tous affairer ailleurs comme si les plaintes alentours n'étaient pas les vrais. Le soleil inonde cette grande chambre dans laquelle nous sommes tous entassés, à ma droite, un homme qui vient de perdre ses deux jambes dort profondément avec un visage d'une sérénité sans loi. Je pense que ce monde qu'il devine est un monde sans guerre, un monde que ni eux ni moi ne connaîtront jamais, car même s'il n'y a pas toujours du plomb et des obus, il y a toujours les factures, le chômage, l'obésité, la nouvelle voiture à acheter, le fait de se sentir inutile ici-bas. Il ne faut pas croire qu'une fois qu'on a vu la mort de près ça fait de nous des Sages, au début on y croit, on se dit : "Plus jamais ça, je me contenterai d'aimer" et lorsque l'on surprend son homme avec l'odeur d'une autre on a vite fait de retomber dans nos crises. C'est pour ça que je suis calme, parce que je sais que même privée de mes atouts charnels, même calcinée, mes mauvaises habitudes auront tôt fait de reprendre le dessus. Car ce sont ces mauvaises habitudes qui nous entretiennent dans cette grande démence qu'est la vie. Du moins je le pense. Ma fièvre monte. J'ai rencontré mon dernier mari par le biais de ma soeur cadette, à une soirée comme ça, entre gens biens, je lui ai parlé des États corrompus il m'a dit que lui aussi il était dans un état corrompu. Simplement parce que je l'enivrais. C'était un peu bête et facile mais ça m'a charmé alors je l'ai laissé continuer. "J'ai eu un enfant avec mon ex-femme, il s'appelle Galice, il faudrait que tu le vois, un vrai petit ouragan ". "Galice, Vahina, Vahina, Galice". Son petit garçon m'a tout de suite plu, il avait déjà à son âge une bouille certes pétrie de gaieté, d'innocence mais surtout un air solennel et fier comme ceux de là-bas. Alors j'ai ramené un peu de là-bas ici. "Vahina, tu connais qui comme dinosaures ?" Dieu que mon corps me fait mal. "Je connais quelques politiciens"..."des polis petits chiens ?". Chéri, ton fils est un amour. C'est vrai que c'était mignon, et ces enfants qui partent à l'école dans leur bus, qui sait, peut-être qu'une roquette viendra les soulever. Est-ce qu'ils se doutent de quelque chose ? Oui, ils doivent savoir, sinon, comment. Chéri CHERI CHERI CHERI Où es-tu ? EXCUSE-MOI D'ETRE PARTI MAIS j'aime cette région, mon travail, ce soleil si vide. C'est une zone morte. "N'y va pas, reste avec nous et puis dans ton état". Il pensait que j'étais enceinte mais je n'ai pas osé lui dire que j'étais stérile. Alors je suis parti, je devais lui dire à mon retour. Maintenant, ce n'est plus qu'un détail comme lorsque l'eau est un petit peu trop chaude mais qu'on y plonge quand même. Ce n'est plus qu'un détail. Je ne suis peut-être plus qu'un détail. A la maison, ça aurait fait scandale, il serait parti dans la nuit, j'aurais pris des pilules pour m'endormir et quelques jours plus tard nous nous serions serrer l'un dans les bras de l'autre. "Ce n'est pas grave chérie, il y a déjà Galice, c'est suffisant". "Vahinana, que tu es belle ! " Est-ce que ce gosse voudra encore d'une mère mutilée ? Le groom ressemblait à cet acteur français dans j'oublie sans arrêt le nom avant de le retrouver puis de le reperdre. Comme un jeu sans fin, une douceur intime. Le vin était bon, clair et onctueux, ma robe était blanche, mon sourire travaillé. Il va y en avoir du temps jusqu'à la prochaine robe et au prochain sourire ! "QUOI ? OH MON DIEU C'EST PAS VRAI" Mon mari s'effondre contre notre frigidaire, il se prend la tête entre les mains "Papa, qu'est-ce qui se passe ?" "Rien mon chéri, rien" Il prend la tête de son fils dans ses mains et le regarde intensément "T'es sûr" "Oui" Il vient d'apprendre la nouvelle, des heures dures s'annoncent à mon mari. Au fait. Non. C'est une blague. Je ne sens plus ma main droite. Ma main droite, celle qui cavalait dans les cheveux de mes hommes, celle qui écrivait sous la lune canardée. Cette main n'est plus. Mes larmes, elles, existent belles et biens. Je suis droitière, j'aimerais mourir, qu'il vienne m'embrasser une dernière fois, que Galice me fasse une grimace. J'aimerais prendre une douche avec mon homme et qu'on s'enfonce lentement. Une légère palpitation dans les grappes de diamant du lustre, un peu d'inquiétude dans les regards de la direction de l'hôtel et LE NOIR. ET LE BLANC. Toutes les étoiles floues du monde injectées dans mes yeux en feu. "Stay with us miss, stay with us". Cette voix ? C'est toi ? Repartons, qu'ils meurent tous là-bas je m'en fous. Repartons, avec ou sans Galice,tout près de là où je t'ai connu, oui tout près.Papa. Partons.
/ Loin des palaces factices.

mardi, septembre 04, 2007

Ça y est, septembre

Je perds mes cheveux. Je n'ai personne en vue.
A part peut-être cette boîte d'allumettes :

Lermoos u.Ehrwald m. ZUGSPITZMASSIV 2695 m, Tirol

Ça fait parti des choses qui passent, me rendrait presque amer.
Où sont les hivers hein ? Où sont les vitrines sublimées par la neige ?
Où sont ces langues de chat dont je me régalais ? Où sont mes chères et tendres ?
Par où la lamentation, le pardon, l'exécution ?
Par où la pendaison(yeux hors-jeu, gueule gonflée de sang) ?
Par où maman, papa, grand et petit frère ?
C'est simple, il le dit, c'est simple. Il suffit de nettoyer ses chaînes et de les repeindre pour en faire des bijoux.

4 regards dans les coins
Fumée bleue, futons à la sèche volupté,
Sa danse, ses dents encore belles et toutes là,
4 regards dans les coins
Son rire, ses poses, sa chair,
Son sexe éclairé, roses abysses,
4 regards dans les coins

1 euros, 2 minutes, Livesex.